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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 12:09

http://1.bp.blogspot.com/_CPNygp6dav8/TAfjJyOAbtI/AAAAAAAABzM/1Nz8tpFRaYc/s1600/Musee+de+Bretagne+Interior.jpg

Hier, j'ai décidé d'aller visiter le musée de Bretagne des Champs Libres. Comme c'est souvent le cas, on a beau habiter juste à côté, on ne déplace pas son popotin pour aller voir les richesses de sa ville avant d'y avoir habité 5 ans. Ce fut une très agréable surprise. J'aime l'histoire ancienne, la préhistoire, l'antiquité et le moyen-âge. Dans les livres c'est bien, mais découvrir cette Histoire chez soi, sous nos pieds ou à 30km, c'est encore mieux.

http://www.tourisme-rennes.com/wpFichiers/1/1/Actualites/73/rennes-en-chansons.jpg

Il est 16h30, j'ai acheté mon ticket 3€ pour visiter le musée. Au premier étage, on me dit que si je le souhaite, il y a une visite commentée à 17h, qui dure 1H30 et ma foi, cela me tente bien. En attendant, on m'invite à faire un tour à l'exposition "Rennes en chanson". Au début je pensais que cette exposition était celle du concours des chansons écrites par des Rennais, un concours sur lequel je m'étais déjà renseignée. En vérité, c'est bien mieux que ça : l'exposition réunit les chansons écrites par des Rennais depuis l'incendie de 1720. Ces chansons ont été chantées et enregistrées, et l'exposition est parsemée de casques permettant d'écouter ces paroles d'il y a plus de 200 ans, rendues vivantes par des voix d'aujourd'hui. Elle se finit par l'histoire des Transmusicales et des Tombées de la nuit, ainsi que de petites anecdotes. Par exemple, pour annoncer les lieux où avaient lieu les spectacles des tombées de la nuit, un artiste a créé des pierres bleues nuit qui ont été parsemées partout dans rennes.

Ces pierres ont intrigué, bien entendu. Certaines ont même fini dans les laboratoires de Beaulieu.

http://www.musee-bretagne.fr/typo3temp/pics/3ef6b3a151.jpgEn une petite demie-heure, j'ai fini l'exposition et je rejoins le point  de rendez vous pour la visite commentée, visiblement je serais uniquement avec des soixantenaires. Une toute jeune femme nous rejoint, souriante, et je la soupçonne d'être encore étudiante. Peut-être est-ce dû à son regard de "reconnaissance" entre "jeunes", je ne sais pas? Si la population habituelle était les touristes, les familles et les vieux, elle devait se demander ce que je faisais là. 

"Bonjour, je vais vous accompagner dans la visite de la Bretagne, de -400 000 à 2011. Bon, en vérité je m'arrête à la Révolution Française, je suis désolée si cela vous déçoit, mais j'ai 1H30 pour faire cette visite, et je n'arrive déjà pas à finir à la Révolution dans les temps. Je préfère vous détailler cette première partie de notre histoire, car c'est celle là qu'on connaît le moins bien à mon sens. Je vous laisserai finir le circuit par vous même."

Moi, ça me va ! Cela constitue l'essentiel de ce qui m'intéresse. Je me réjouis d'avance, et cela ne semble pas déranger la petite troupe que nous sommes et qui allons progressivement nouer comme un lien au fur et à mesure de la visite. Peut-être avons nous eu la sensation de traverser l'Histoire ensemble? Quoi qu'il en soit, je me souviens de chacun.

"  Je vous invite également à prendre les  petits sièges qui sont là bas. Ils sont légers, et vous pourrez vous asseoir quand nous resterons longtemps à un endroit."

Après une hésitation - la plus jeune qui prend un siège, ça fait vraie feignasse -, je décide d'en prendre un. Au diable les apparences, j'ai mit des talons et je vois se profiler l'heure et demie avec des ampoules.

"Bien. Commençons!"

Son enthousiasme fait plaisir. Elle aime cette Histoire, cela se sent. Elle se décrit chauvine, mais dit que quand on connaît l'Histoire de la Bretagne, on ne peut que le devenir. Nous sommes tous Bretons, sauf une parisienne qui ne connaît rien à la Bretagne.

Nous parcourrons la préhistoire: le paléolithique, le mesolithique et le néolithique. Nous apprenons que le plus ancien foyer ayant domestiqué le feu a été retrouvé en Bretagne. Que les cairns bretons, tombeaux de riches enterrés avec leurs trésors, étaient plus anciens que les pyramides, et que, pourquoi pas, nous aurions influencé les Egyptiens. La Bretagne étant une région de commerce maritime intense, des amphores et des produits manufacturés étant retrouvés en Egypte, l'idée semble recevable, et chauvine, bien entendu. 

