Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 22:28

http://www.amesfa.fr/img/cadeau.jpg

 

Et... demain je passe mon premier 24 décembre à la maternité. A moi les petits bébés du 24, entre les mères très heureuses de leur cadeau-bébé et celles qui auront envie de vous payer un gros chèque pour que vous disiez qu'elles ne sont pas en travail et qu'elles pourraient (peut-être?) au moins passer leur soirée en famille.

 

Un petit hommage à ces deux petites filles qui sont nées entre mes mains aujourd'hui, et à leurs parents, radieux comme pas deux, et qui donnent envie de faire des accouchements et des césariennes comme ça tous les jours, même les 24, les 25 et les 31 décembre.

Et merci à ce papa qui m'a promis du champagne pour mes bons soins. On a passé que quelques heures ensemble, mais il m'a bien cerné.

 

Et gros bisous à tous, joyeux Noel! Pensez à moi à l'heure de l'apéro, car je serai sur la route, en direction de chez mes parents, en sentant la transpiration et les chaussettes, les cheveux gras, un peu de liquide amniotique encore sur le coude, avec les mains qui sentent la solution hydro-alcoolique. Papa Noel, s'il te plait, ne m'amène pas d'hémorragie, de césarienne ou de naissance à 19h55.

 

Une petite pensée à Rosemarie aussi s'il vous plaît, que toutes les femmes vont supplier de sortir, qui sentira le lait, les vieilles lochies, avec un peu de méconium sur l'oreille, et qui aura passé son 24 décembre à faire des Microlax et des purges anales pour toutes ces femmes qui se constipent à Noel parce qu'elle ne peuvent pas faire caca ailleurs que chez elles (en voilà une bonne excuse pour rentrer pour le réveillon).   

 

Merci et gros bisouuuus de notre part à toutes les deux  ! :D

Repost 0
Published by Ellis Lynen - dans Ma patate
commenter cet article
13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 16:13

http://farm4.staticflickr.com/3155/2974053953_2cb6bfc68d_z.jpg

  Après le succès qu'a mon article "un accouchement comme un autre" ( je le vois aux stats de fréquentation du blog sur les articles) je me sens obligée de faire le même exercice avec un accouchement sans péri, beaucoup plus rare, mais que je préfère de loin ! A l'époque, des amies avaient commenté que "cela ne donnait pas envie" à cause de la médicalisation. Je vous laisse juge de cette autre forme de naissance!

 

La sonnette des salles de naissance raisonne. On soupire... nous n'avions plus aucune patiente avec mes collègues. C'est suffisament rare pour qu'à 4h du matin on n'aie plus si envie que ça que des femmes viennent nous voir... Eleonore, ma collègue auxiliaire de puériculture entreprend donc de parcourir le long et magnifique couloir de la maternité où je travaille, décoré de sa (célèbre) fresque qui représente le bord de mer et ses cabanes à carrelet pour s'enquérir de qui vient nous voir. Qui sait, peut-être est-ce un problème gynécologique qui ne concernera que l'interne de garde...

Mais pas de bol, elle me ramène un dossier bleu de femme enceinte avec un petit regard désolé et me dit : " Tu veux la prendre? ". Allez. Je me lève lourdement pendant que mes collègues s'empressent de dire "On peut la prendre si tu veux Ellis!", mais non, j'aime encore moins ne rien faire pendant que mes collègues travaillent, donc je me saisis du dossier en demandant à Eleonore qui est cette madame Da Tenas. 

"C'est une petite primi, à terme. Elle a des contractions depuis 2h qui lui font mal, régulières toutes les 5 minutes."

Boah. Une primi, 2h de contractions? Ca sent le retour à domicile ... le col ne sera jamais ouvert. Je me met donc moi aussi à parcourir en long cet interminable couloir à fresque pour finalement frapper dans la salle d'admission 5 où la patiente attend en soufflant. Elle est accompagnée de sa mère.  Elle vient tout juste d'avoir 18 ans - allelujah, les démarches administratives pour les mineures sont fastidieuses - et le papa n'est pas là. Il est parti quand elle lui a annoncé la grossesse. Alors que cette jeune maman souffle, pliée en deux, en appui sur le lit, sa mère me dit aussitôt  que sa fille va accoucher, elle a des contractions douloureuses.

"D'accord. Bon, déjà on va attendre que la contraction se finisse."

Peu à peu, son corps tendu comme un arc se relache. Elle rouvre les yeux. Se remet à bouger. Elle fait si jeune... elle est blonde, les cheveux longs et emmêlés. Elle est toute fine, en jogging. Elle n'est pas très jolie, elle a encore de l'acnée sur tout le visage et sa peau est rendue rouge par l'effort.    

"Bonjour ! C'est la première fois que vous venez nous voir?"

Rapidement je fais un interrogatoire pour savoir exactement le contexte, puis je lui explique le monito systématique que je dois lui faire pour constater les contractions et le rythme cardiaque du bébé. Je vais devoir l'examiner aussi pour savoir si je la garde pour son travail, ou si c'est encore trop tôt - comme je le redoute - et qu'elle doive rentrer à la maison.

"Ah hein? Vous allez m'examiner?

- Oui... je suis obligée, pour voir si les contractions que vous avez agissent sur le col de l'utérus, par là où sortira le bébé.

- Bon d'accord... maman tu peux sortir?

- Tu es sûre?

- Oui !"

Son ton est rendu brutal parce que commence une nouvelle contraction qui la coupe rapidement de la réalité. Elle se tord, ferme les yeux et gémit. Sa main serre fort la table d'examen. Pendant ce temps, sa mère sort à contrecoeur, pendant que j'enfile un doigtier après m'être lavé les mains. J'attends patiemment que la contraction se termine. 

"C'est bon?"

Le bruit du coeur du bébé galope et nous berce.

"Oui." Elle retire son jogging et descend sa petite culotte. Elle s'installe, ramène son bassin à plat, moi j'ai mit du gel écho pour lubrifier le doigtier. Tout doucement j'inserre un doigt, et mentalement je soupire; elle est contractée comme pas deux, je sais que je vais lui faire mal si elle ne se détend pas.

"Je sais que ce n'est pas facile, mais il faut vous détendre au maximum. Je peux faire des pauses si vous voulez, on est pas pressées, mais je dois voir tout ce qu'il faut voir sur le col. Donc soufflez un bon coup. Voilà. Allez j'y vais."

Elle est toujours aussi contractée. Je ramène mon majeur en plus, et j'avance, doucement, doucement. Elle, elle regarde le plafond, s'aggrippant au bord de la table, en serrant les dents. Elle ne demande pas de pause. 

Je trouve le col instantanément, le col est à 4 cm, donc tous les signes qui font dire qu'elle est en travail et que tout va rouler pour elle. La poche des eaux bombe sous mes doigts, prête à se rompre quand ça sera le moment, et derrière je sens la tête du bébé qui appuie bien. Je retire mes doigts avant qu'une nouvelle contraction arrive, je souris.

"Alors? fait-elle après avoir enduré la dernière contraction en serrant les dents.

- Vous êtes à 4 cm, c'est super ! Vous êtes en travail. Qu'est ce que vous souhaitez? Vous voulez la péridurale?" Je l'aide à renfiler sa petite culotte et son pantalon en même temps que je parle.

"Ah non, je veux pas la péridurale !

- D'accord. Vous pouvez changer d'avis à n'importe quel moment. Vous voulez prendre un bain?

- Pourquoi un bain? Je suis propre, j'ai pris ma douche hier soir. "Elle souffle, une autre contraction débute.

Je ris.

"Je sais que vous êtes propre, c'est juste que l'eau chaude ça détend les muscles et que les contractions sont plus facilement supportables dans l'eau." J'attend que la contraction se termine.

"Il faut que vous pensiez à respirer pendant les contractions, madame. C'est normal de faire de l'apnée quand on a mal, on le fait tous en temps normal. Mais là, vous avez un petit bébé dans le ventre et il a besoin d'oxygène lui aussi... donc concentrez vous sur la respiration. Vous comptez le nombre de fois que vous inspirez, et à chaque contraction vous devez respirer autant de fois, d'accord?

- D'accord.

- Je peux vous proposer des médicaments contre la douleur, je vous en donne?

- Non non ça va. Je veux bien prendre un bain.

- On attend que les 30 minutes de monito se terminent et on y va. Vous m'appelez si ça ne va pas? A tout à l'heure.

- A toute à l'heure."

En sortant, je fais un sourire à sa mère qui attend, anxieuse, devant la porte. Je lui annonce que sa fille est en travail et le programme qu'on a convenu. Elle sourit, soulagée, et rejoins la jeune femme.

Je retourne dans le bureau où sont mes collègues pour vérifier que les bilans, les échographies, les papiers administratifs et de suites de couche sont faits. Car oui, le boulot de sage-femme aujourd'hui c'est moitié moitié d'accompagnement et de paperasse. Chaque naissance nous prend facilement une heure de formalités, de création d'étiquettes, d'envoi de bilans sanguins, de création de dossier, d'impression de bilan, de remplissage de dossier, de fouille dans les bilans, de coups de fils, de remplissage de cahier de naissance, de déclaration de naissance, de carnet de santé etc.

Le médecin anesthésiste est justement là pour prendre la température du bloc avant de retourner se coucher.

"Alors, ta dame?

- Elle est à 4 cm. Elle ne veut pas de péridurale.

- Ahaha ça sent la péri dans une heure, quand je serai reparti me coucher quoi. C'est un premier bébé?

- Ouais. ( je suis la tête dans les papiers)

- Elle sait pas ce que c'est d'avoir mal! Ah ces primi... Je te parie que dans une heure tu me rappelle.

- Bah, peut-être, pour l'instant elle en veut pas."

Intérieurement, je me dis que ben c'est bête pour lui, mais c'est la vie, je le réveillerai sans aucun scrupule dans une heure si cette femme le souhaite. C'est son boulot, et c'est le mien de voir souffrir une femme pendant des heures durant. 

 

Après plusieurs allers retours dans cet interminable couloir, la jeune femme est dans le bain pour la durée qu'elle souhaite, je l'ai perfusée avec un petit cathlon avec un bouchon, une sécurité obligatoire pour un accouchement même sans péridurale. On ne sait jamais comment ça se passe. Je suis restée avec elle un bout de temps, je lui donne des trucs pour gérer la douleur, je lui rappelle qu'elle peut changer d'avis n'importe quand pour la péridurale. Toutes les heures, je remet un monito en route pour voir comment va le bébé, et ma foi, il est en pleine forme. On ne sait pas le sexe. Elle me raconte peu sa vie, elle est rendue à un point où la douleur est tellement fréquente qu'elle n'a pas trop le temps de parler entre temps. Je ne l'examine plus.

 

2 heures plus tard, elle m'appelle. Elle est en pleine contraction en train de crier. Et pousser en même temps. Cest un cri très particulier, beaucoup plus profond et rauque, entrecoupé. Un cri particulier. Là, quand vous êtes sage-femme, vous vous dites "et merde, on va devoir faire l'accouchement dans la baignoire, j'aurai dû l'examiner!". Avec ma voix posée et pas stressée du tout alors que je suis déjà en train de me voir appeler mes collègues en catastrophe et que j'ai déjà les boules du scénario, je la calme. Je lui dis de se concentrer, la douleur est là mais c'est elle qui la maîtrise et l'accepte. Ca va s'arrêter, c'est une contraction comme une autre, ça va redescendre et elle ne doit pas perdre de vue ce moment là, et tenir. Elle se recalme et souffle.

J'ai découvert en étant sage-femme le pouvoir que j'ai rien qu'avec mes mots et ma voix. Je suis capable de canaliser ces femmes qui vivent des douleurs inimaginables, en ne sachant pas moi même ce que c'est. Je suis capable de les calmer, de leur faire entendre uniquement ma voix, et de les distraire de cette terrible douleur.

La contraction se termine.

" Ce serait bien que je regarde le col pour savoir où on en est, madame. C'est pour savoir si je peux me permettre de vous laisser dans le bain ou s'il faut que je vous emmène dans une salle de naissance.

- Oui, je veux bien!"

Et aussitôt la douleur revient, elle est toujours dans la baignoire. Dans ces moments là, je boue. J'aimerai qu'elle bouge pendant la contraction, qu'elle aille dans ce putain de lit, que je regarde ce col, que je sois déjà en train d'appeler mes collègues. Une contraction dure 2min, l'intervalle 1 min. Mais pareil, quand on est sage-femme on apprend à être patiente. Les choses se passent bien indépendamment de notre volonté. Et puis oui, elle ne peut pas bouger pendant la contraction et bien tant pis, on fera peut-être l'accouchement dans la baignoire.

Finalement, elle réussit à rejoindre le lit. Avant meme que je lui pose la question, c'est elle qui me dit "c'est bon allez y ". Elle est beaucoup plus détendue, et l'examen lui fait moins mal. J'y vois le résultat d'un début de confiance. Je prend aussi le temps de l'examiner, avec des pauses, comme la toute première fois, mais l'examen me dit très rapidement que oui, il va falloir aller en salle de naissance. Elle est à 7 cm, la tête est très basse et cette poche des eaux toujours intacte. Ca va très vite, pour un premier bébé.

On l'emmène en fauteuil dans la salle de naissance violette, parce qu'elle n'arrive plus à marcher, ses genoux ne la supportent plus, elle doit se mettre à genoux.

"Bon, on doit atteindre 10 cm, et que le bébé descende dans le bassin. Vous avez fait des cours de préparation à la naissance?

- Non, ma mère m'a tout expliqué."

Je grogne dans ma tête. Une mère c'est bien. Mais ça raconte des bêtises des fois.

"Vous avez constaté que pendant les contractions vous n'arrivez pas à rester droite non? Vous vous pliez en deux.

- Euh oui...

- Je vous conseille de vous mettre sur les ballons de gym qu'on a, vous allez voir que vous allez être mieux.

- Mouais...

- Essayez une fois au moins ! Si ça ne vous va pas, remettez vous dans le lit, ou debout.

- Bon d'accord, j'essaie."

Il est 7h du matin. L'anesthésiste est là pour une autre patiente. Je ne peux pas m'empêcher de lui annoncer comme une victoire personnelle que ma "petite primi" est à 7cm et qu'elle ne veut pas de péri.

Je rejette un coup d'oeil dans la salle violette. Retour dans le lit sur le côté. Le ballon n'a pas eu de succès. Si la tête est basse, la position assise ne doit pas lui convenir. Je lui ai proposé le protoxyde d'azote, ou "gaz hilarant" qui déconnecte de la réalité douloureuse d'une contraction. Elle l'a refusé.

Je suis en panne de conseils et d'aide. Sa mère la canalise très bien pendant les contractions. Je lui ai massé le bas du dos pendant une dizaine de minutes tout à l'heure, ça lui avait fait du bien, mais maintenant la douleur est à l'intérieur, sur le col. Je continue malgré tout de le faire quand je peux. Les monitos sont tous parfaits.

A 8h, la femme m'a demandé de réexaminer, elle est à 9 cm. Mes collègues arrivent et je ne l'accoucherai pas. Une étudiante sage-femme décide de la suivre avec Manu, la sage-femme. Alors qu'on rentre tous pour dire au revoir ou bonjour, elle hurle que le bébé arrive. L'étudiante se saisit d'un doigtier, l'enfile et commence à vouloir examiner la patiente en pleine contraction. En même temps que la jeune femme, je crie " NOOON", une réaction un peu trop brutale de ma part, mais je me pardonne après 12h de garde et une nuit blanche à canaliser une femme qui a mal et avec qui on partage confiance mutuelle. Elle n'a pas demandé à ce qu'on l'examine, et maintenant qu'elle est dans la salle de naissance, avec tout sur place, il n'y a plus aucun intérêt à l'examiner. Si elle accouche, on verra la tête sortir.

J'explique tout ça à l'étudiante qui, comme moi il y a quelques années, ne savait faire que des accompagnements de femmes avec une péridurale. Mais là, ce n'est pas la même chose. C'est la nature même qui fait les choses, et nous sommes beaucoup moins acteurs; il s'agit de faire confiance à cette femme, de la suivre en ne perdant jamais de vue les risques et les actes indispensables pour garantir sa sécurité. Elle, elle nous fait confiance pour respecter ses choix et sa santé.

