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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 21:16

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Je tape violemment dans le bouton d'appel de l'ascenseur en essayant de mettre mes boucles d'oreilles. Les portes s'ouvrent avec une lenteur exaspérante, je saute dedans et j'appuie longuement par à coups sur le bouton pour le rez de chaussée qui s'illumine enfin après quelques secondes qui se sont égrénées aussi vite que les cours de statistiques. La descente me laisse juste le temps de réussir à mettre ma deuxième boucle d'oreille.

Je suis en retard.

Depuis le hall de mon immeuble, j'entraperçois Noémie qui m'attend sur le trottoir humide et qui regarde au loin. Cette image change au cours de l'année; des fois elle est pelotonnée dans son manteau noir boutonné jusqu'au cou blottie sous son parapluie, d'autres fois elle est en tongs brillantes et haut sexy. En ce moment, c'est plutôt manteau parapluie, mais toujours, elle regarde en haut de la rue, et je ne sais toujours pas ce qu'il s'y trouve de particulier. Je n'ai jamais rien vu, moi.

Cela fait peut-être une bonne centaine de fois que nous faisons le chemin qui mène à l'école ensemble, et je crois que pas une fois nous n'avons pas sû quoi dire. Les petits riens de nos vies semblent toujours dignes d'être racontés sans complexe, et bon nombre de choses sont pretexte à grogner histoire de bien vider son sac pour commencer la journée.

Comme tous les rituels, il y a des phases qui se répètent : j'entends toujours Noémie grogner lorsqu'on monte les marches (que j'appelle les marches aux lavandes, mais si, souvenez vous !) qui mènent au parc du Thabor. Comme l'effort ne nous fait pas peur pour autant, on continue de parler et on arrive en haut essouflées comme des grabataires, à parler avec la voix entrecoupée de respirations rendues sifflantes par l'effort et la froide humidité bretonne.

En passant la grille, nous arrivons dans un monde de verdure encore humide de rosée - ou de pluie, c'est toujours difficile de faire la différence chez nous - . En ce moment, nous longeons les rosiers en fleur qui dispensent leur parfum comme jamais dans le reste de la journée. Peut-être notre odorat encore neuf du jour perçoit-il plus facilement la subtile flagrance à ce moment privilégié? Peut-être est-ce tout simplement dû à notre hyperventilation après la montée des marches?

Quand on visite le Thabor tôt le matin, on a l'impression de rentrer dans un endroit où on ne devrait pas être. On croise les écureuils gris et roux qui traversent les chemins en galopant (poursuivis par les cris d'admiration de Noémie qui à ce moment là n'en a généralement rien à foutre que je lui raconte comme que c'était formidable de voir tous les écureuils à Londres, et je la comprends, elle a entendu l'anecdote une dizaine de fois). On dit bonjour aux jardiniers qui profitent de cet instant de calme pour prendre soin des plantes, tailler les haies, dessiner les motifs avec les pensées... Enfin, la troisième et dernière population du Thabor à 8h du matin sont les gens qui font leur jogging.

Cette marche tranquille dans le parc est toujours l'occasion rêvée pour parler de nos cours, de nos amours, de nos soucis et de la journée à venir. C'est un peu l'état des lieux avant de commencer notre journée, qui trouvera son corollaire dans le bilan qui sera fait le soir en prenant le chemin en sens inverse pour rentrer chez nous.

La dernière étape est la rue St Melaine, avec ses adorables pavés.

Cet article, c'est un petit peu une dédicace pour toi Noémie; quand je parle de toi je ne peux pas m'empêcher de dépeindre à chaque fois ton côté grognon (mignon), mais il n'en reste pas moins que je  te compte comme une amie précieuse qui a toujours sû m'écouter et grogner pour moi contre le reste du monde. A t'entendre, je suis parfaite et les autres sont cons;

Ca a beau être vrai, c'est toujours agréable à entendre.

Comme je ne suis pas douée pour faire des compliments, je m'y attelle ici car tout le monde a le droit d'en prendre conscience : ton esprit critique est salvateur dans mes histoires où je ne sais rapidement plus si ce que je fais est Bien avec un grand B. Même quand à mon avis tu te trompes ou que je rejette tes idées, et bien cela m'éclaire suffisament pour que je me rende compte que ce que je fais est Bien (oui, c'est compliqué j'ai dit!). Tu m'es d'une grande aide dans mes préoccupations quotidiennes.

J'ai appris à trouver derrière tes piques une personnalité qui sait bien se cacher et qui se pose des questions justes. Et j'en suis fière!

A demain... 12H30 (l'exception qui confirme la règle ;) )

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Published by Ellis Lynen - dans Ma patate
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