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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 19:45

http://www.beliscity.com/images/Nestle-Quality-Street-Hex-Tin.jpg

 

C'est en rentrant de mon ultime garde à la maternité de Blagues que l'idée de parler un peu des Quality Street m'est venue (oui, je peux faire un article sur à peu près tout je vous assure, le prochain c'est sur mon dernier rouleau de PQ).

Pour cause, cette dernière garde a été surchargée, et c'est pas que je rechigne au travail mais plusieurs "facteurs de risque" de déplaisir étaient au rendez vous, y compris le fait que ce soit la toute dernière fois du stage que je faisais la route, que le stage était déjà validé, que c'était samedi et que je reprenais le lundi - enfin-. Quoiqu'il en soit, je n'ai pas eu le temps de manger ce midi là et je suis sortie à 21h; plus d'un tour du cadran sans s'asseoir, boire et manger, c'était un peu trop pour ne pas avoir envie de grogner quand l'interne et les auxiliaires venaient me demander de l'aide ou des renseignements alors que l'équipe de jour était déjà repartie.

En partant, j'ai fait un détour pour aller chercher mon tuperware malheureusement intact dans l'office et j'y ai vu dans un éclair violet les trois boîtes de Quality Street qui m'attendaient au bout de la longue table. Croyez le ou non, elles ont été le déclic qui m'a fait m'asseoir et manger mon repas du midi avant de reprendre la route... on ne saura jamais si elles m'ont sauvé d'un malaise hypoglycémique au volant, mais on va dire que si, pour le côté magnifique de cette histoire anodine.

N'allez pas croire que ces trois boîtes m'étaient dédiées, non. Il n'y avait même pas de petit mot avec pour dédicacer les chocolats à quelqu'un en particulier; elles semblaient juste avoir été déposées là comme un cadeau pour mes loyaux services depuis 3 semaines par un quelconque elfe d'hôpital qui n'attendrait qu'une chose, que je lui mette une couche pour lui rendre  sa liberté. Regard à droite, regard à gauche... personne pour me voir, pas d'elfe non plus... hop, j'ouvre la boîte et me prend le quality street long et jaune.

Je prend toujours ce quality street, parce que quelqu'un m'a dit un jour que c'était le meilleur. En vrai c'est pas le meilleur. Le meilleur c'est le petit triangulaire vert et celui qu'est rond et marron qu'est un caramel.

Oui parce qu'ensuite j'ai fait ma vaisselle, puis regard à droite, à gauche et hop. Oui j'avoue. J'ai prit un exemplaire de chaque quality street pour les manger dans la voiture, le rouge me montant aux joues alors que personne ne pouvait pourtant me voir céder à la gourmandise. J'ai même jeté un coup d'oeil aux tracés des femmes en salle en me disant que j'allais m'empiffrer de chocolats hypersucrés alors qu'elles étaient à la diète depuis 10h.

Mais pour ma défense, je dois dire que j'ai toujours très bien résisté aux nombreuses sucreries disponible dans les maternités... car oui, vous qui n'êtes pas étudiant sage-femme, retenez bien : vos chocolats Jeff de bruges (je valide), vos bonbons (c'est pas assez classe), vos macarons (ça...c'est bon), vos dragées (rare), vos loukoums (pas si rare mais pas si bon), vos célébrations (ça va!)... tout ça finit englouti par des auxiliaires, des sages-femmes, des médecins et des internes qui se lamentent à chaque papier brillant et crissant déposé sur la table qu'ils ne devraient pas manger de bonbon parce que ça leur fait prendre du poids. C'est logique et systématique. C'est "...bon allez, j'en reprends un même si je devrais pas.". C'est aussi le regard culpabilisateur de toute la tablée quand vous déclinez, comme si en refusant ce bonbon vous refusiez le geste attendrissant du cadeau de la boite de Quality Street (le bon compromis qualité/prix) qu'un jeune couple de parent a fait pour VOUS. J'ai toujours résisté à ces regards culpabilisateurs. J'suis pas fan des sucreries, et je suis surtout pas en stage pour poser mes fesses en salle de pause et bouffer dix quality street en buvant un café.