 

En voilà une longue histoire. Nous faisons environ deux accouchements sur une garde de 12h, mais certaines naissances comme celle de cette femme marquent définitivement. Aujourd'hui en france, les accouchements sans péridurale sont rares, et mal accompagnés, comme j'ai pu l'admettre lors d'un débat avec des journalistes de la santé sur twitter. Mais pourquoi mal accompagnés? Ces journalistes disaient que c'est parce que nous devions "faire du rendement", "faire du chiffre" et que nous, sage-femmes, nous incitions les femmes à prendre la péridurale. Certes, un accouchement sans péri nous prend 3 fois plus de temps qu'un autre avec une péridurale. Nous sommes déjà en surcharge de travail avec les restrictions budgétaires drastiques des établissements qui préfèrent acheter des machines et créer des locaux plutôt que des contrats avec des personnels, et oui, si j'avais eu trois autres patientes à prendre en charge en même temps, je n'aurais pas pu l'accompagner autant.

Je n'ai pas l'impression que cela m'influence pour autant. Je n'aurais pas forcé cette femme à prendre la péri parce que j'ai trop de travail. Je sais que je lui ai dit trop souvent "qu'elle pouvait prendre la péri n'importe quand", mais ce n'est pas parce que je dois faire du chiffre. C'est que c'est difficile psychologiquement de voir quelqu'un souffrir toutes les deux minutes pendant 5 heures d'une douleur équivalente à celle de l'amputation d'un doigt sans pouvoir rien y faire. J'aimerai bien que ces journalistes de la santé puissent accompagner une femme qui souffre comme ça, pour voir ce que ça créé comme sentiment. Les accouchements sans péri sont rares, et nous sommes par conséquent moins habitués à prendre en charge la douleur autrement, c'est destabilisant. C'est difficile moralement. Et cette douleur morale qu'on ressent en tant que sage-femme face à une telle souffrance, elle s'atténue avec le temps et l'expérience, mais encore faut-il que les femmes souhaitent en passer par là.

 

A toutes les mamans qui souhaitent accoucher "naturellement" et "à la maison", je tiens à vous dire qu'en tant que sage-femme j'ai vu suffisament de situations dramatiques à l'hôpital pour ne pas conseiller d'accoucher à la maison. Mais on peut accoucher naturellement, il suffit de le vouloir. Même une salle de naissance "physiologique" n'est pas nécessaire; il suffit de tomber sur une sage-femme qui prendra son pied à voir la nature la plus simple agir et de se préparer à endurer une douleur terrible et de savoir s'entourer d'une personne que la douleur n'effraiera pas (et le conjoint n'est pas forcément le plus à même de supporter de voir la personne qu'il aime se faire amputer d'un doigt toutes les deux minutes). Peut-être que vous trouvez que je cherche à vous faire peur? Je pense au contraire que si on se lance dans ce projet, il faut savoir que ça fait mal. Le nier, c'est mal se préparer à recevoir la douleur et l'accepter. C'est un très gros travail sur soi.

 

Une petite Clarisse est née 1h plus tard. Les accouchements sans péridurale sont les plus beaux qui soient. La douleur et les émotions sont si fortes, le stress, l'angoisse, l'impatience, puis le soulagement, le bonheur, l'amour, que j'en pleure souvent. Et tant pis, c'est cucu, c'est ridicule mais oui, moi j'aime vivre  et  travailler dans ces bains d'émotion où on ne comprend pas ce qu'on vit et ce qu'on ressent.

 

Mais je pense que si j'accouche... je prendrai la péridurale.

 

Repost 0
Published by Ellis Lynen - dans Stage & Hopital
commenter cet article
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 01:45

Bon, cet article n'a pas beaucoup de mérite : c'est une reprise d'un ancien blog, un texte souvenir de la randonnée que j'avais fait avec Flavien et Hélène en septembre 2008. Hélène m'a demandé de le lui renvoyer pour qu'elle l'enregistre, je l'ai donc relu et j'ai encore rit. Il est très long, avis aux intéressés! Et certaines parties sont exceptionnellement mal écrites... mais je me pardonne, ça date de 2008, j'étais jeune alors ! Je venais tout juste d'avoir mon concours de sage-femme, je commençais mes études à l'école quelques jours après... je m'installais en colloc avec Max aussi. 

Bref. Bonne lecture!

 

Des Houches au Léman, du 01 / 09 / 2008 au 12 / 09 / 2008

photo-257309-M.gifCa faisait longtemps qu'on en parlait avec Flavien, voilà qu'elle s'est concrétisée, cette randonnée... nous sommes bel et bien allés dans les Alpes, et avons fait un petit tronçon du célèbre GR5 qui va en réalité d'Amsterdam à Nîmes. Nous étions trois guerriers : Flavien, Hélène et moi.

Notez d'emblée qu'en bon bretons, nous avons fait le trajet à l'envers. Tout le monde nous le faisait remarquer avec étonnement, mais on sait tous que les bretons portent des cirés, des bottes et en prime sont des têtes de cochon (je passe sur les chapeaux ronds).

Vous avez à gauche la carte de la page de garde du topoguide qui a été quasiment le quatrième larron de l'aventure, au vu de l'utilisation régulière que nous avons fait de lui. Sur cette carte, vous avez un trajet en rouge, qui est le trajet que nous avons réalisé. Vous remarquerez également un trajet parallèle en rouge pointillé blanc, qui est le trajet que nous aurions dû faire. Dans un soucis de réalisme, j'ai représenté le petit détour à Sixt, qui est de mon fait. Oui, oui, c'est la rare fois où j'ai indiqué le chemin, et la seule fois que nous nous sommes perdus.

Mais Sixt est superbe.

Quand je regarde cette carte, je ne peux pas m'empêcher d'être fière de nous concernant la première moitié, et un peu honteuse concernant le moment où nous avons bifurqué du GR5 au niveau des Dents Blanches. Ca fait faible, de voir que le chemin suit la vallée qui est en vert et donc plate dans nos têtes, mais ça montait de temps à autre, je vous assure ! De plus, sur le moment... le fait que nous descendions vers la vallée a été un réel soulagement pour moi (ah, ça je ne le disais pas pendant la rando... hors de question de confirmer mon statut de boulet :p)

01/09/2008 : Train

Nous prenons le train à 19h30 à Redon. Les sacs sont extrêmement lourds, mais ça... même si on en rigole sur le moment, on ne réalise pas vraiment ce que ça implique pour la rando. Jeunes et inexpérimentés, nous n'avons pas pensé à les peser...! La nuit est très mauvaise pour moi. Environ 3h de sommeil si on additionne toutes les tranches de sommeil de 10 minutes. La lecture du magasine Public et les ronflements du mec derrière étaient les seules distractions.

02/09/2008: Brévent

L'arrivée est assez décevante en fait. Je pensais arriver dans des vallées magnifiques après Lyon, mais il n'en était rien. Ce n'est que dans les 15 dernières minutes de train que le paysage présentait de véritables montagnes, vers St Gervais, que vous pouvez voir sur la carte. Nous prenons un petit train courageux qui nous monte à Les Houches, d'où nous entamons les premiers pas de la rando, à 14h.

Et les premiers pas sont douloureux. Je parle pour moi, bien sûr, pendant tout ce récit je raconte la manière dont j'ai ressenti les épisodes. Hélène et Flavien ont vécu la rando différemment.

Les premiers pas sont très douloureux... pas de sport pendant 2 ans, une malheureuse rando solitaire cet été qui m'avait déjà parue difficile alors qu'elle ne montait presque pas, une masse graisseuse conséquente et des restes de muscles plus appropriés à la nage qu'à la marche... Au bout de 20 min de légère montée, j'ai supplié Hélène et Flavien de faire une pause pour retrouver mon souffle. Et là... j'avais le moral dans les chaussures de marche, je dois l'avouer. Eux grimpaient sans problème alors que mes jambes me faisaient déjà mal, que je dégoulinais et que mon coeur battait la chamade... si je craquais dès les premières 20 min, comment pourrais-je donc faire cette rando? Je ne supporte pas d'être une charge pour les autres, je déteste demander de l'aide, je hais les travaux de groupe, et voilà que je suis obligée de supplier mes amis de s'arrêter, voilà que je suis la faible, le boulet qu'on traîne, dont on a pitié, dont on peut se moquer allègrement. (Hélène et Flavien ne l'ont jamais fait, heureusement, mais c'est ce que je pense toujours dans ce genre de situation que je souhaiterais exceptionnelle).

Nous avons passé l'après midi entière à grimper. Flavien était en tête (lui qui avait le sac le plus lourd, et de loin >.<), Hélène suivait, puis moi, dernière, trainaît la patte. Hélène était d'un réconfort important pour moi, c'était bizarre. Elle disait "allez, ma Mion...!", le genre de reflexion qui, dans une situation où on ne souffre pas trop, semble moqueuse. Dans le contexte, ça me réchauffait le coeur, et mine de rien, ça me faisait avancer. On faisait des pauses, fréquemment au début, par égards pour moi (aïe aïe l'égo), puis de moins en moins au fur et à mesure qu'on se rendait compte qu'on n'atteindrait jamais notre but avant la nuit. Les gens qu'on croisait nous disaient même parfois qu'il fallait qu'on se prépare à dormir contre un arbre. Et la météo était de moins en moins radieuse.

photo-257490-M.jpgJe n'ose même pas vous décrire dans quel état psychologique j'étais pendant la dernière heure de marche (nous sommes arrivés vers 20 heures au refuge de Bellachat, notre but). Je n'avais même pas la force de déprimer, et il était tout simplement inconcevable de s'arrêter là où nous étions pour une nuit à la belle étoile. J'avançais sur les nerfs je pense.

La dernière demi-heure de marche, j'avançais en moyenne de 5 pas et je m'arrêtais. photo-257493-M.jpgQuand Flavien nous a crié qu'il voyait le refuge, je n'ai même pas eu la bouffée de soulagement que j'attendais depuis quelques heures. J'en avais plus la force, déjà, et le fait que Flavien soit environ une dizaine de lacets plus haut n'aidait pas.

Nous avons planté la tente dans l'optique d'une nuit calme à côté du refuge, puis avons dégusté un chocolat chaud bien réconfortant. La terrasse du refuge donnait sur Chamonix de nuit, en contrebas... c'était magnifique. Seul bémol : les chiottes à la turque, notre hantise à tous les trois !

03/09/2008: du col du Brévent au refuge de Moëde (Anterne)

On pouvait espérer une nuit calme, mais il n'en fut pas ainsi : à 1h du matin, un vent violent menace l'intégrité de notre tente et la nuit de Flavien. Nous... déplantons la tente à la lumière des torches et transportons tout notre barda dans la salle commune du refuge, que la tenancière nous avait autorisé à utiliser pour dormir en cas de problème. Pour le coup, Chamonix en contrebas était plus effrayante qu'autre chose... !

Hélène se propose pour faire les allers retours entre le refuge et la tente pendant que nous plierions bagages Flavien et moi.

"Tu vas y arriver?

- Mais oui."

La voilà qui part avec sa lampe torche... dans la mauvaise direction. La perspective de la voir chuter dans le vide de Chamonix ne nous tentant guère, nous lui avons retiré de force la lampe torche des mains.

Nous dormons à même le carrelage jusqu'à 7h, heure moyenne de lever des randonneurs. La brave dame ne nous fait heureusement rien payer.

Un mal pour un bien, nous partons tôt du refuge, ce qui nous permet d'entrapercevoir deux chamois très mignons et vraiment peu craintifs. Le paysage est désormais rocailleux, les buissons de myrtilles ayant laissé place à l'herbe rase et aux rochers.

photo-257534-M.jpgCe passage là, qui était encore de la montée pourtant, m'a semblé tellement facile comparé à la veille que je l'ai pris comme une partie de plaisir. Nous jouissions d'une vue magnifique sur le Mont Blanc et ses glaciers (ou plus précisément : "Mont Blanc du Tacul, Mont Maudit et Mont Blanc", comme dirait Flavien )

Pourtant, la journée a été longue. Nous avons été au col du Brévent, ou presque, puis nous avons entamé la descente qui était assez épuisante aussi. Il n'y avait plus que de la caillasse, à ce niveau, l'herbe ne devait pas trouver la température à son goût (et je la comprends).

Il y a même eu un petit passage rigolo de descente d'échelle en acier comme je l'avais crainte dans ma rando solitaire de cet été... une fois le col passé, on avait vue sur la vallée que nous devions traverser, et même sur les chalets où nous comptions passer la nuit suivante cause météo.

Ca a été... super long. On avait l'impression qu'on n'atteindrait jamais ce p**** de refuge... et le pire c'est que ça remontait sur la fin, alors que je commençais à être fatiguée de la journée de marche. La pluie s'est mise à tomber sur les 200 derniers mètres, et là encore, heureusement que Hélène était loin devant, parce que j'avais besoin de me défouler sur n'importe quoi, quelque chose ou quelqu'un. Il valait mieux que je me défoule sur moi même :p

Le refuge était grand, cher, certes, mais nous étions heureux d'être au sec pour la nuit qui s'annonçait mouvementée. Et il y avait des douches (tiédasses voire froides).

Et là... j'ai assisté à une lutte de titans. Hélène versus Flavien. C'était principalement dû à la fatigue, je le voyais bien. Eux sans doute moins... La chamaillerie a commencé par les projets à long terme de la rando. Hélène voulait continuer le GR5 dans les hauteurs alors que Flavien envisageait de redescendre dans la vallée au vu de notre rythme et de la météo qui allait assurément nous ralentir (de la pluie, c'est galère en montagne : l'eau devient boueuse, les chemins de rando deviennent des ruisseaux et la moindre trace de terre devient de la boue glissante). Le débat faisait son chemin, ils ont fait tous les deux des compromis... et là, le plus drôle, c'est qu'ils continuaient de s'engueuler alors qu'ils disaient la même chose. Exactement la même chose: qu'on aviserait en fonction de la météo. Mais les deux voulaient avoir le dernier mot, alors ils continuaient. Je trouvais ça drôle au début.

Moi, cet épisode m'a valû d'être traitée de "bonne pâte" par Flavien, et de "caractère d'ange" par Hélène. Juste parce que j'ai joué l'hypocrite avec les deux comme à mon habitude lorsqu'ils me demandaient mon avis à part du dernier. J'étais du même avis que Flavien dès le départ, mais je voulais pas me mettre Hélène à dos :-° J'ai juste tempéré les propos de Flavien sans m'opposer à lui franchement, et j'ai acquiescé à certaines reflexions d'Hélène.

Cette faiblesse de caractère, cette couardise, a été sujette à compliments après, transformée en atout. Je comprends toujours pas.

Le refuge était cher.

On leur a donc piqué du jus d'orange et du lait au pti dej. Subtile vengeance.

04/09/2008: du col d'Anterne aux chalets d'Anterne (?)

photo-257535-M.jpgNous sommes repartis le lendemain sous la pluie et un ciel bouché de nuages, entamant le parcours par la montée du col d'Anterne. Nous nous étions mis d'accord pour ne pas marcher beaucoup, car la fréquence des refuges ne nous autorisait pas à faire une distance raisonnable pour la journée. Nous sommes passés à côté du lac d'Anterne que vous pouvez voir à côté. Imaginez juste qu'il pleut et que le ciel est sombre et gris. L'herbe verte est un petit marécage par temps de pluie.

Le trou dans ma chaussure gauche commença à m'être fatal. J'avais de l'eau plein la godasse.

Nous étions heureux arrivés au refuge. Nous avons passé l'après midi à jouer aux cartes et à nous réchauffer en voyant arriver les randonneurs. J'oublie la plupart des anecdotes qui se déroulent entre nous pendant la marche et les arrêts. Alors tant que j'y pense, c'est à cette étape que Flavien a renversé pour la première fois le réchaud avec les pâtes, qu'il m'a renversé -exprès?- la boite de thon sur les genoux (le pantalon était propre du matin), c'est à cette étape que je faisais de l'effet à l'âne du coin qui se mettait à braire de toutes ses forces dès qu'il me voyait, que j'ai perdu le savon (???), c'est à cette étape qu'Hélène a réussi à tenir tête aux idioties de Flavien au moment du riz au lait (il faisait tout pour nous faire rire et nous empêcher ainsi de manger notre part de mont blanc), c'est aussi à cette étape que nous avons le plus appris des autres randonneurs expérimentés. Le fait de mettre un sac poubelle en doublure interne du sac à dos, de mettre les abricots et autres dans des sachets fraicheurs du frigidère, l'intérêt des bâtons de marche...