Puis nous passons aux Celtes et aux Gaulois. Notre guide nous dit que finalement, Asterix et Obelix n'étaient pas tant dans le faux! Les figures emblématiques du village Gaulois étaient effectivement le Druide, le chef et le Barde. La transmission du savoir était exclusivement orale - l'écriture étant destinée au Culte - , le Druide faisait cours et le Barde répétait en chanson le cours toute la journée pour qu'il rentre dans la tête des gens. Il devait être détesté, comme dans la Bande dessinée, et je devine facilement pourquoi. En revanche, il n'y a pas eu de village d'irréductibles gaulois, sauf peut-être les Vénètes - les vannetais! De grands guerriers, m'a-t-elle dit en inclinant la tête avec respect après nous avoir demandé d'où nous venions -, de même les menhirs datent du néolithique, pas de l'époque celtique, et des obèses comme Obelix n'existaient pas dans un village. En effet, chaque année, les membres de la tribu, hommes et femmes, devaient pouvoir fermer une ceinture-test autour de leur taille. Si la ceinture était trop petite, ça voulait dire qu'ils étaient trop gros, et ils étaient chassés.

Merde, personne n'aime jamais les gros. 

http://www.rennes-metropole.fr/index.php?module=media&action=Display&cmpref=25478&lang=fr&width=&height=&format=&alt=Elle nous raconte aussi l'histoire de Brigitte. Birgit, en breton, une déesse Celte de la sagesse, du feu et de la prospérité. Elle a été découverte comme beaucoup d'autres pièces par un agriculteur qui labourait son champs, en 1920. De la taille d'une grande poupée, il l'a offerte à sa fille. Un médecin l'a réclamée comme paiement d'un soin. Puis à sa mort l'a légué à sa propre fille, qui en a fait don à une association caritative pour les enfants brésiliens. L'association a voulu la vendre pour en tirer de l'argent. Le musée de Bretagne a eu vent de cette pièce, et a réuni difficilement les 70 000 francs qu'en réclamait l'association. On sait aujourd'hui qu'elle coûte bien plus et est une pièce rarissime...

Birgit nous amène à la colonisation romaine, qui m'a toujours épatée par la douceur avec laquelle elle s'est faite. Il y a eu des combats, bien sur, mais cette période a vu des colonisations uniquement pour les territoires. A l'époque, il n'y avait pas de guerre de culte, cela est apparu avec le christiannisme; des religions polythéistes envisagent tout à fait que d'autres Dieux plus ou moins ressemblants existent dans d'autres civilisations, et peu à peu tout le monde croit que ce sont les mêmes divinités avec des noms différents. http://www.rennes.maville.com/photos/2009/09/14/of_09091417574736623001_px_512_.jpg

Nous passons discrètement à côté du petit temple de la Visitation, dont une représentation se trouve dans la galerie de la Visitation de Rennes...

Les Celtes ont inventé la Roue. Les premiers chars étaient bretons, pas romains.

http://i28.servimg.com/u/f28/11/61/74/35/pierre10.jpgPuis apparition du Christiannisme par l'angleterre, et rapidement, du moyen-âge, avec Anne de Bretagne. A ce moment là, nous avions déjà dépassé l'heure et demie de visite... La duchesse Anne de Bretagne nous retient un bout de temps, car en Bretons que nous sommes, elle nous intéresse beaucoup. Cette formidable femme fut ainsi l'épouse d'un empereur -l'empereur d'Autriche- , puis de Charles VIII roi de France et enfin de Louis XII, également roi de France. La Bretagne était réellement un pays convoité et puissant...

Puis à une vitesse incroyable, nous voilà au parlement de Rennes et à la révolution française, qui commença...en Bretagne. Elle tire son origine d'une bagarre entre des étudiants de droit à la faculté de Rennes et de jeunes nobles du coin... puis - étrangement!- les bretons deviendront ensuite les anti-révolutionnaires les plus convaincus. La Bretagne tire de son histoire de grands privilèges, et leur abolition ne fût pas au goût de tout le monde.

Mal aux pieds, mais de la Bretagne plein les yeux, ce fut une visite très sympathique qui nous amena à la fermeture des champs libres à 19h.

Vivement la suite de la visite! 

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Published by Ellis Lynen - dans J'aime
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