Mais là... là, après une garde épuisante, trois accouchements, 38 TV et 45 prises de température, après avoir mit un masque 189 fois et vous être lavé les mains 1 052 fois, puis avoir frictionné vos mains à la SHA 4 079 fois, et bien vous craquez et vous vous réservez 8 minuscules et attendrissants quality street brillants dans votre poche de blouse, en disposant habilement votre garrot par dessus pour que personne vous grille si jamais le contenu de votre poche venait à être exposé. Puis vous partez en catimini style vous avez volé une trentaine d'ampoules de morphine.

Et ben je les ai savouré comme une forme de salaire pour mes heures sup'.

 

PS : Benoit, qui a refait un site pour l'asso des étudiants sf de ma ville m'a gentiment proposé de mettre mon blog dessus, et je vous avoue que ça m'a beaucoup flattée... mais après brève discussion, il s'est avéré que c'était une mauvaise idée. Avoir publié mes articles sur facebook était sans doute une bonne idée, mais j'ai commencé à prendre peur que mes monitrices tombent dessus, encore plus que des cadres de l'hôpital soient au courant (on m'avait parlé d'afficher l'article sur la rémunération des étudiants sf que j'avais écrit)... ce serait la fin des haricots... et cette hypothèse me fait déjà un peu peur. Je ne sais pas si je parlerai beaucoup de l'hôpital et de l'école par la suite.

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 14:34

sport.jpg

Triste plagiat d'un article de quelqu'un d'autre dont je me suis rendu compte a posteriori... tant pis...

 

Il y a d'abord Sandrine Arcizet, qui veut me voir faire du sport. Avec sa voix mielleuse, jamais essouflée et son petit regard amusé elle est là à m'encourager "Non non, on se n'arrête pas, on ne lâche pas !". Sandrine est blonde, super bien foutue, Sandrine est sportive et parfaite. Sandrine, c'est la coach sportif de direct 8, sur l'émission Gym Direct, dont les vidéo sont sur le net et que je m'efforce de faire une à deux fois par semaine avec elle. Comme le disent avec pessimisme tous mes amis jaloux de ma volonté de fer, "ouaiiiis ce genre de gym c'est pas du sport c'est de l'entretien". Oui, certes les amis, mais quand on part avec un capital sportif de zéro, ça peut pas être de l'entretien de rien du tout. Ya forcément des muscles qui poussent, et ces muscles là c'est notamment les abdominaux, où je me dis pendant les exercices qu'il faudrait pas que je force trop sous peine de sentir l'un d'entre eux lâcher ses attaches pour attraper une panneau Force Ouvrière et gueuler "JE VEUX RESTER A ZERO HEURE!".

minotaure.JPGIl y a mon frère, qui veut me voir faire du sport. Ce frère qui est construit comme une des créatures de la BD La Licorne, avec des muscles partout même qu'on a l'impression que c'est popeye vraiment quand il contracte son biceps. Alors qu'il mange même pas d'épinards.

"Si tu veux, je cours avec toi autour de l'étang !"

Mon cul ouais. Il court pas avec moi mais loin devant moi, avec 6 ou 7 tours d'avance, d'une démarche souple et athlétique le sourire aux lèvres alors que j'ai qu'une seule envie c'est de buter un canard ou deux pour passer toute ma souffrance sur un pauvre petit être innocent à qui on a jamais demandé de courir.

Il y a Nath, qui veut me voir faire du sport. Nathalie, super bien foutue également et qui pourrait presque s'appeler Sandrine si elle n'était brune. Nathalie a juste fait de la natation de compétition toute sa vie pour finalement devenir sauveteuse en mer comme Pamela Anderson, dans une version un peu épurée d'Alerte à Malibu (c'est à dire avec la pluie bretonne et des maillots bleus très moches). Nathalie ne cesse de pousser des cris d'orfraie qui font "Noooooooon je suis pas foooorte en spoooooort... noooooon. Noooooon je cours pas tout l'été nooooooon. Noooooon je fais pas de la muscu nooooooon tout le mooooonde te le dira! On court ensemble?". Une sorte de "frère musclé" version amie qui courra aussi avec 6 ou 7 tours d'avance, par analogie.