Notez aussi que dans tous les arrêts en refuge, il règne une ambiance sympathique. Ils mangent tous fondue le soir pendant que nous, nous expérimentions des recettes comme pâtes au thon, pâte à la soupe... de quoi se dégoûter des pâtes, presque.

Extinction des feux à 21h30.

05/09/2008: Glaise, cascade Sixt et Samoëns !

Levé 7h30. Nous nous réjouissions de retrouver un rythme scolaire.

Ce jour là, la destination était Samoëns, une ville dans le creux de la vallée. Nous étions au départ dans des plateaux qui s'apparentaient plus à la texture d'une énorme éponge humide. C'est galère sur le moment, mais quand on a aperçut la suite... sur une distance indéterminée de descente abrupte, le sol était une véritable patinoire de glaise.

"De la glaise, c'est juste de la boue non?" vous direz-vous sûrement. La glaise, c'est sans doute la texture de sol que j'ai le plus détesté, et pourtant on a expérimenté nombre de sols différents (herbe, boue, caillasse, énormes rochers lisses et glissants, secs, roche moussue...morceaux d'ardoise, galère aussi à la reflexion).

La glaise, c'est de la boue, oui, mais de la boue collante. Pas de la boue qui s'en va pendant les pas suivants, non... de la boue qui se colle à vos crampons et qui s'accumule progressivement jusqu'à n'être plus qu'une seconde semelle parfaitement lisse. Rajoutez à ça un sol avecune inclinaison moyenne de 30° et vous vous représenterez bien le calvaire que cela a été. C'est là que les chutes devenaient envisageable : Flavien nous a fait un dérapage de 2 mètres et a réussi à s'arrêter avant de chuter dans les arbres en contrebas... c'est en tout cas ce que m'a dit Hélène, moi je n'ai pu admirer que la trace du dérapage en prenant soin de ne pas poser mes pieds aux mêmes endroits que lui.

C'est là que la descente a commencé à me sembler plus exténuante que la montée. Pas de la même manière, en fait. La descente, ça bousille les pieds, qui cognent rapidement dans l'avant des godasses car la chaussette est devenue glissante en raison de l'humidité permanente dûe à la perméabilité des chaussures (ah, ce connard de trou dans la godasse gauche... :'( ). Ca fait travailler les muscles des cuisses, qui sont continuellement en plein effort pour ne pas glisser ou même pour stabiliser la position lorsqu'on s'arrête sur une pente. Chacun vit la descente différement, moi ça allait encore tant que je n'avais pas d'ampoules.

Hélène de son côté... a découvert que les randonneurs ont tout intérêt à être grands. Ca ne vous semble pas logique? Les petits ont de petites jambes, donc les efforts qu'ils font pour descendre d'un rocher ou le monter sont supérieurs: ils doivent monter la jambe plus haut, ou plier davantage les genoux. Hélène descendait parfois sur les fesses car elle n'arrivait pas à descendre debout.

La glaise a fait place finalement à de la caillasse rassurante dans les forêts de sapins.

photo-258317-L.jpg

On a pû admirer de magnifiques et énormes cascades, dans lesquels on pouvait voir parfois un arc en ciel (ici la cascade du rouget). Personne n'a été chercher le trésor, mais je crois que le trésor c'était tout simplement la beauté du lieu!

C'est pendant cette descente que nous avons vu enfin les premières vaches de montagne que Flavien et Hélène m'avaient promis. Elles avaient de grosses et magnifiques cloches qui raisonnaient dans toute la montagne. Elles étaient très sympathiques.

Peu de temps après que je n'ai pas fait traverser un pont à notre petit groupe au bon moment... nous avons débarqué à Sixt, mais comme les autres se doutaient que nous n'étions plus sur le chemin (pu de balisage), ils ont commencé à m'en vouloir et ont refusé de visiter le village. Pourtant je suis certaine qu'il était digne d'être vu, ce village ! L'après midi était ensoleillée, un vrai plaisir de se promener dans la vallée. Nous assistons au passage de radeaux de rafting avec plaisir et envie (j'ai appris ce matin qu'un d'entre eux s'était renversé hier à cet endroit même, qu'il y avait 2 morts et un blessé au décompte final :-X )

Arrivés à Samoens, nous recherchons longtemps le camping, bien excentré. Nous découvrons que Flavien fait une allergie à son sac à dos... des boutons partout sur les épaules XD Le soir... tartiflette au resto ! (c'est pas tous les jours qu'on voit des gens, des voitures et la civilisation...! )

06/09/2008 : col de la Golèse, refuge de Chardonnières

Le lendemain, après une nuit calme dans le camping à l'intérieur d'une tente qui rendait déjà l'âme (une tente de basse qualité :-° ), Hélène me confie qu'elle souffre au pied. En partant du principe qu'en se réchauffant pendant la marche, cela passerait plus ou moins, nous montons le col de la journée (col de la golèse). Flavien nous engueule à moitié parce que nous discutons trop (quand Hélène et moi discutons, on s'arrête pour attendre l'autre et avancer de front)

"Mais c'est lourd, vos arrêts là ! Hélène, va devant, Marion derrière moi!"

Ambiance sympathique :-° (Flavien va m'en vouloir de le présenter comme le père fouettard, mais moi ça me fait marrer XD ). On a vite senti que le pied d'Hélène était beaucoup plus douloureux que ce qu'elle consentait à dire. Pour que je sois devant elle dans la montée, c'est qu'elle allait mal >.<>

AMPOUUUULES

Les ampoules, c'est horrible. On a l'impression d'avoir des petits coussinets de chat sous les pieds, sauf que ça transperce le pied d'une douleur fulgurante à chaque fois qu'on fait un pas. On prend véritablement conscience qu'un pied, ça existe.photo-257492-M.jpg

A ce moment de la randonnée, j'avais l'impression d'être en Suisse. Il faut dire qu'on en était vraiment très près... les paysages correspondaient très exactement à l'idée que je me faisais de la Suisse. Après avoir boitillé dans une descente encore une fois casse-gueule, nous sommes arrivés sous la pluie au refuge de Chardonnières en début d'après midi. C'était le début de notre bifurcation du GR5. Le pied d'Hélène et la météo (plus secrètement : mes ampoules) nous invitaient à redescendre et à accepter le fait que les éléments s'étaient ligués contre nous.

Le refuge de Chardonnière... ça a été une très belle étape, très rigolote. Nous avons longtemps joué à l'Enculette. Oui, j'ai oublié de préciser qu'à chaque fois que nous jouions aux cartes, c'était à l'Enculette. Pour la simple et bonne raison qu'Hélène et Flavien s'amusaient à chaque fois à m'empêcher de remplir mes paris. J'ai perdu à chaque partie. Et je suis mauvaise perdante, c'est bien connu.

Mais le top du top, c'était l'aristo derrière Flavien. Cet épisode, j'ai l'impression de l'avoir raconté des dizaines de fois... rien qu'entre nous, après, on a bien cerné le sujet. Nous étions à une table juste derrière 4 amis ayant la cinquantaine dont une aristo aux cheveux blonds relevés impeccablement en chignon qui parlait très lentement, très dignement, en articulant.

Aristo :Bonjour les jeunes, vous venez d'où?

Flavien : de Bretagne!

Aristo : ah ! "ils ont des chapeaux ronds, vive la bretagne, ils ont des chapeaux ronds, vive les bretons..."

Je regrette de ne pas avoir continué à chanter avec elle le reste de la chanson : ma mère couche avec mon père, ce n'est pas par agrément, mais pour faire un petit frère, pour qu'il garde les vaches aux champs... Comme les seins de ma belle-mère pendent lamentablement, elle fait un noeud par derrière pour ne pas tomber en marchant... etc.

Aristo : Les jeunes, j'espère que vous ne cueillez pas les baies dans les bois.

Nous : Ah?

Aristo : C'est comme à la mer : on nous dit que lorsqu'on soulève un rocher, on doit le remettre en place pour ne pas déranger les petits animaux. Et bien ici c'est pareil.

--gloups. Quid des framboises des bois que nous avions dégusté sur la route une heure auparavant? --

Aristo : De plus, vous pourriez attraper la rage.

Flavien : Hein? :-/

Aristo : oui, les renards urinent dessus des fois. S'ils ont la rage, vous pourriez l'attraper.

--regloups--

Sinon, on l'écoutait parler avec ses amis en essayant de rigoler discrètement derrière nos cartes. Nous avons eu quelques perles :

Aristo : Oh non, la balnéo il ne faut pas en faire trop souvent. C'est épuisant, de changer de piscine sans arrêt... (Hélène manquait s'étouffer à côté de moi)

Aristo : Nous allons quelques fois à Quiberon. Certes, il pleut aussi beaucoup chez eux, mais ils sont armés pour s'en protéger ! Ils ont les cirés et les bottes. N'est-ce pas les Bretons?

Et tant d'autres reflexions ridicules à souhait mais tellement drôles... Flavien rigolait à loisir, puisqu'il leur tournait le dos. Hélène et moi rigolions aussi, du coup, mais nous devions affronter le regard lourd du mari de l'aristo qui nous avait vite cernés... hum. En partant, nous avons eu le droit au clou du spectacle :

Aristo : vous allez où les jeunes?

Hélène : Thonon.

Aristo : n'hésitez pas à aller à l'office du tourisme, il y a un excellent musée sur la pèche à Thonon. Pour vous qui êtes tous enfants de pêcheurs, ça vous intéressera.

Flavien : c'est plutôt agriculteur dans ma famille.

Aristo : Agriculteur, Pêcheur, c'est du pareil au même non?

Et bien devant ce genre de reflexion, vaut mieux être solidement assis sur son banc.

Pour finir, une petite citation de l'aristo en pensant à toi, Max :

Aristo : "La vie, c'est comme un bouquet de fleur. C'est magnifique de trouver des roses à chaque lever, mais il faut quelques chardons pour en apprécier tout le piquant..." (ou quelque chose du genre)

Et je ne résiste pas à l'envie de vous en citer une dernière :

Aristo : Nous, nous avons du soleil où que nous allions, car le véritable soleil est dans le coeur...

Flavien (spontané, ce gars): Il pleut des cordes aujourd'hui.


La soirée, nous avons été réquisitionnés pour faire une longue série de partie de belotes avec la tenancière. Flavien et Hélène ont gagné 4 parties sur 5 :'(

Seuls dans le dortoir, confort !

07/09/2008: A Morzine, on trottine, on trottine.

Nous repartons sous un temps grisatre, en silence. Nous quittions définitivement le GR5 et le charme des hautes montagnes pour rejoindre la vallée de la Dranse de Morzine. D'ailleurs, Morzine, nous finissons par y arriver tant bien que mal, sous le soleil. C'est là qu'Hélène a commencé à imaginer un pseudo bronzage que nous n'avions pas. "Mais si, si, regarde on voit la limite des chaussettes !"

En réalité, il devait bien s'avérer de la limite de la crasse.photo-259789-M.jpg

Nous achetons une trentaine de cartes postales à nous deux, Flavien et moi. Hélène est terrassée par l'ampleur de la tâche que ça représente et décide de bouder sur le trottoir à prendre le soleil pendant que nous passons 1h à choisir les cartes postales les plus pourries.

Il s'avérera plus tard que Flavien en rachètera une douzaine. Oui, ça fait peur. Ca pourrait faire le titre d'un film d'horreur "Flavien et le retour des cartes postales".

Bon, le camping n'était pas à Morzine même (et Morzine est une ville de vallée, donc trèèèès longue), mais à Montriond. Nous avons fait une graaaande boucle pour y accéder, et alors le camping... imaginez le camping le plus beauf possible. 10 emplacements, une salle commune d'un autre siècle, un musée de l'électroménager des années 50, une tonne de moustiques et des voisins adaptés à l'environnement.

Nous en avons profité pour faire atelier couture et recoudre les quatre coins de la tente qui s'étaient arrachés. J'ai impressionné mes deux amis en recousant de fil blanc les attaches. Je dois avouer que je n'ai aucun talent de couture particulier (???) que je n'ai jamais pris de cours, que je fais au feeling en faisant des gros noeuds pour que ça tienne. Ben les deux autres étaient épatés. Comme quoi la gloire tient à peu de choses.

La soirée s'est déroulée tranquillement, dans une ambiance moustique et dernier siècle, à manger du saucisson et du fromage de pays en écrivant les cartes postales et en imaginant ce que serait notre texte pour gagner le concours du magazine Public. J'ai également pour principe de toujours me coucher la plus propre possible, donc contrairement aux autres... j'ai pris une douche :D Oui, j'insiste sur le côté crade d'Hélène et Flavien qui préféraient se laver le matin, pour suer deux heures plus tard dans leurs affaires crades de la veille. Je ne comprends TOUJOURS PAS.

08/09/2008 : On marche, on marche, ça marche.

Nous repartons sous le soleil, tôt dans la matinée très froide (la vapeur nous sortait de la bouche, imaginez ce qu'a été la nuit... heureusement que les duvets "-11° limite" étaient là). Nous plions la tente et les limaces, tout en discutant avec les aimables campeurs du coin. Une bonne dame vient prendre des nouvelles, repart raconter à son mari qui revient pour discuter... mais je vous rappelle que nous sommes encore dans le camping beauf. Le monsieur était... beauf. Type... mafieux italien? Mais pas la version classe, la version beauf... avec la chemise ouverte sur les poils gris du torse, la petite croix autour du cou et tout...

Il est venu s'étonner que nous n'ayons pas les foulards des scouts. J'entendais presque Flavien s'étouffer en répondant que non, nous n'étions pas scouts. Par contre, il nous a donné un truc que nous n'avons pas encore essayé, à savoir mettre des bas dans les chaussettes pour ne pas avoir d'ampoules. Ca me semble plausible... ce sera à essayer la prochaine fois !

Nous trouvons un Champion (c'est fou la civilisation, ça se trouve parfois en montagne aussi :p ) et achetons une batterie de pains au chocolat que nous dégustons en apprenant par coeur les quelques questions de Trivial Pursuit que j'avais ramenées. Et nous marchons, nous marchons... quand je vous dit que cette partie là de la rando était moins sympa? Vous êtes d'accords non? On s'accordait des petits pauses au soleil... fin c'était cool quand même hein, vous inquiétez pas :D

Mais du coup, il n'y a pas grand chose à raconter.

Le midi, nous pic niquons (:-°) dans un pré, dans un petit village dont je ne me souviens plus le nom. Hélène passe bien 15 min à trouver les toilettes publiques à cause d'une envie pressante qui ne saurait attendre, puisqu'elle est pressante. Puis nous dégustons notre repas (pain, fromage, chorizo, carottes... oui oui, j'ai bonne mémoire !). Ensuite, nous nous reposons tranquillement pour digérer en faisant coucou aux automobilistes qui nous dévisageaient comme si nous étions des bêtes curieuses. Puis nous repartons.

Hélène refuse de nous dire où sont les toilettes. Je manque me pisser dessus.

photo-289294-M.jpgL'après midi est entrecoupée de pauses (et de poses) pour finir sur un chemin de balade de la vallée d'Aulps. Il y avait plein de grands panneaux avec de grandes photos de familles du monde. Dessous, quelques mots sur cette famille, qu'on avait aucune raison de connaître et qu'on ne connaîtra jamais autrement que par l'intermédiaire de ce panneau. Nous faisions la lecture de chacun d'entre eux... et on en a vu pas mal.photo-289301-M.jpg

Cette exposition a été une bonne surprise. J'ai pris beaucoup de plaisir à marcher en découvrant le monde alors que nous ne quittions pas les Alpes... mine de rien, on en apprenait beaucoup. Les priorités, la propention à raconter sa vie, le caractère...

Finalement nous arrivons à Biot, une ville charmante. Une ville qui a une boulangerie, et une sorte de ... bar supérette. Flavien refuse que nous achetions du Nutella.

Nous plantons la tente dans la ville-même, sur un petit carré de pelouse à côté d'un terrain de basket. Super bien pensé. A cause des lampadaires juste au dessus, qui éblouissaient, personne ne voyait la tente. Enfin, on nous regardait bizarrement. Et moi je regardais bizarrement ceux qui promenaient leur chien à 21h. Juste retour des choses. (Pis franchement, qui veut promener un chien à 21h? L'heure où commencent les films! Je le dis, ils étaient louches ceux-là).

Ah, et j'ai passé bien 30 min à chercher des toilettes publiques. Toilettes qui étaient fermés dès 18h30. Ca... oui, parce que "on ne vous dit pas tout !" mais en rando, dès qu'on peut éviter d'aller faire ses besoins dans la nature (qui plus est sur un terrain de basket), bah, on s'en donne les moyens. Ca aussi, c'était drôle. Comme vous le savez tous (enfin nan, pas tous), je déteste aller aux toilettes en même temps que qqun d'autre, je n'aime pas beaucoup montrer que je vais faire mes besoins... bref, je suis un animal qui se cache. Comme vous vous en doutez, l'hygiène était douteuse, pendant ces 10 jours (non non, je ne rentrerais pas dans les détails, et n'imaginez pas le pire). Alors quand vous vous rendez compte qu'il n'y a pas de toilettes publiques, vous vous résignez à trouver un petit coin de forêt, et vous demandez du PQ à Flavien. Flavien, qui vous sort des trucs du style :

"Du papier? T'es sûre que t'en as besoin?

- ...o...oui...

- Ah bah dis donc, c'est pas la petite commission..."

Et bah ça... c'est la reflexion type qui me met super mal à l'aise ! SUPER MAL A L'AISE! LE type de reflexion dont je me souviens trèèès longtemps parce que ça me traumatise ! Vous ne vous rendez pas compte >.<

Vous ne vous rendez pas compte non plus à quel point faire ses besoins est périlleux en montagne. Quand faut faire de l'escalade pour trouver un coin abrité et se retenir aux arbres qui poussent quasiment à l'horizontale en raison de l'inclinaison du sol, et tout ça pour un malheureux petit pipi.

Vous ne vous rendez pas compte d'à quel point c'est FRUSTRANT d'avoir une envie de pisser qui vous taraude depuis plusieurs minutes, et que Flavien va pisser quelques mètes plus loin. Ca, Hélène le pensait comme moi ! Nous, on doit chercher le coin propice, avec la couverture végétale suffisante, ne pas craindre les serpents, les orties et les ronces. De quoi vous faire regretter de pas avoir un arosoir, vous aussi.

Bon, pour en revenir à Biot, nous dormons étrangement bien. Ah, Hélène et Flavien ont le sommeil léger... ils ont été réveillés tous les matins par les camions poubelles, surtout ceux de cette nuit là, car les poubelles étaient 5m au dessus de nous. Moi... sommeil de plomb. Toujours. Conditionnée. Je ne me réveille que quand j'en ai besoin!

09/09/2008 On touche au but ! On ne fait que le toucher du doigt d'ailleurs....

Nous n'avons jamais été aussi prêts de Thonon ! Nous attaquons la route avec entrain, Flavien et Hélène. Nous n'achetons rien dans la superette-bar, en fin de compte.

On le regrettera.

Nous marchons et marchons le long de la route macadamisée, sous le soleil. photo-302125-M.jpg Nous suivons le cours d'eau de plus ou moins près... finalement nous marchons sur la nationale qui longe le lac du jotty, que vous pouvez voir à gauche (bien que nous n'ayons jamais pû profiter d'une telle vue... de la route on voit pas grand chose...)

Au fond, il y a le barrage, qui a été un passage assez critique. Il n'est pas conseillé de marcher sur une route à flanc de falaise, qui tourniquote en prime.

Plus loin, nous aurions pû visiter les gorges du diable, mais c'était payant (!), et nous voulions arriver à Thonon avec suffisament d'avance pour se faire plaisir en ville; Hélène n'avançant qu'avec la bouffe, on avait cherché toute la matinée une superette pour acheter du fromage. Nous avons ainsi réalisé que là bas, il est indispensable d'avoir une voiture. La superette la plus proche était à Biot (d'où nous étions partis le matin tôt). Impossible de trouver le moindre aliment avant Thonon. Nous avons donc mangé nos restes sur une petite pelouse derrière l'office du tourisme et les toilettes publiques. Je vais vous raconter une petite anecdote... juste pour la postérité.

Contexte : Je suis assise dans l'herbe verte à rougir en lisant l'Ethique aujourd'hui -qui énervait tant Flavien, et que je n'ai toujours pas fini-quand Hélène revient des toilettes où Flavien est encore. Elle ricane sous cape.

"Qu'est-ce qui t'arrives? lui demandai-je

- Ah ah... j'ai été dans les toilettes handicapés, donc il y avait une cuvette de toilettes. Dans tous les autres, c'étaient des chiottes à la turque.

-Ah...?"

Hélène se met carrément à rigoler.

"Je suis sûre que Flavien a eu des chiottes à la turque ! "

Pendant le temps qu'a mit Flavien à revenir, Hélène n'ARRETAIT pas de se marrer, comme si elle venait de réaliser (enfin!) que Coluche s'était réincarné en elle. C'est difficile à croire, mais elle était vraiment pliée en deux (j'avais du mal à trouver ça amusant moi). Quand Flavien revient, on lui demande donc comme c'était.

" - ?

- Bah, c'était bien?

- Euh...

- T'as eu des chiottes à la turque ?

- Non..."

Et non. La réincarnation, ça n'existe vraiment pas. Ou alors Coluche n'était pas drôle.

En repartant, notons tout de même notre rencontre avec des petites vieilles à qui Flavien a réussi à sortir :

"Vous ne faites vraiment pas votre âge."

75 ans. Pour un peu, elles en auraient rosi d'émotion.

Le temps qui était jusqu'à présent radieux se ternit de lourds nuages gris dans l'après midi. Nous arrivons à la Vernaz, où les premières gouttes d'eau s'écrasent tristement sur nos sacs à dos. Nous nous écroulons aussitôt à même le macadam au milieu de la route pour déguster nos barres de céréales à l'abricot, en discutant avec l'âne et le cheval du champs d'à côté, sous la bruine. Il est question d'aller jusqu'à Reyvroz (jackpot au scrabble ça), mais c'est méchamment discuté, parce que les 2/3 du groupe manquent de motivation, ce que l'âne comprend tout à fait. Finalement, nous nous rendons à l'évidence : il n'y a aucun lieu pour dormir à la Vernaz, il faut partir même si le goudron encore chaud est d'une mortelle attirance.

Nous empruntons donc un petit chemin de balade botanique à visée pédagogique, avec des petits panneaux pour reconnaître les plantes. C 'est ainsi que nous avons pû admirer des cyclamen en fleur le long du chemin. Enfin "nous"... moi, je les ai admirés, ces cyclamen, les autres je sais pas trop. Hélène était surtout préoccupée par l'inclinaison quasi-verticale de la pente et l'aspect boueux du sentier, tandis que Flavien s'appliquait à lui choisir des chemins qui n'en étaient pas. C'est une constante : Flavien aime bien suivre le chemin, mais il adore surtout le tracer.





La première fois, c'était au col du brévent, dans la caillasse qui faisait un peu paysage du jurassique, juste avant les échelles. Ca commençait à être méchamment vertical, le chemin. Flavien était devant et s'est mis à nous descendre un truc particulièrement flippant... Hélène et moi on s'est regardé en ricanant d'angoisse en voyant la chose à descendre. On s'est mit à chercher fébrilement des yeux un petit chemin parallèle qui serait envisageable... ah bah oui, on en a trouvé un. Il était même balisé de notre rando, ce chemin parallèle!

Mais revenons-en à notre chemin botanique. La descente a été longue et bien casse-gueule, c'est pour ça que j'en parle. On a vécu des descentes normales, rassurez-vous, mais on se souvient que des choses marquantes. Nous avons dégusté quelques mûres acides en glissant sur l'humus noir et riche de la forêt tout en apprenant que cette partie de la vallée est faite de marbre rose, qui a servi à faire je ne sais quelle fontaine à Thonon que nous nous promettons de trouver une fois arrivés. Au final... on a oublié de le faire. Finalement nous avons débouché sur une route de goudron bien plus rassurante mais un peu plus chiante, parce que pour le coup les panneaux étaient moins intéressants, et sans doute plus à visée pédagogique. Pu de cyclamen non plus.

Lorsque nous sommes arrivés en bas de la vallée, les 2/3 du groupe commençaient à ne plus vouloir même seulement envisager de remonter sur Reyvroz. Après marchandage, nous plantons la tente sur un bas côté de la route, nous cherchons de l'eau et jouons un peu aux cartes. Vient l'heure de la tambouille.

LE repas.

Il faut que vous réalisiez bien que Flavien me parle de ses talents de cuisinier depuis belle lurette.

"tu verras quand tu viendras à Paris, je te ferais un truc super bon à manger".

Ben... :-X

Si ça ressemble à ce qu'on a mangé ce soir là, on ira au resto *

La dernière fois que nous avons dû faire les courses, c'étaient Flavien et Hélène qui s'en étaient chargé. Flavien voulait apparemment faire de la semoule un soir, ce qu'Hélène déteste. Ils avaient donc acheté une boite de sauce tomate pour mélanger et donner un peu de goût (exactement ou presque le repas que Kmi, Jules et moi avions fait en angleterre, sur une colline de bruyère magnifique, dans le vent froid, assis au milieu des crottes de lapin...mais ceci est encore une autre histoire...)

Lorsque j'ai vu de plus près ce qu'était la semoule, j'ai commencé à douter des talents de Flavien. "Semoule" pour nous tous, c'est la semoule qu'on mange salée, avec du couscous par exemple... mais quand c'est marqué "semoule" sur un paquet, c'est la semoule à gateau. Sisi, souvenez vous : le dessert du self du lycée, à la texture si particulière... une sorte de bouillie où on sent quelques grains sur la langue. C'était fait avec du lait et du sucre...

Ben du coup, nous, c'était avec de l'eau, du sel et des tomates coupées (pas de la sauce tomate cuisinée ! des tomates coupées non assaisonnées). On a salé à bloc. Pour donner du gout. C'était le clou du spectacle : Hélène avait déprimé toute la journée parce qu'elle n'avait pas eu son fromage de pays quotidien (souvenez vous, on a pas trouvé de superette de toute la journée). Ben avec en prime un gateau de semoule aux tomates coupées... imaginez sa tête XD ! Heureusement, on a mangé des céréales au chocolat en dessert, pour redresser le niveau du repas !

Le dodo a été tranquille... comme toujours. Quand on est crevé, la nuit paraît toujours trop courte... le soir, c'était mon moment préféré : l'instant béni où on enlève ses chaussures qui meurtrissent le pied ...(et non, les ampoules ne me lâchaient pas. Nous sommes le 7 octobre, ça fait un mois ou presque que nous avons fait la rando, et bien j'ai encore le reste des ampoules qui ne cicatrisent pas...). C'est le moment où on se remplit le ventre d'un aliment chaud, c'était le seul avantage vite évanoui du gateau de semoule à la tomate... c'est le moment où on discute dans la tente... fin ça, ça dépend des soirées. Je me souviens de deux soirées dans la tente :

- la soirée où Flavien nous a chanté toutes les chansons de son répertoire (Hélène choisissait le chanteur, lui chantait les chansons les plus connues, moi je disais si je connaissais ou non). Et il chante rudement bien le bougre ... moi, j'ai pû constater que mon répertoire personnel était extrêmement maigre ... Les deux autres se retenaient de me foutre des claques quand je disais que je ne connaissais pas toutes les chansons de Balavoine ou de Ferrat... est-ce vraiment grave? C'était une soirée agréable, je me suis endormie avant la fin du CD je crois...

- la soirée où nous avons entamé un débat d'opinion politique. Love Hélène. Elle me ressemble beaucoup plus que ce que j'imaginais... nous avions exactement la même position! Nous ne sommes pas vraiment orientées à droite, mais de là à la fustiger dès qu'on en a l'occasion, non ! Que ce soit à droite ou à gauche, certaines idées sont bonnes à prendre, sans doute plus à gauche, mais à quoi sert donc de refuser en bloc toutes les initiatives de la droite, même si elles ne sont pas mauvaises? Je déteste cette propention de certains à s'enfermer dans un parti sans réussir à apprécier ce que font les autres. Depuis quand ce mode de pensée est-il source d'amélioration? Pourquoi ne pas rester objectif et savoir apprécier ce qui est bon là où il l'est vraiment? Flavien a dit "ah bah, c'est confortable comme position, c'est sûr" sur le ton du reproche. C'est confortable, oui et non... ce n'est pas confortable, car on s'entend dire après qu'on est des personnes manipulables et manipulées, qu'on est des girouettes qui nous tournons vers le vent le plus profitable. Il est sans doute plus confortable de s'endoctriner doucement dans un seul axe de pensée sans jamais chercher à se remettre en question. C'est en tout cas ce qu'on m'a toujours dit de fuir, l'endoctrinement. C'est le principe de la religion, du créationnisme, du rationnalisme, et de tout courant de pensée, de science, de politique qui refuse de s'améliorer au contact des autres. Ces constructions s'écroulent d'elles-même lorsqu'elles ne sont plus adaptées...Open your minds, my friends, it's -maybe- the best way !

* Meuh non, je plaisante Flavien, hein ! J'accepterais avec plaisir que tu essaies de me cuisiner quelque chose de bon ! Dans le pire des cas, c'est moi qui te le paierai ce resto ! =D

10/09/08 THONOOOOON

photo-311614-M.jpgBon, certes, on a passé la grosse majorité de la journée à marcher pour l'atteindre. Et la grosse majorité de la journée, c'était sous la pluie... La montée vers Reyvroz ("ce rêve rooooose") a été longue, au milieu de prés et de forêts... là, à ce stade, on a réalisé qu'on puait vraiment. Faut dire que 10 jours de marche, avec 3 pantalons et 5 T-Shirt, on pouvait pas espérer sentir la rose tous les jours.

D'ailleurs, en parlant d'odeurs, nous n'avons pas résisté à l'envie de passer voir les hommes et les femmes d'Urine. Un charmant petit village qui ne cesse de croître, rejoint par des gens qui ont sans doute le sens de l'humour. Nous avons fait quand même un crochet de 10 min ! Nous nous sommes pris en photos en train de faire semblant d'uriner sur le panneau d'Urine. Flavien était pas du tout d'accord... d'ailleurs sur la photo, on y croit moyen :-° il est juste debout à côté du panneau. Ma hantise était de voir qu'un habitant nous regardait faire...

Dans cette région, les villages se divisent en deux catégories : les bourgs aux noms avec plein de "x", "z" "y", (reyvroz, forclaz, la vernaz...) et ceux avec des noms tendancieux... Nous avons trouvé sur la carte IGN des villages comme "Seytroux" ou "Mouilles", "Sous-le-seix", "Sur-le-seix", "Urine" dans un périmètre de 20km... nous n'avons malheureusement pas pû tous les visiter, mais c'est pas l'envie qui manquait ! Quoi, "gamins"? Oui, nous sommes des gamins, et bien nous assumons !!!

"Mamma mia, here i go again...! My mind, how can i resist you !" oups. Désolée, j'avais envie de chanter ! J'y reviendrais !

Nous repassons juste avant de manger dans une petite forêt. Dans les forêts, c'est dur parfois de trouver le chemin balisé... rebelote avec Flavien. Embranchement de deux sentiers. Un horizontal, un qui descend. L'horizontal n'a pas de balisage, le vertical non plus... donc finalement on suit Flavien sur le sentier vertical. Ne me demandez pas pourquoi on écoute toujours Flavien.

Donc Hélène s'est mise à grogner à cause de la descente. Même Flavien et moi, sans patte folle, nous avions du mal à faire le chemin, qui n'existait pas en réalité, vous l'avez deviné. Lorsqu'enfin nous sommes arrivés sur un semblant de sentier plat... nous avons réalisé que nous étions en réalité arrivés dans une cuvette. Il fallait remonter une pente encore plus ardue, sur roooo ... allez... 3/4m de hauteur? C'était quasiment un mur de boue, que surmontait le chemin que nous étions censés avoir pris.

Flavien grimpe sans problème (ou presque). Moi... j'avais des problèmes =D Il me tend un bout de bois pourri... je rigole un peu de la maigre aide que cela pourrait m'apporter (j'étais en équilibre sur une racine, un arbrisseau dans chaque main), mais comme il insistait en me disant qu'il voulait vraiment m'aider et que le bois était solide, je me suis dit : "ah! Bah, je vais pas le contrarier, pour une fois qu'il est gentil..."

"A la une, à la deux..."

Crac, à la trois, le baton pourri nous reste dans les mains à tous les deux, je perds l'équilibre et fais un virevolté en arrière en rotation sur le côté droit,en parvenant à me rattraper à mon arbre d'origine tout en perdant ma racine de soutien, je dérape, je dérape, je finis à quatre pattes dans la boue, les jambes dans les ronces...à glisser...

Bien évidemment, Flavien : plié en deux de rire, Hélène : dans le même état.