Il y a Werschu, toute en muscle qui n'a jamais cessé le sport, même après avoir eu le bac, qui pousse pour qu'on s'inscrive au tennis, tous les ans, vers fin-août. Werschu avec qui je vais à la piscine de temps en temps dans l'année pour nager difficilement une heure et qui dit "non, je n'aime pas la brasse, ça me fatigue plus que le crawl." (mais comment est-ce possible???) Mais le tennis faut être là le jour de l'inscription, sinon a pu de place... donc cette année ce sera le sport hautement intensif qu'on appelle aussi le yoga.

Il y a ma mère, qui fait de la plongée et qui nage difficilement ses 6 longueurs, qui aimerait que je fasse plus de sport - comme elle- . " Et tu aurais pas pu choisir un sport qui remue plus que le yoga?"

Et puis il y a les culpabilisateurs.

Hélène, par exemple, souriante avec ses "Ah, et bien j'ai été courir 2h hier, et ce soir et demain c'est judo de 20h à 22H; compétition samedi et puis... peut-être que j'irais courir un peu avant avec Sophie, pour m'échauffer. Et toi, t'en es où de ton sport?

- Et bien euh... Sandrine... sur direct 8... la gym...

- Ah, mais c'est de l'entretien ça!

- ..."

Il y a Laurent, qui est bien baraque quoi qu'il en dise avec ses bras comme des troncs, qui fait du tennis depuis qu'il est petit, qui court régulièrement, qui joue le faux-culpabilisateur avec ses questions lourdement inquisitrices : "Et t'as fait ta gym aujourd'hui?

- **honte** Euh... non, tu comprends, j'me suis réveillée il y a une heure, j'ai pas trop la motivation... mais demain oui hein j'me forcerai, je la ferais...

- Ah ouf, j'ai cru que j'étais à la masse.

- ..."

Il y avait Kmi à une époque, qui prenait régulièrement des nouvelles de combien d'abdos je faisais et qui me disait "ah bah moi j'en fais tous les matins 80, 10 pompes et des tractions." Mon Dieu.

Il y a mon autre frère, qui s'est acheté des haltères (en fait, mes deux frères en ont) et qui s'amuse à soulever ses 6 kilo à chaque bras, affalé dans le canapé en regardant la télé et qui lance un "eyh Marion, ça va?" quand je rentre après ma journée. Non, ça va pas depuis que j'ai réalisé que je pouvais soulever 6 kilo avec mes deux bras seulement.

 

Quoiqu'il en soit, ça fait 3 semaines que je m'accroche. Sandrine fait du bon boulot, et dès mon retour à rennes... jogging jogging jogging avec Nath et peut-être Hélène, Yoga et natation avec Werschu et nath. J'y crois, et faites que ça continue !

 

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 23:01

http://www.labelseance.com/medias/img/irisFacadeNuit.jpg

Dans mon cinéma à moi, si la séance commence à 20H30, la billetterie ouvre à 20. Dans mon cinéma à moi, ne cherchez  pas une quelconque appartenance à une grande succursale de cinéma, pas de Gaumont, pas de Cinéville, mais un petit cinéma associatif tenu par une centaine de bénévoles.

Le pouvoir de ce cinéma a été de me donner un goût immodéré pour tout ce qui entoure une séance de cinéma en elle-même. Le choix de la place idéale, l'hésitation devant la machine à bonbons, le court métrage et les bandes annonces sont pour moi comme une entrée en matière délicieuse avant le film proprement dit qui, soit dit en passant, pourrait très bien se regarder sur canal + . Il m'est tout simplement inenvisageable de louper toute cette étape, ce serait comme se laver les dents sans dentifrice ; ça pourrait le faire... mais en fait ça le fait pas.