Moi j'ai eu une poussée d'adrénaline à 100UI. Et j'ai décidé que c'était la dernière fois que j'acceptais de me servir d'un baton. Dernière fois que je faisais confiance à Flavien. Dernière fois que je le suivais dans ses plans pourris !

:-°

La faim au ventre, plus rien à manger dans le sac, nous arrivons à une petite bourgade de la "banlieue" de thonon où nous savions pouvoir trouver une supérette.

Pas de bol, il est 13h05, la supérette ferme à 13h. Pas de fromage. Hélène ne se plaint même plus. Elle déprime.

photo-322478-M.jpgMais Hélène a une chance de cocue : le vendeur sort et accepte par pure charité qu'on fasse rapidement nos courses. Hop... FROMAGE ! On le déguste à même le palier du magasin avant de repartir sur les routes.

J'arrive enfin à arroser Flavien lors d'un remplissage de gourdes à une des nombreux abreuvoirs traditionnels de là-bas. Oui, ils ont tous leur petit abreuvoir personnel...

L'eau glougloute d'un côté, et s'écoule de l'autre. Elle est sans cesse renouvellée, donc potable. Théoriquement. Nous n'avons jamais été malades, mais alors des fois... on se posait quand même la question.

L'après midi nous a semblé loooongue... nous sommes rapidement arrivés dans la forêt qui jouxte Thonon, mais elle est assez grande. En son centre : un parcours du combattant, que nous nous amusons à faire épuisés et avec (ou sans?) les sacs à dos. J'avoue tout de suite qu'aucun de nous trois n'a été capable de faire de traction avec son sac à dos. Mauviettes !

Là, il était 17h, je m'en souviens. Nous sommes arrivés sur un petit promontoir qui dominait la ville de Thonon, et on était contents d'etre arrivés; la journée du lendemain devait être du shopping et du farniente. Comme nous aimons ça tous les trois... l'ambiance était guillerette.

Bon le problème c'est qu'il a encore fallu marcher une heure avant de trouver l'office du tourisme. Que c'était long !!! Nous qui pensions être arrivés, nous en étions loin. Les dames à l'office du tourisme de Thonon était charmantes. Vraiment. Elles ont bien voulu être patientes et nous expliquer comment / où / quand nous pourrions aller au camping le moins cher/ le plus proche de Thonon avec quel bus qui part à telle heure et à tel prix. En prime... elles ont accepté de garder nos sacs le lendemain pour nous éviter de nous les trimballer... ok, ok, Thonon c'est pas Limoges, mais faire du shopping avec 15kg supplémentaires dans le dos... c'eut été dangereux.

Nous avons encore quelques minutes pour nous dire que nous n'avons pas envie ni de quoi nous faire à manger le soir. On commandera des pizzas dans le pti bouiboui à pizza dont nous gardons le numéro, qui est à côté de l'office du tourisme.

Nous choppons notre bus au vol, Flavien arnaque la société en ne compostant pas son ticket de bus. Il servira le lendemain. Hélène et moi lui faisons un sermon, mais il s'en fout pas mal :-° Grand bien lui fasse.

Le camping... ah, je rigole d'avance de la soirée que nous avons passé. Dans le style beauf, c'était pas mal non plus. J'arrive pas à savoir si c'était plus beauf que le camping de Montriond... c'était différent voilà tout. Là, pas de salle commune d'un autre siècle, mais caravanes aux jardinets proprets dont émergent quelques flamands roses en plastique de bon goût. L'auvent représente des planches de pin, la table de camping est en bois massif, l'arche du chemin gravilloné est couverte de rosiers. Oui. Nous parlons bien d'un emplacement de camping municipal... aménagé.

Nous, notre emplacement semblait bien fade, avec son herbe toute conne. Enfin "herbe". On avait plutôt de la terre avec quelques graines de gazon en train de germer ("ne marchez pas dessus!"). On a pû profiter d'1/3 de notre terrain... juste de quoi planter la tente et nous asseoir dehors. Ca suffit, remarquez.

Nous avons commandé les pizzas, livrées gratuitement avec une bouteille de coca en bonus. Notez de suite que le voisin du vendeur de pizza, à Thonon, nous avait méchamment déconseillé de manger de leurs préparations. Mais la flemme a vaincu les ragots.

Ca ne nous a pas empêché de ricaner jaune quand on les a goûtées, ces pizzas...

Moi : "C'est... bizarre..."

Hélène : "Quoi?"

Moi : "Ma sauce tomate a un goût de bière"

Flavien : "Tu dis ça parce que le voisin de la pizzeria nous a raconté des trucs..."

Moi : "Ouais... têt bien... " - reprend un bout de pizza - "N'empêche que ça a un goût de bière"

Flavien goute sa propre pizza (à la sauce tomate aussi)

Flavien : "Tin c'est vrai, elle a un goût de bière ! "

Hélène : " Je suis en train de m'imaginer comment ils ont fait pour que votre sauce tomate ait un gout de bière...Mais arrêtez, n'en mangez pas ! On a qu'à manger de la mienne tous les trois, elle est à la crême fraiche."

Moi : "Si ma sauce tomate a un goût de bière, j'ose même pas imaginer le goût de ta crême fraiche !"

Flavien : "Moi j'ai des oeufs en plus..."

Moi : "Risqué."

Hélène : "On a qu'à boire du coca, ça facilitera la digestion."

Moi : "Il est pas avarié le coca? Pour qu'ils nous le filent gratis, c'est louche..."

Flavien : "Du moment que la bouteille n'était pas ouverte... elle n'était pas ouverte hein?"

Hélène : "Je sais plus"

Moi : "Vous imaginez? On nous retrouve morts tous les trois dans la tente d'ici quelques jours, quand nos parents se seront inquiétés suffisament pour lancer des recherches. Ou pire : demain matin, puisqu'elle est la seule à ne pas avoir mangé de sauce tomate à la bière, il n'y a qu'Hélène qui se réveille vivante..." (elle était au milieu de Flavien et moi dans la tente)

Hélène : "On va laisser le PQ près de toi cette nuit, Marion, comme ça si il y a urgence chiasse pas besoin de chercher à la lampe torche..."

Moi : "Ou alors on garde chacun notre petit rouleau personnel avec nous !"

Hélène " En tout cas, j'ai vraiment pu faim..."

Flavien : "Attends, on les a payées ces pizzas, on va les finir ! "

Hélène : "C'est ça, pour être malade à crever pour le dernier jour de la rando? Moi je laisse tomber, je vais boire du coca. Pis on a en plus de la tartelette aux abricots à manger..."

Moi : "Tartelette aux abricots que vous avez eu en promo parce que date de péremption limite."

Flavien : "C'était moins cher ! "

Moi : "C'était presque périmé ! "

Flavien : "Bon je vais la finir ta pizza, Hélène"

Hélène : "Bah, laisse tomber la tienne, et mange la mienne si tu veux."

Flavien : "Mais non, je vais manger la mienne aussi".

...

 

Bon rassurez vous, Flavien n'a pas non plus fini sa pizza.

Après ce repas copieux, nous avons décidé d'aller voir le lac Léman. Merde, on avait pas fait toute cette route pour passer à côté ! Bon, certes, ce serait dans le noir à la lueur de la lampe torche, mais on l'aura vu !

Nous nous sommes assis sur le chemin de promenade sous les étoiles à discuter de notre rando et à regarder les lueurs des villes de Nyon et Rolle (ou était-ce Lausanne?) de notre proche voisine la Suisse. Nous avions atteint notre but, envers et contre tout, la rando était finie ! Nous baigniions dans une douce torpeur de contentement (ce qui n'empêchait pas Flavien de tressaillir quand on entendait le bruit d'un animal se désalterant dans le noir).

Finalement, peu sûrs de se réveiller en bonne santé le lendemain (voire même vivants), nous sommes allés rejoindre nos pénates pour notre ultime nuit en tente.

Excellente nuit ; Flavien et Hélène avaient trouvé amusant de chercher à rentabiliser le port du "Moustifluid" et du déo de Flavien en en barbouillant sur mon duvet, précisément à l'endroit où je posais ma tête. Ils ont beaucoup rigolé à mes dépends, puisqu'il était impossible de s'endormir avec cette odeur écoeurante et très très -très- forte. Eux-même ont avoué avoir failli mourir asphyxiés dans la tente lorsqu'ils ont préparé leur petite blague...

J'ai dormi la tête en dehors de la tente. Ils voulaient vraiment ma mort ou quoi?

11/09/2008 SHOPPING, MAMMA MIA, FONDUE

photo-326843-M.jpg Ah, paradis de civilisation ! Nous nous étions préparé une journée chère mais pleine de rebondissements

... Bon, tout d'abord nous avons quitté le camping et sommes repartis vers Thonon.

Flavien a cherché à réutiliser son ticket de bus de la veille, mais s'est fait chopper. Ah ah, j'en rigole encore!

Le matin, nous avons fait le marché en remplissant nos sacs de produits de là bas à ramener pour nos chères familles qui ne verraient la Savoie que dans leurs assiettes : saucissons et fromages (reblochon!). Pour ma part, j'ai trouvé que la myrtille avait été le plus représentative de notre rando en Savoie (il y en avait partout en montagne !)... donc j'ai pris un saucisson aux myrtilles qui s'avérera un peu fadasse...

Le midi, dernier pic nic au fromage (Beaufort !) sous la pluie et sous une sorte d'abri en plastique aux côtés de lycéens en mal d'occupation. Ah ça, ça nous a rappelé brièvement que les vacances étaient bel et bien finies, et depuis quelques temps pour ces chères petites têtes blondes...

Nous avons ensuite passé l'après midi à errer dans les rues de Thonon, à faire les magasins de souvenirs sans aucun complexe. Flavien a racheté des cartes postales pendant qu'Hélène achetait son propre topoguide de la rando que nous venions de faire, à titre de souvenir. C'est vrai que pour s'en rappeler, c'était le mieux... ces bouquins sont vraiment bien faits. Moi j'ai acheté un parapluie, comme souvenir.photo-326863-M.jpg

Le soir, nous avons été manger une fondue, LA fondue savoyarde qu'Hélène réclamait depuis Morzine... et bien figurez vous qu'elle ne l'a pas aimée ! Trop de vin blanc paraît-il... pas assez le goût de fromage. Moi j'adore ça, la fondue, alors comprenez bien que j'étais particulièrement heureuse qu'elle pioche allègrement dans l'assiette de Flavien qui avait pris du Berthoud.

Le Berthoud, c'est une spécialité à mi-chemin entre la raclette et la fondue, sans vin blanc mais avec de la Madère! Et le fromage, c'est du fromage d'Abondance, une petite ville pas très loin. Le fromage est servi dans un petit ramequin, après avoir été passé au four, et on trempe la charcuterie et les pommes de terre dedans.

Excusez l'image, elle ne met pas en valeur le plat qui est pourtant très appétissant!

En dessert, gateau au chocolat avec une boule de glace au Génépi (vous ne connaissez pas? Nous non plus... on pense que c'est une plante de montagne).

Et ensuite... on a été voir Mamma Mia. Juste avant que le film ne commence, j'expliquais à Hélène que je n'étais pas sûre que ce soit une comédie musicale... hop, nous voilà dans le noir et le film commence... sur une chanson. Nous explosons de rire. Si ce n'est pas une comédie musicale, ça y ressemble beaucoup ! Pendant tout le film, nous n'avons cessé de rire toutes les deux, parfois accompagnées de Flavien (sisi ! on t'a entendu !).

J'ai peu d'attirance pour les comédies musicales en temps normal -sauf pour Grease- mais là, je n'avais jamais autant rigolé au cinéma. Comédie à prendre au second degré, je pense... depuis j'écoute la BO qui est faite de chansons reprises d'Abba , et ce très souvent. Ca restera le meilleur moyen pour moi de me rappeler les moments cultes de la rando.

Et figurez vous que depuis, Max écoute aussi les chansons d'Abba ! (pas les reprises, il a du mérite quand même). C'est que j'ai bon goût non?

Quant à Flavien, il avait beau dire en sortant qu'il n'avait pas beaucoup aimé, il s'est quand même bien marré ! Na !

Ensuite, nous avions prévu d'aller dans un bar de nuit, contre ma volonté. Mais l'avantage (ou l'inconvénient ?) d'être à 3, c'est qu'il n'y a jamais égalité démocratique... donc nous avons été dans ce bar de nuit à 2 contre 1. Le prix des consommations était doublé, et il n'y avait personne. Pour parfaire le tableau, l'orage s'est mis en place rapidement, donc on a dû décamper sous des torrents de flotte. Je l'avais bien dit qu'il aurait mieux valu ne pas y aller !

Ensuite... nous nous sommes réfugiés sur les quais de la gare de Thonon, comme trois petits sdf. Flavien n'a pas eu honte, et s'est carrément allongé par terre... avec Hélène, nous nous sommes contentées de discuter jusqu'à l'arrivée du train, à 5h du matin.

Dès lors, nous n'avons cessé de changer de train, en passant par Paris pour finalement arriver à Redon le lendemain, sur le plancher des vaches prim'holstein.


Finies les vacances. Nous étions vendredi, nous reprenions tous les trois le lundi 15 Septembre 2008 dans nos écoles et facultés respectives aux trois coins de la France : Hélène à Vannes, Flavien à Paris, moi à Rennes.

Certains d'entre vous se demandent quel est l'intérêt de faire une telle rando, avec toutes les galères et inconvénients que nous avons enduré... en effet, pourquoi ne puis-je vous relater au jour le jour les points positifs comme je le fais des points négatifs? Je n'ai pas vraiment tenté de vous motiver à faire de la rando, ni de vous en dégoûter par avance. Je vous ai juste raconté ce dont je me souvenais, car ce texte a valeur de réserve à souvenirs, même si on ne peut jamais être exhaustif ou même objectif.

Même si j'ai du mal à vous dire pourquoi ces 10 jours de randonnée ont sans doute été mes meilleures vacances, je peux au moins vous expliquer que ce n'est que dans ce genre de plans qu'on peut véritablement connaître ses amis; et c'est peut-être le point positif majeur de cette randonnée. On peut connaître des gens en discutant avec eux sur msn, ou même en les fréquentant plusieurs années fréquemment ou occasionellement. On peut savoir d'eux qu'ils aiment les peluches avec des petits grains dedans ou leurs fantasmes les plus fous (!) mais ce n'est que dans les situations de fatigue quotidienne, de difficultés, d'énervement, et tout simplement en étant avec eux 24h/24 7j/7 qu'on réalise leurs qualités et leurs défauts véritables, les caractères qu'on ne peut cacher ou mimer tout le temps. J'ai été heureuse de découvrir que mes amis étaient dignes de leur statut, que j'avais de la chance de les connaître. Plus nombrilistement, je suis heureuse de me savoir supportable même dans les situations les plus difficiles. Si ça se trouve, je serais capable de ne pas casser la gueule à Bush si je me trouvais devant lui...?

A titre plus personnel, le fait d'avoir douté quotidiennement de mes capacités, et d'avoir découvert que j'étais capable de bien plus que ce que j'imaginais m'a sans doute permis de vivre cette randonnée avec satisfaction. Non, je n'étais pas la "meilleure" et je n'aurais sans doute pas tenu toute la randonnée que nous avions prévu au début; mais je sais ce dont je suis capable. Ce n'est peut-être pas un critère de bonheur pour tous, mais pour moi c'en est un.

 

Cet article a été exceptionnellement long. Il tient plus du roman que de l'article de blog, je m'en excuse... surtout que c'est drôle à lire quand on a vécu les faits, pas trop quand on est lecteur anonyme. Pour remédier à ce problème vous n'avez qu'à vous joindre à nous pour une rando l'année prochaine dans le pays Basque !

Repost 0
Published by Ellis Lynen - dans J'aime
commenter cet article
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 12:02

http://www.lemoncurve.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/trouvez_votre_cadeau_a_la_une_mode_defile_new.jpg

"Madame ViergeMarie doit accoucher le 25 décembre 2010."

Oui, moi aussi j'avais levé un sourcil outragé quand j'avais vu ce petit mot que ma sage-femme avait affiché dans l'office. Allons bon, de la BonDieuserie dans un hopital public? Prête à rouspéter et grogner pour le principe - parce qu'à ce moment là c'était un peu ça tout le temps, je grognais et rouspétais - je me suis tout de même intéressée au reste du mot. Nous étions en Novembre, à l'hôpital sud de Rennes, et c'est vrai qu'on a un peu tendance à oublier que l'année avance à une vitesse folle à cette époque là de l'année.

"Madame ViergeMarie doit accoucher le 25 décembre 2010.

Madame ViergeMarie ne s'attendait pas à ce cadeau, et elle n'a pas eu le temps de trouver toutes les petites choses qui permettront de l'habiller dans les premiers jours de sa vie. Qui, d'ailleurs, ne se passeront pas à l'étable mais bel et bien dans notre maternité. Si dans vos malles et cartons, vous possédez des petits vêtements de toute sorte qui ne vont plus à vos enfants parce qu'ils ont bien grandi, n'hésitez pas à venir les déposer dans le carton de l'office du service de maternité. 

De plus, il semblerait d'après Dr X que l'enfant de madame ViergeMarie soit un garçon...

Merci pour elle."

Me voilà interloquée. Qu'est ce que c'est que cette histoire? J'en parle à ma sage-femme - nous étions en train de manger sur le pouce notre repas du midi aux environs de 17h, miam miam le poisson pour le goûter - qui ne semble pas plus informée que moi de toute cette affaire. La garde se passe, et j'oublie peu à peu cette Madame ViergeMarie.

Quelques gardes plus tard, je vais au staff du vendredi, qui réunit tous les médecins gyneco-obstétriciens et pédiatres présents, les sages-femmes, les cadres, les psychologues, les assistantes sociales. Un joli petit paquet de monde. Pendant ces staff hebdomadaires, nous parlons et informons nos collègues des patientes ayant besoin d'un suivi médical particulier, ou bien social ou psychologique, histoire que chacun sache où l'on met les pieds, en quelque sorte. Il est rarement décidé de quelque chose, c'est souvent pour informer tout simplement.

J'expose mon cas. Puis c'est le tour de Dr X de demander "Et Madame ViergeMarie? Comment se porte-t-elle?" .

Revoilà cette madame ViergeMarie ! Mais qu'a donc cette femme? L'assistante sociale nous dit qu'elle va de mieux en mieux, elle a toujours 3 anxyolitiques le soir pour dormir, son substitut à l'héroine, et son patch à la nicotine. Son bébé qui avait arrêté de grandir dans son ventre a finalement repris sa croissance grâce à l'hospitalisation de sa mère. Il est donc décidé de l'héberger à l'hopital, sans raison médicale, simplement parce qu'elle n'a pas de logement, pas de travail, pas de moyens, et pas à manger.

 

J'en ai des frissons. Moi qui croyais à une bondieuserie. J'en ai honte.

 

Quelques gardes plus tard - quel feuilleton! - je me retrouve dans le service où est hospitalisée Mme ViergeMarie. Je suis presque impatiente de la rencontrer tant tout le monde en parle. Moi qui m'attendais à trouver une femme détruite par la vie, les drogues et la misère, je me retrouve face à une femme épanouie, qui m'attend assise sur son lit. Elle a éteint la télé lorsque je suis rentrée - ne croyez pas que cela soit si fréquent, généralement nous sommes visiblement moins intéressants que le téléachat. Dans sa chambre, ça ne sent pas la crasse ni le tabac, ça sent le gel douche. Elle porte une robe simple, mais qui lui va bien. Elle me sourit et me dit "je me demandais quand vous alliez venir pour écouter mon bébé!". Rendue presque muette tant cette femme me surprend, je bégaye un " euh et bien... maintenant, ça vous va? - oui, très bien!".

Elle est d'une maigreur surprenante. Certes, son visage est marqué par son tabagisme, cela se voit, mais elle est souriante et mine de rien, ça change tout. J'ai beau savoir qu'elle attend un petit garçon, je lui demande le sexe de son enfant - peut-être est-ce une surprise? "C'est un petit garçon! J'ai hâte de le voir." Je lui ai posé son monito, j'ai échangé un peu avec elle sur comment elle allait, mais cela se voyait juste qu'elle était bien.

En sortant, je suis tombée sur l'assistante sociale qui avait parlé lors du staff. Elle me demande comment va madame ViergeMarie, puis je lui fait part de ma surprise en comparaison avec le tableau qui était dressé par le bouche à oreille.

"Oh, tu sais, on revient de loin. Ce n'était pas un déni de grossesse, elle sait depuis le départ qu'elle était enceinte, mais au vu de tous ses problèmes de vie à côté elle l'a mise de côté. C'est Dr X qui a décidé de l'hospitaliser après la seule écho qu'elle a faite de toute la grossesse, à cause du retard de croissance. Elle change de jour en jour ici, je pense qu'elle se sent acceptée, elle voit bien qu'on l'aide. Elle s'épanouit. Mais il ne faut pas se leurrer, quand elle ressortira après la naissance de son garçon, la misère va de nouveau être là. On essaie de la placer dans un centre de jeunes mères, mais les places sont rares et chères... on ne peut pas dire que ces structures soient beaucoup aidées et leurs capacités d'acceuil sont insuffisantes."

Je hoche la tête, et lui dit à plus tard.

J'ai visité l'année suivante un centre d'acceuil de jeunes mères, en stage de PMI. C'est une sorte de résidence universitaire, avec des salles de vie communes comme une cuisine, une salle de jeu... les chambres sont toutes dans un couloir, et c'était pire que spartiate. Un lavabo, un berceau, un lit une place, une table et une armoire, rien de plus. Les toilettes étaient communs. Sur place, il y avait une puericultrice ou deux, des aides de vie. Quand les enfants commençaient à avoir un an ou deux, on mettait gentiment les femmes dehors parce que ça pousse au portillon... J'avais eu l'impression de rentrer dans un mélange de prison, d'hospice et de résidence universitaire. Mais hein... c'est mieux que la rue...

Quand j'ai été finir mes papiers dans le bureau, j'ai vu la fameuse boite, recouverte de papier cadeau, dans lequel les professionnels viennent mettre les vêtements. Le soir, j'ai croisé la sage-femme qui a mit en place ce système. 

"Tu sais, elle se met à pleurer d'émotion quand je lui montre ce que les gens déposent dans la boîte. Une fois, il y avait une petite brosse à cheveux. Elle m'a prise dans ses bras en sanglotant."

 

Vous savez, on voit des tas de choses affreuses dans notre métier. Des bébés morts, des bébés malformés, du sang, de la souffrance. Mais je crois que le pire pour moi, c'est la misère, et j'y repense deux ans plus tard, en ce mois de décembre 2012. Cette fatalité qui atteint les gens, parfois malgré eux, qu'ils subissent sans savoir comment  en sortir, qui nous pousse à placer leurs enfants en centre d'acceuil tant il est impossible pour un nourrisson d'aller dans un rue par -2 degrés sous un carton. Bien que cette histoire montre que certaines personnes comme cette collègue sage-femme qui avait mit en place cette simple boite savent garder de l'empathie et prendre des initiatives aussi louables, cela donne simplement l'impression de remonter le courant à la rame.

Peut-être que si nous étions plus à ramer comme elle, on y arriverait.

 

Joyeux Noël ... en avance.

 

 

* Les noms, les dates et une partie des faits ont été modifiés pour garder l'anonymat de la patiente. Les propos tenus ici n'engagent que moi et les citations des professionnels ont été modifiés. *     

Repost 0
Published by Ellis Lynen - dans Stage & Hopital
commenter cet article
18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 10:54

http://www.vetosud.com/adm/webmaster/vetosud/upload/Horloge.jpg

En ce moment, j'héberge Rosemarie, une amie sage-femme qui travaille dans la meme maternité que moi. Au vu de la durée de son contrat, c'était la meilleure solution, elle n'allait quand même pas prendre un appart pour un mois et demi, ni planter sa tente sur la plage vu les températures. Et puis je suis contente de la recevoir.

Je découvre en revanche peu à peu ce qu'est de vivre en couple; rassurez vous, nos contacts se limitent à la bise le matin. Pour tout le reste, ça y ressemble beaucoup; nous avons deux pièces, et un mode de vie dû à notre travail qui impose une organisation digne de celle de ma mère. Ainsi, généralement je dors dans ma chambre et rosemarie sur le clic clac de la pièce principale. Le soucis arrive quand  elle est de nuit -donc devant dormir pendant la journée- et pas moi. Je cède alors ma chambre pour pouvoir vivre ma vie et elle sa nuit.

J'en conclue que c'est chiant de vivre en couple avec une sage-femme; avec rosemarie ça va, on sait toutes les deux ce que c'est et comme je vous l'ai dit, on est amies et bien organisées donc on gère. Mais comment font les autres, en couple?

Il est vrai que dans notre profession nous avons un taux de célibataires et de divorcées assez conséquent. Aucune étude sérieuse n'a été réalisée à ma connaissance sur cet état de fait, mais cela ne m'étonne pas. D'une, nous avons des caractères forts. C'est nous qui portons la culotte, ça j'en suis certaine : on voit pleurer des hommes, hurler des femmes, on voit du sang, on découpe, on suture, et on aime ça. Alors j'imagine que quand on rentre à la maison, biquet a intérêt à rouler droit et à pas se plaindre parce que "tout ce que tu vivras chéri, sera plus doux et plus facile qu'enfanter alors ta gueule".  Par ailleurs, épuisées de donner autant d'empathie à ces femmes souffrant milles maux -à savoir accoucher, se faire bouffer les seins par un nouveau-né ayant la puissance du dernier Dyson "sans sac, sans perte d'aspiration", faire 6 nuits blanches d'affilée et supporter son biquet qui a hâte que "sa femme chérie rentre parce qu'il n'arrive plus à gérer les ainés à la maison"- et bien je pense  qu'on épuise le stock d'empathie qui était normalement réservé au reste de ses connaissances, y compris son compagnon. Il m'arrive fréquemment de dire à mes amis qui pleurent dans mes bras de leurs souffrances et de leurs vies difficiles, ce célèbre dicton: "Chiale tu pisseras moins". Depuis que je suis sage-femme, j'ai moins d'amis.

Deuxièmement, sur un plan parfaitement organisationnel, une vie de couple est difficile à concilier avec une vie professionnelle de sage-femme. Je le vois bien avec rosemarie. On se croise, et on a rarement du temps ensemble. Là, elle vient de rentrer de sa garde de nuit à 8h30, nous avons prit le petit déjeuner ensemble parce que je suis une fille sympa -mais tous les copains qui travaillent toute la semaine sont-ils capables de se lever à 8h30 un dimanche pour un petit déjeuner? - puis elle est partie se coucher dans mon lit. Je suis dans le salon. Je n'ose pas faire de bruit. Je tapote à l'ordi, je ne met pas de musique. Tout à l'heure je me risquerai à mettre la télé au volume le plus bas. Nous sommes dimanche, je ne peux pas aller faire les magasins, me reste éventuellement une balade ou de la lecture comme distraction. Rosemarie va se lever sans doute vers 15-16h, si ce n'est 18 comme il le faudrait. Nous papoterons, elle prendra sa douche, mangera, regardera un peu la télé puis partira travailler à 19h30. Moi, je passerai la soirée seule devant ma télé comme hier soir. Si j'avais été un copain, je serai parti bosser lundi matin quand rosemarie serait rentrée de sa garde. 

Vous comprenez? Ca doit être méga chiant d'être en couple avec une sage-femme. Ou alors on doit tomber sur des mecs qui vont voir ailleurs, pour s'occuper, expliquant le taux de divorcées. 

 

ET NE PARLONS PAS DES ENFANTS.

 

Quand les enfants arrivent, on commence à entendre des collègues se plaindre de leurs vies, chose qu'elles ne faisaient même pas quand elles étaient simplement en couple. Quand je vous dit qu'on est fortes. Parce que je peux vous dire que le papa, il a intérêt à gérer. Quand maman part en garde, c'est papa qui s'occupe des enfants après sa propre journée de travail. Le lendemain, quand maman revient, soit les enfants sont déjà l'école, soit c'est elle qui les emmène après sa garde de nuit. Quand les enfants ne sont pas scolarisés, une nounou s'impose j'imagine, parce que maman doit dormir jusqu'à 16h.

 

ET ALORS QUAND ELLES ALLAITENT.

 

Parce que oui, l'allaitement c'est quasi une obligation dans notre métier. Tout le monde dit qu'une femme doit donner son lait parce que c'est la MEILLEURE CHOSE qu'on puisse donner à son enfant, ensuite dans l'ordre c'est  son amour et une tablette. Du coup, en tant que représentantes de la maternité et du cucu, les sages-femmes s'imposent des allaitements drastiques. On retrouve des fanatiques, qui nous ramènent des gateaux de lait maternel en garde - l'anecdote parlera à quelques sages-femmes et étudiants sages-femmes de ma connaissance. Alors ben, les sages-femmes tirent leur lait en garde. Allaitent la nuit, le jour, repos de garde ou pas. Un peu comme toute femme qui allaite, certes, mais les bébés ça tête surtout la journée, pas trop la nuit. Dans l'idéal.

 

Bien entendu, messieurs les sages-femmes je ne vous oublie pas. J'essaie d'imaginer votre vie, qui doit être finalement tout aussi galère que la notre en tant que femme, et si vous souhaitez vous sentir plus concernés, il ne vous reste plus qu'à inverser le genre des pronoms de cet article. 

 

En conclusion, n'épousez  pas une sage-femme. Faites vous en -au mieux- une amie.

Repost 0
Published by Ellis Lynen - dans Stage & Hopital
commenter cet article
22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 20:12

http://www.themarysue.com/wp-content/uploads/2011/09/walking-dead-vatos-zombie.jpg

Car oui, je commence à flipper grave, la fin du monde est prévue pour le 21/12/12 et j'ai encore rien préparé! Et dans "préparé" j'entends les réserves de nourritures, d'armes, de blindages d'appart et d'antibiotiques et autres désinfectants! Je cherche donc à constituer ou rejoindre un groupe pour m'assurer une survie la plus longue possible. Voici mon profil.

 

ELLIS LYNEN

âge : 24 ans au D-Day

sexe : femme (pratique pour la procréation et assurer éventuellement la survie de l'espèce)

profession : sage-femme (pratique pour encore une fois assurer la survie de l'espèce en m'accouchant moi-même ou en accouchant les autres femelles - car oui, nous en serons réduit à ce genre de considérations.), petites compétences en infirmerie et bobologie, sait faire des intraveineuses et préparer des médicaments. N'est pas dégoutée par les trucs gores, est habituée.

experience en zombie: malgré de nombreuses demandes de stage, pas d'expérience de confrontation directe. En revanche, a regardé les 3 saisons de The Walking Dead, a vu 3 fois le film Bienvenu à Zombieland et fait tous ses cauchemars actuels sur des zombies dans un immeuble où elle est coincée dans un ascenseur qui forcément s'arrête à tous les étages et réussit à ne JAMAIS SE FAIRE MANGER.

pourquoi me prendre moi dans votre groupe et pas quelqu'un d'autre : tout d'abord, parce que je suis maligne et pragmatique. Bien entendu je tiendrai le poste de leader; je suis parfaitement capable de sacrifier le plus faible pour sauver le groupe, avec moi vous êtes sûrs de survivre - à condition de ne pas être le plus faible, vous avez bien compris l'idée. Je suis plutôt douée à la carabine à plomb et au tir à l'arc. Je me suis entrainée au paintball.

mes aptitudes physiques certificat d'aptitude à la lutte contre les zombies en poche. (à sa place dans les certifalacon) Je ne suis pas une grande sportive mais je sais courir, marcher, nager et c'est bien plus que la majorité des autres survivants.

mes défauts : j'ai les défauts de mes qualités (merci les entretiens d'embauche.)

 

En vrai en ce moment je mange, pense, dort ZOMBIE. Je ne sais pas pourquoi ni d'où ça vient cette passion, ce cauchemar. Il n'y a que moi à m'inquiéter sérieusement sur les zombies? Personne ne flippe?

Donc concrêtement, pour ceux qui sont intéressés, je propose déjà un bon mois de remise en forme physique; sport bi à tri-hebdomadaire, on apprend à faire du feu sans briquet, à nager dans un eau à 3°C, à porter des sacs de 15 kg. Note personnelle : profiter d'avoir le temps pour apprendre à démarrer un moteur diesel à la main.

Faire des réserves de nourriture à longue conservation, on ne prend RIEN en dessous de décembre 2018. On s'autorise un peu de crème Mont Blanc pour les Noel.

Concernant la base fortifiée, je propose que quitte à ce que ce soit la fin du monde, on se fasse pas chier avec le temps pourri de cette région. Direction la ville de Bayonne, bon rapport qualité de vie/habitants-zombies. Présence d'un hôpital sur place pour se pourvoir en soins d'urgence, et excellente position stratégique du fait des ponts qui séparent la ville en deux. Enfin, avantage hyper important, existence d'Espelette à proximité, car je vous le révèle ici (ils ne l'ont pas encore dit dans la série TWD, mais les zombies guérissent si on leur fourre du piment d'Espelette dans le gosier. Mais chut, c'est encore un secret d'état, moi je le sais parce que faisant partie des professions de santé on passe prioritaire sur les traitements aux épidémies telles que celle-ci).

 

De mon côté, je me charge de trouver un couple de lapinous, de poule/coq et de petites chèvres pour assurer pitance au long terme. Si quelqu'un va sur Bayonne bientôt, qu'il se charge de trouver l'appart idéal stratégiquement, mais qu'il garde l'adresse secrète. On sait jamais qui pourrait trainer ici.

 

 

 

Halloween approche et Dieu Merci, a priori on ne le fêtera pas, on aura suffisament à faire en décembre.

Repost 0
Published by Ellis Lynen - dans J'aime
commenter cet article
12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 09:54

 

http://catalogue.drouot.com/images/perso/phare/LOT/128/7645/189.jpg

Brusquement, le bus grince, puis s'arrête. Nous sommes tous légèrement secoués, et je m'agrippe machinalement à une barre de métal lisse et grasse de la sueur du tout-venant passé par là avant moi. Mes propres paumes sont moites. Je m'essuie distraitement les mains sur mon pardessus de laine bouillie en descendant le marchepied. Je regarde à droite et à gauche dans la foule des passants, puis repositionne mon foulard sur mes cheveux. Vite, ne pas rester là, on pourrait me remarquer.

A petites foulées j'avance sur le trottoir. Je cours presque en traversant. Vite. Plus vite j'y suis et plus vite c'est fini. Alors que je cours, j'essaye de ne plus penser mais tous mes efforts se révèlent vains. Je suis pétrie de peur, de culpabilité, de honte, de terreur et de tant d'autres choses. Autour de moi les gens se retournent, sous leurs parapluies, et me regardent d'un air étonné. Où va donc cette fille ? Que s'apprête-t-elle à faire ?

 

Vous savez, je suis pourtant de confession catholique ; j'ai été à la prière tous les jours depuis que je sais. J'ai demandé à Dieu de me pardonner. De me pardonner d'y penser, et d'élaborer tout ce plan. De me pardonner pour l'être misérable que je suis. De me pardonner de me taire et de ne dire à personne. J'ai pleuré dans mon lit chaque soir depuis que j'ai eu les symptômes. Les nausées, le ventre qui me ballonne, et puis surtout, mes menstruations qui ne sont pas revenues. Ces saignements pourtant haïs étant jeune fille, qui me tordaient le ventre de mille maux, qu'est ce que je les ai regrettés ! Je t'ai prié, Seigneur, pour qu'ils reviennent. Mais ils ne sont jamais revenus, et j'ai vu dans Ta décision le signe que tu me punissais de cet enfant pour le viol que j'ai vécu. Pourtant, c'était affreux. Je n'ai jamais voulu de cet homme, qui m'a prise ce soir là, quand je rentrais de l'atelier. Il m'a attrapé, m'a frappé et à moitié inconsciente, je n'ai pas eu la force, mon Dieu, de résister. J'aurais dû, malgré l'étourdissement, mais je n'ai pas pû. Pourquoi est-ce moi qui pâtis de sa méchanceté ? Mais cet enfant je ne puis le garder. Je n'ai pas de mari, comment pourrai-je trouver un parti avec cet enfant ? Comment pourrai-je le regarder grandir en y voyant un père qui me violenta ce soir là ? J'aurai dû l'abandonner ? Mais à mon travail à l'atelier ils auraient vu ma grossesse. J'aurais perdu mon travail. Et ma famille ? Seigneur, faites qu'ils ne sachent jamais. Permettez, dans Votre miséricorde, de porter seule ce fardeau.

 

C'est Bertille qui m'a dit où trouver cette femme. Je pouvais lui faire confiance, je savais qu'elle avait été la voir pour elle, il y a quelques mois. Mais Bertille n'a pas mes problèmes ; elle ne croit pas en Vous. Elle dit qu'elle est claire avec sa conscience, mais elle a quand même perdu son travail et sa situation. Elle a été rejetée de tous, et moi je ne veux pas ça. C'est son hémorragie qui l'a conduite à l'hôpital, parce qu'elle sentait qu'elle saignait trop. Là bas, les docteurs ont bien compris qu'elle s'était faite avorter. Ils ne lui ont pas donné d'anti-douleurs. Ils l'ont mise dans le dispensaire commun pour que tout le monde puisse voir qu'elle saignait et qu'elle s'était faite avorter. Et quand ça s'est arrêté, ils l'ont jetée dehors, comme une malpropre, en la traitant d'assassin et qu'ils allaient la dénoncer. Mais c'était il y a quelques mois, et Bertille n'avait pas donné son vrai nom.

 

J'ai peur de saigner.

 

Je suis arrivée devant la porte de l'immeuble. Je tremble, je transpire. J'ai peur ! Ma main tremble alors que je sonne. La concierge vient ouvrir alors que je pense faire demi-tour... mais c'est trop tard. Dans son regard, je vois trop de compassion. De compréhension. Cette femme sait pourquoi je viens. Elle m'a vu. Elle lit dans mon regard toute ma crainte et mon désespoir. Sans un mot, elle ouvre largement la porte, prend ma main, et me fait rentrer. Elle a les cheveux grisonnants, la cinquantaine, et est emmitouflée dans un châle de laine noir fait au crochet. Elle enlève mon foulard, passe sa main dans mes cheveux trempés, dégage mon front luisant de pluie d'une mèche égarée. Puis elle me dit : « 2eme étage, petite. » D'un hochement de tête, je lui fais signe que j'ai compris. Toujours aussi hésitante, je monte les marches de pierre de ce vieil immeuble. J'arrive devant une porte de bois dont le vernis est craquelé. Ma main tremble, mais pas ma résolution. Je frappe d'un unique coup à la porte.

 

Une femme bedonnante vient m'ouvrir. Elle sent la sueur et le gras de cuisine, et sa lippe est ponctuée de tâches. Contrairement à la concierge, elle n'a pas un sourire. Elle me regarde de bas en haut, semble m'évaluer, s'écarte pour me laisser le passage et me dit d'un air aggressif tout en claquant la porte : « Tu as l'argent ?- ...oui... 2000 francs c'est ça ? » fais-je d'une voix faible. C'étaient toutes mes économies. Je n'avais pas plus.

 

Elle se retourne alors et sans un regard me mène jusque dans la cuisine qui contrairement à sa propre tenue, est propre et claire. La table est dégagée, recouverte d'un drap qui n'est plus blanc depuis longtemps mais sans une tâche. Elle a été poussée dans un coin. Dans l'évier, une bassine avec les outils. Je commence à pleurer, je ne peux pas m'en empêcher, la vue de ces instruments est le catalyseur de ma peur et de ma culpabilité. Je m'enserre de mes propres bras en y cherchant du réconfort que je ne peux pas trouver ailleurs, et baisse les yeux alors que de grosses larmes glissent sur mes joues pour venir s'écraser au sol. Je sens que la grosse dame m'observe, mais elle ne dit rien. Elle attend. Les sanglots me secouent de longues minutes, alors que rien ne se passe, et je n'ai pas envie d'y aller et de le faire. Pourquoi suis-je là ? Alors que la question commence à s'imprimer dans mon esprit, la grosse dame me dit d'une voix neutre ;

« Ecoute jeune fille, je ne veux pas savoir ton nom. J'ai brûlé ta lettre. Tu as le choix, mais moi je n'ai pas toute la journée devant moi. Soit tu repars avec ton bâtard, soit tu retires tes jupes et tu t'installes sur la table. Ca prendra 3 minutes maximum, et tu seras libérée de tes soucis. C'est difficile, c'est douloureux, mais c'est rapide. Tu te tortures en réfléchissant, puisqu'en venant ici tu as déjà choisi. Alors ? » Alors j'ai retiré mes jupes et j'ai continué de pleurer. J'ai gardé mon pardessus, j'ai retiré ma culotte et me suis retrouvée les jambes nues dans cette cuisine froide.

 

Je m'assois au bord de la table, le drap adoucit seulement à peine la rudesse du bois du meuble rustique. La grosse femme a pris un tabouret, a mit une bassine par terre, entre mes jambes.

« Bon allonge-toi. Met les pieds sur le rebord. Voilà. Ramène ton bassin à plat. »

Rouge de honte d'exposer ainsi mon intimité à cette femme, les larmes continuent de couler sur mon visage, mais je ne sanglote plus. La peur me pétrifie.

« Ecarte plus les jambes. C'est bon. Bon maintenant il ne faut plus que tu bouges. Ca va être très douloureux, mais si tu bouges, ça sera pire et je risque de faire des complications. Et il faut que tu te taises, les voisins ne doivent pas t'entendre hurler. J'y vais. »

Malgré moi, je la vois se saisir d'une longue aiguille qui ressemble à une aiguille à tricoter. Elle écarte mon intimité avec deux de ses doigts gras qu'elle n'a pas daigné laver, puis inserre une grande cuillère dans mon vagin. Je revois cet homme sur moi, qui m'a prise ce soir là et j'ai l'impression de vivre un cauchemar éveillé. Elle se saisit de l'aiguille et la fait glisser le long de la cuillère. La pointe se perd dans mes chairs, je hurle.

« Tais-toi je t'ai dit !  »

Je me remet à sangloter en gémissant par à-coups. Je me mord la langue. Je m'agrippe au bord de la table. Au fond de moi, je sens que l'aiguille touche quelque chose et je hurle, je hurle malgré moi tant la douleur est vive. La grosse femme s'arrête et me lance une violente claque sur la cuisse.

« Ta gueule je t'ai dit ! Si tu recommences j'arrête et tu chercheras quelqu'un d'autre ! Tu veux que j'ai des problèmes ou quoi !!! »

Elle reprend son ouvrage, et fait des va-et-vient avec l'aiguille dans mon ventre. Je sens que quelque chose de chaud commence à couler et mon ventre me fait mal, si mal. Finalement, à moitié étourdie, je sens qu'elle retire l'aiguille et elle se saisit d'un torchon pour s'essuyer les mains.

« J'ai fini. Ca va saigner, c'est normal. Tu vas prendre ces infusions de sauge pendant 1 semaine, chaque jour, le matin et le soir. Ca va aider à chasser le bâtard. Si jamais ça saigne trop, va à l'hôpital. Tu seras reçue comme une chienne, mais au moins tu ne mourras peut-être pas. Si tu as de la fièvre, fait pareil, va à l'hospice. Tu auras des médicaments parce qu'ils ne peuvent pas te laisser mourir, c'est dans leur serment, mais crois-moi qu'ils en auront envie, que tu crèves. Tu vas avoir mal au ventre aussi, c'est parce que ton corps va chasser le bâtard, c'est des contractions. Maintenant file moi l'argent et va-t-en. Je ne veux plus jamais te revoir ici. Tu as crié alors que je t'avais dit de te taire ; j'ai risqué ma tête en acceptant de t'aider. Mais tu risques aussi la tienne si les voisins t'attendent sur le pallier. Bon courage, petite. Et fais attention à toi. »

 

 

Ce récit, pure fiction de ma part, aurait pu parler de toutes ces histoires qui se sont réellement passées il n'y a pas si longtemps.

 

Un peu d'Histoire ?

Après un temps de tolérance de 1923 jusqu'en 1939, où la pratique et le recours à l'avortement devenus des délits, étaient « simplement » punis d'emprisonnement, la loi redevient extrêmement répressive en 1942 en qualifiant l'avortement de « crime de haute trahison » passible de peine capitale par guillotine. C'est la période de la chasse aux avorteuses et aux avortées. Marie-Louise Giraud est exécutée pour avoir fait avorter 27 femmes en 1943.

En octobre 1972, lorsque mes parents avaient une dizaine d'année, l'avocate Gisèle Halimi fait acquitter pour la première fois une jeune fille de 17 ans qui s'était faite avorter suite à un viol. En 1972. 17 ans, victime de viol, et cela n'était toujours pas toléré ? L'affaire fait scandale, et mène avec d'autres actions de grande envergure comme le « Manifeste des 343 salopes » déclarant avoir vécu un avortement, et le « Manifeste des 331 médecins » déclarant les avoir pratiquées, à la loi votée en 1974 de Simone Veil légalisant l'avortement en france.

 

Au lieu d'une fiction, j'aurais pu parler de cette femme, Clotilde Vautier, qui a donné son nom à une rue quartier Villejean-Beauregard. Cette femme, artiste rennaise de renom qui exposait à Paris et Rennes dans les années 60 est décédée à l'âge de 28 ans d'un avortement qu'elle a réalisé seule, chez elle, parce que ses amis et connaissances du monde médical avaient refusé de l'aider. Pourtant j'ai décidé de raconter une fiction, d'une parce que je n'avais pas suffisament de matière sur cette femme, et de deux parce que je n'aurais pas osé faire revivre un tel moment en le salissant de mes ergotages. Pourtant, maintenant que je l'ai découverte, je ne l'oublie pas.

 

Bien que ce petit récit soit inventé, la technique de l'aiguille a tricoter fut bien réelle, et hormis les chanceuses qui ne finissaient pas stériles à cause des infections, les femmes mourraient effectivement d'hémorragies ou de septicémies. De même, il était « de bon ton » de faire souffrir les femmes qui étaient hospitalisées pour ces motifs, puisqu'il était facile de constater que ces complications étaient issues d'un avortement ; ce comportement punissif (bien que les avortements étaient rarement dénoncés aux autorités en raison du secret médical), était bien présent. C'est pendant ma première année de concours d'entrée en sage-femme, lors des cours d'histoire de la médecine, que mon excellent professeur de l'époque nous parlait de cette pratique courante que de dénigrer et d'humilier publiquement ces femmes pour qu'elles ne recommencent pas à avorter. Lui-même, interne à l'époque et qui n'est pourtant pas si âgé que cela, a connu les restes de cette tradition inhumaine mais pourtant si commune.

Où en sommes nous aujourd'hui ? 2 140 IVG sont réalisées chaque année en Ille-et-vilaine dans les centres d'IVG. 250 de plus sont faites en cabinet libéral par voie médicamenteuse. Les IVG pratiquées en France chaque année sont gratuites, libres, anonymes, réalisées à l'hôpital dans des conditions d'asepsie et de surveillance dignes d'un service de chirurgie. La prise en charge psychologique est assurée, l'éducation à la santé aussi même si cela semble ne pas porter ses fruits au vu des récidives parfois nombreuses d'IVG au cours de la vie d'une femme. Avoir pratiqué une IVG n'est plus une honte, aujourd'hui. C'est certes toujours un deuil, toujours difficile et culpabilisant, comme me le montrent ces larmes lorsque je demande aux femmes enceintes si elles ont déjà vécu des grossesses auparavant.

Comment ne pas parler d'évolution de société, d'avancée ?

 

Pour ne pas oublier, je profite de cette occasion pour faire ce travail de mémoire. On accuse notre génération d'oublier le passé. Je n'ai pas vécu cette époque, j'ai la chance d'être née plus tard et de ne jamais avoir eu à vivre ça. Pour autant, dans le récit des gens qui m'entourent, il n'est pas difficile d'y voir la douleur et la honte d'avoir cautionné ce bannissement.

Non. Je n'oublie pas, et faites que personne ne l'oublie.

Repost 0
Published by Ellis Lynen - dans Stage & Hopital
commenter cet article
26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 20:24

P1070949   P1070946         

 

Aujourd'hui, en mode malade-rhume-mal à la tête, j'ai décidé de cuisiner des paupiettes. Oui, ça peut sembler bizarre, mais j'adore les paupiettes et ça fait partie du registre des plats on ne peut plus français que j'aimerai savoir bien cuisiner. Rien qu'au nom "paupiette" on imagine la grand mère, dans sa ferme du fond terroir normand, qui cuisine pour ses petits enfants. Elle a fait revenir les oignons, l'ail, la tomate. Il y a quelques carottes dans le fond de sauce de viande. Bon, ok, c'est franchement inspiré de mon enfance.

La différence avec ma grand-mère, c'est qu'elle ne met certainement pas de HEINEKEN (CUL SEC OUAIIIIIIIIIIIS * burp*) dans sa sauce à paupiette. Ca, c'est de moi ** petit air fier **. Ma grand mère ne cuisine jamais avec ce qui traine dans sa maison. Elle a tout acheté en prévision de cuisiner les paupiettes à sa petite fille. C'est le fossé qui nous sépare : moi je cuisine que pour moi (allez savoir pourquoi on mange jamais des trucs cuisinés quand je vous invite, j'crois que ça vous botte pas de manger des paupiettes, on se contente des batonnets de carotte trempés dans le st moret, avec du saucisson), et je cuisine avec ce qui traine; pour le coup je n'avais pas de vin blanc, mais énormément de bière. Ca traine depuis ma pendaison de crémaillère d'aout; les bonnes bières sont parties depuis belle lurette, ne me restent que les kro et les heineken, qui sont difficiles à avaler sobre et seule.

Mais j'ai trouvé la solution. Je vais cuisiner avec.

Car oui, la cuisine à la bière, ça existe. La carbonade, par exemple (prochaine chose que je tente!), un plat délicieux de mon père. Bon, on est sensé mettre de la bonne bière belge. La Heineken suffira.

 

Sur ce, à table !

Repost 0
Published by Ellis Lynen - dans J'aime
commenter cet article
24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 11:48

jumanji1.jpg

Quand nous étions au lycée, nous avions pensé faire une boîte avec des lettres sur ce que nous imaginions chacun pour les autres dans 10 ans. Nous aurions enterré la boîte dans un endroit symbolique, comme au lycée, dans l'amphi, sous un pavé, ou bien encore sous le Gingko Biloba. Dix ans plus tard, nous nous serions réunis, et nous aurions lu ensemble ce que chacun nous souhaitait. Je pense que c'aurait été bien rigolo de faire cet apéro et ce déterrage de boite dans un lycée que nous aurions quitté depuis belle lurette, qui aurait bien changé mais qui au fond de nous même serait resté celui de nos souvenirs.

Mais voilà, certains étaient plus motivés que d'autres, écrire était plus ou moins une passion pour certains... au final le projet est tombé à l'eau. Une partie du groupe dont je fais partie est allée vivre sur rennes, ce qui a provoqué une dissolution des liens, temporaire ou irrévocable selon les cas. Pourtant, l'exercice me tente toujours, et même s'il est moins amusant de le faire toute seule, je n'y renoncerai pas; sinon je me vois, dans 10 ans, regretter de ne pas l'avoir fait.

 

http://5a.img.v4.skyrock.net/2906/4002906/pics/54764603.jpgL'idée me revient un peu en tête puisque cette année, ce mois-ci, cela fait 10 ans que je connais un ami qui m'est cher: Max, Grigrifounet, tout ça, c'est le même. Cela fait 10 ans qu'on se connaît et mon dieu, finalement, que ça passe vite.

(et OMFG la photo.)

Nous nous sommes rencontrés d'une manière très banale, à savoir que nous étions dans la même classe en troisième. Tous deux latinistes (wow wow) le premier souvenir que j'ai de lui c'est qu'il était tout maigre et qu'il avait un gros manteau, et qu'il avait débarqué dans notre patelin alors qu'il avait été au collège avant ailleurs. Une sorte d'exilé étrange. Et ses parents travaillaient dans le milieu scolaire, donc nos parents s'entre-connaissaient de réputation, on va dire. Mais à l'époque, les liens que nous avions restaient assez distants, une forme de repérage. On se parlait hein ! Il était ami avec Luc, un autre latiniste qui du coup était dans ma classe depuis la 5eme, et nous partagions tous le goût des jeux de rôles qu'à l'époque je n'expérimentais que dans le cadre familial. A l'époque, aussi, je n'avais pas internet. Ouch ça semble loin.

 

http://5a.img.v4.skyrock.net/2906/4002906/pics/54772541.jpg

L'arrivée au lycée a été le départ de notre amitié; A l'époque, j'étais dans mon groupe d'amies du lycée, nous étions 4. Suite à plusieurs anicroches, au fait que je ne me sentais plus vraiment à l'aise avec ces filles qui n'avaient pas du tout les mêmes goûts que moi, j'ai commencé doucement à me rapprocher du fameux GROUPE des prout-bavouilles même si à l'époque nous ne savions pas qu'on nous appelait comme ça. En première, j'ai rencontré Benoit, qui avait rejoint le groupe de Luc et Max, qui avaient fondé l'atelier jeux de rôle au lycée, ce qui me faisait me rapprocher de plus en plus de ces personnes là. (Oui, c'est compliqué toute cette histoire.)

Vu que j'étais un peu déprimée par mon manque de lien social, et que je n'avais pas encore internet et encore moins de blog, j'écrivais dans mon agenda une forme de journal intime qui me fait blêmir aujourd'hui à la relecture. BLÊMIR je vous dis. J'ai autorisé un jour Max à le lire, et ainsi a débuté la montée en puissance de notre relation, puisqu'il a écrit un petit mot, auquel j'ai répondu puis qui a donné lieu par la suite à une véritable correspondance par mots sur feuilles A4 recto verso, que nous écrivions chaque jour à tour de rôle. Cette correspondance a duré 4 ans si je ne m'abuse, à raison d'une lettre tous les deux jours, ça fait un paquet de lettres. Nous les gardons chacun précieusement. Moi, c'est bien trié dans des classeurs. Max je sais pas. :-°

 

http://5a.img.v4.skyrock.net/2906/4002906/pics/81017202.jpgLa première et la terminale ont continué au même rythme. Notre groupe prout-bavouille s'est constitué sérieusement, dont voici la liste (j'espère n'oublier personne...><) : Camille, Kam, Christelle, Sophie, Hélène, Marine, Nicolas, David, Max, Benoit, Julie, moi... et les membres honoraires tels que François-Xavier (AHAHA), Adeline, Flavien, Luc, Lucie, Jessica, Aurélie ... Nous avions tous des filières différentes (essentiellement S et ES), ce qui nous obligeait à rythmer nos amitiés par les goûters à la fin des cours, les fins d'aprems chez Max puisqu'il habitait près du lycée en logement de fonction pour ses parents (par exemple cette photo),

http://5a.img.v4.skyrock.net/2906/4002906/pics/96473298.jpg

les sorties patinoire, les réveillons de l'an... bref, des tas de souvenirs que j'ai tendance à oublier si les photos du blog SCAPB n'était pas là. Allo les photos dossiers.

En parallèle des grandes réunions du groupe, Max et moi nous retrouvions respectivement l'un chez l'autre de temps en temps; nous avons ainsi à notre actif des sorties canoë-kayak ou galette-crêpe chez moi, et des sorties plages-marais pic nic, balade à vannes chez Max. Des parties de diplomatie, des parties de Worms (ça doit être les seules fois que j'y ai joué!).

Dès la première, j'ai eu internet. Nous avons créé un jeu ensemble, Morundia. J'ai joué à Royaumes. Bref, grâce à Max, Luc et Benoit, j'ai découvert internet, la programmation, les blogs, les forums. J'ai découvert msn, le plaisir de discuter des heures durant. S'est ouvert à moi un pan entier de mon existence actuelle. Et c'est pas rien.

Et pendant ce temps, les mots continuaient.

 

 

Et puis le lycée s'est terminé, nous sommes partis faire nos études à rennes. Moi en médecine dans mon petit studio, lui à la fac de droit, dans un petit studio (pourri?) dont j'ai des souvenirs assez nets, avec un petit parc et des jeux pour enfants, rue chateaugiron. Nous avons continué la correspondance pendant 2 ans. Et puis après 6 ans d'amitié, pendant ma  première année de sage-femme, nous nous sommes mis en colocation, une chose dont nous (je?) rêvions depuis longtemps. Et puis j'ai été bête, j'ai déprimé, j'ai fait la gueule, j'suis devenue mauvaise (car non, je ne vous raconte pas non plus tous les tenants et aboutissants de l'histoire, mais c'était entièrement de ma faute. De plus, j'avais plus ou moins forcé Max à ne pas quitter Rennes pour ses études, chose aussi dont je ne me remet pas et qui m'a fait définitivement arrêter d'influencer les choix aussi importants de mes amis). A la fin de l'année, j'ai dit des choses méchantes et j'ai coupé les ponts pendant bien 6 mois. J'ai changé d'adresse, j'ai effacé le numéro de téléphone, j'ai changé de mail, j'ai changé de blog (ainsi, si vous voulez vous faire plaisir, vous pouvez relire la transition). J'ai obligé, par mon comportement, à faire choisir soit Max soit moi à mes amis. Je refusais qu'on me parle de lui. Quand je vous dis que je peux être très mauvaise, il faut me croire; j'ai un mauvais fond. Pourtant, a posteriori, égoïstement, je ne regrette toujours pas d'avoir coupé les ponts. D'avoir été con, ça oui, je m'en veux, mais franchement je pense que c'était la bonne solution pour moi de couper les ponts, même si vis à vis de Max c'est méchant de dire ça parce que je suis pas du tout persuadée que lui l'ai bien vécu. Je m'en excuse encore.

Nous sommes ainsi arrivés fin 2009.  Camille et Benoit, deux de nos amis du lycée, se sont mariés en Avril 2010, et alors que ma rancoeur avait fortement diminué au bout de 6 mois (tout de même, con, mais pas con à ce point là), s'est imposé le fait que je n'allais tout de même pas pourrir ce mariage avec mon caractère de cochon puisque Max et moi étions tous deux invités. J'ai repris contact par msn, mettant mon orgueil de côté, et craignant de trouver porte close. Nous avons reparlé, très peu par rapport à avant. Nous nous sommes revus en terrain neutre. Ca faisait bizarre, un peu, et aujourd'hui encore ça fait bizarre. Car nous nous revoyons, maintenant, et cela me fait très plaisir. Heureusement que ce Max que certains ici ne connaissent ni d'Eve ni d'Adam est une crême; il ne m'a jamais rien reproché, il ne m'a jamais fait payer quoi que ce soit. Il a accepté mon repentir sans me le faire sentir. Il a été heureux quand j'ai repris contact, quand bien même j'avais joué à la plus belle salope de l'année.

 

http://sphotos-b.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash3/162969_1798039429432_2953670_n.jpgAujourd'hui donc, nous sommes de nouveau amis, même si cela n'a plus rien à voir avec ce que c'était avant; Et même si mon entourage me fait souvent remarquer que nos dix ans d'amitiés ont été sérieusement entâchés par cette période pourrie par ma faute (Kmi, papa, bonjour si vous passez par là), Max ne me le fait jamais remarquer.

 

En ce septembre 2012, cela fait 10 ans qu'on se connaît, et même si cela semble ingrat de ma part, en aucun cas je ne soustrairais cette année gâchée. Cela fait partie de notre histoire. C'est ce qui a permit de repartir sur une amitié moins passionnée, mais plus stable. Et je ne regrette pas. Les barques ne sont pas renversés sur les cours d'eau calmes, et le voyage dure, du coup, beaucoup plus longtemps.

 

Joyeux 10eme anniversaire, Max. Et merci :)

Repost 0
Published by Ellis Lynen - dans Ma patate
commenter cet article
16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 11:57

P1070757retouche

Bon, vous allez croire que je ne m'en remet pas de ce week-end à Evian, mais cela mérite quand même un petit article avec quelques photos. Pour ceux qui ne sont pas au courant, même si vous êtes rares tellement j'ai pas pu résister à l'envie de m'afficher, j'ai été présenter mon mémoire sur le devenir des arrêts du tabagisme à P1070940.JPGun concours organisé par la société Evian (sisi les petites bouteilles d'eau là).

Tout était offert par la-dite société, mais sur le lieu-même j'ai croisé des gens qui venaient ici en vacances sans les frais offerts. Des vrais gens qui pouvaient se payer une chambre à 500€ la nuit sans le petit déjeuner compris. Je m'imagine tout à faire dans 30 ans dire à mon riche mari milliardaire espagnol que nous n'avons pas les moyens de nous payer une chambre à l'hôtel Royal - qui est en bas du parc, non loin de l'endroit où j'ai pris la première photo - et que, la crise faisant, nous devrions nous rabattre piteusement sur l'hôtel Hermitage. 

La semaine de vacances ne nous revient qu'à 4000€, et puis tant pis, après tout il y a aussi un spa à l'Hermitage... P1070774retouche.JPGles enfants sont déçus, ça c'est sûr, ils aimaient bien les glaces du Royal mais, cariño, rien que cela c'était exorbitant... 40€ la glace deux boules... et sans la chantilly... d'accord, elles sont bonnes ces glaces, et il existait même de la glace de caviar allégée je sais que tu l'adorais, mais avec nos 6 enfants le goûter revenait un peu cher... à l'Hermitage elles ne sont qu'à 30€. On peut se payer quelques séances de spa supplémentaires en échange?

P1070753retouche.JPG Et puis la piscine n'est pas mal... elle est un peu petite certes, et on a pas le point de vue paradisiaque comme à l'hôtel Royal. Mais avec la venue de François Hollande au Royal on n'aurait pas pû y accéder de toute manière. Rappelle moi cariño, il est... socialiste c'est ça? J'oublie toujours les partis des célébrités qui viennent avec nous en vacances. C'est dommage quand même, j'avais bien aimé Nicolas, il était gentil et il parlait bien. Remarque, François on le croisera peut-être à la tour d'argent la semaine prochaine. Tu crois que si l'extrême gauche passait au pouvoir un jour ils déclineraient les invitations dans des hôtels comme le Royal? Je me suis toujours demandée s'ils pouvaient y résister. Moi, si on m'offre un séjour comme ça, je ne pense pas que je refuserai.

D'ailleurs regarde tous ces ploucs à l'Hermitage... il paraîtrait que ce sont des sages-femmes, pour un stupide concours d'exposé je crois. Je ne comprends pas comment l'hôtel peut se rabaisser à acceuillir des gens comme ça, quel manque de savoir vivre! J'ai même vu une femme, sisi, je t'assure, qui a mit des pots de confiture du petit déjeuner dans son sac!!! Non mais tu imagines la misère de cette pauvre femme? En plus la confiture n'est même pas faite maison...P1070829retouche.JPG

Du coup j'ai un peu pitié pour eux quand je descend dans le hall, quand je vois tous ces gens qui ne sont pas habillés avec de la marque. Je pense que je vais simplement descendre en peignoir, pour ne pas qu'ils aient honte. Pourvu qu'ils n'aillent pas à la piscine, quand je vois comment ils sont coiffés et l'état de leurs ongles... ne me dit pas qu'ils n'ont pas les moyens de se faire de la manucure. C'est ça que je ne comprends pas avec les classes moyennes, cariño, c'est comment ils font pour ne pas attacher d'importance à des choses aussi élémentaires que la santé et la beauté de leur corps. Des ongles mal coupés... du vernis qui déborde... j'en ai des frissons. Mon dieu cette honte.

P1070843retoucheEt au restaurant... on les coirait à la cantine ! ILS DEVORENT. Ils mangent TOUT même le pain alors qu'il est extrêment banal. Et ils finissent leur vin comme si la misère allait s'abattre sur eux le lendemain... non mais tu as vu le vin? 30€ la bouteille? De la piquette.

 

 

 

Enfin bref, même si nous étions des ploucs, j'ai touché du doigt ce que c'est d'être riche. Il y avait même une balance, des chaussons jetables et un bonnet de douche offerts (que j'ai gardé, bien évidemment, faut pas déconner). J'ai rencontré des tas de gens très intéressant (Melle Caroline avec qui j'ai discuté pendant l'intégralité du repas de gala, Mme Birman, qui a encensé mon travail pendant le repas d'accueil et qui faisait partie de mon jury en tant que sage-femme tabacologue, Nour Richard-Guerroudj, rédactrice en chef de Profession Sage-Femme qui s'intéressait de près aux sages-femmes et qui avait un point de vue éclairé sur bien nombre de sujets sur notre profession...) Et puis surtout les 5 autres lauréates de france, qui ont stressé avec moi dès que nous avons mit le pied dans ce mondre grouillant des professionnels nationaux qui étaient là, et que j'ai été très heureuse de rencontrer.

P1070929retouche.JPG

Repost 0
Published by Ellis Lynen - dans Ma patate
commenter cet article

Présentation

  • : Patate y Patata
  • Patate y Patata
  • : Encore un blog sans grande prétention dont la principale inspiration est... ma vie ! Bonne lecture
  • Contact

Catégories