Ce qui fait que j'adore ce cinéma, qui a baigné mon enfance et ma scolarité jusqu'au lycée, c'est qu'il est associatif. Les films qui y passent vont du hit grosse production actuelle (mais sans la 3D, et faites que ça dure) aux films d'art et essais, qui règnent en grande majorité. Mais surtout, surtout... c'est toutes les petites erreurs d'amateurs qui donnent comme une saveur différente à chaque séance de cinéma; quand par exemple toutes les bandes annonces sont passées à l'envers, comme si on remontait le temps. Les explosions se désexplosent, les voitures reculent, les gens démarchent. Rigolez, mais une stupide bande annonce de film de course-poursuite devient vachement rigolote. Nous avons aussi le droit de temps en temps à une partie du film à l'envers, les bonhommes la tête en bas. Parfois même, c'est l'entracte forcée parce que la bande a été sectionnée. Tout à l'heure, j'ai eu le droit à 10 min de film tressautant, comme si la bobine avait parkinson... loin de me gâcher ma séance, ça me fait sourire et je me dis que pourvu que cette ambiance de vieux cinéma dure. Parce que quand j'y suis, je me sens au cinéma.

Quelque chose d'autre, qui fait la force du cinéma de chez moi, c'est les publicités. Tous, vous êtes habitués à des publicités classiques M&M's, Fanta, Windows non? Et bien chez nous, les publicités sont FAITES pour faire rire, j'en suis persuadée.

Cela commence généralement par une publicité avec un mec assis décontracté sur une échelle, tout seul sur un fond blanc, qui tient un pinceau de peinture jaune dans la main style "je fais pas gaffe que la peinture tombe sur ma moquette toute neuve puisque visiblement je fais des travaux chez moi". Il sourit à pleines dents blanches, excité tout seul sur son échelle et puis  rapidement le décor arrive par vagues tout autour de lui; des rayonnages, des écriteaux, des tables de jardin, des vis, des planches, et j'en passe; "Weldom, le magasin bricolage près de chez vous". Le mec sur son échelle regarde à droite, à gauche, ébahi et heureux parce que mine de rien il devait se sentir seul et con sur son échelle avec son putain de pinceau et sa putain de peinture jaune. Alors qu'une voix off déballe un petit texte que personne n'écoute sur comment que c'est formidable un magasin Weldom à Q**********, une caméra se balade dans les rayonnages pour filmer les vrais gens, petits, rablés, les bottes en caoutchouc vert de jardin aux pieds, qui ont été pris au dépourvu dans leurs travaux et qu'arrivent comme ça style de rien à Weldom "le magasin bricolage près de chez vous" pour également être pris au dépourvu pour tourner une saloperie de pub que des générations entières de gosses verront au cinéma.

Généralement, la meilleure publicité suit juste après, c'est celle qui me fait exploser de rire avec le reste du public. La caméra rentre dans un salon très clair, lumineux, derrière un mec assis dans son canapé, le bras posé sur le dossier. Alors que la caméra avance, et contourne le canapé, le mec jette un regard simultané à la caméra, avec une sourire DEJA inscrit sur le visage avant qu'il ne repère la caméra. Style, j'suis heureux dans mon canapé et je souris, oh mince, une caméra m'a filmé pile quand je m'y attendais pas. Cet homme porte un petit polo vert, il a les jambes croisées et a la pire tête de con jamais vue sur terre, mais je crois que c'est juste son sourire crispé qui fait ça. Déjà, là, on rigole. La caméra se pose face au canapé, et la femme de Polo Vert Qui Sourit rentre en scène, avec exactement le même sourire con et crispé et vient s'asseoir à côté de son mari. Elle pose sa main sur celle de son mari, - gros plan sur leurs deux mains jointes qui portent chacune une alliance rutilante, à tel point qu'on se demande la première fois si la pub n'est pas pour une bijouterie -. Et là, l'apothéose : elle pose sa tête sur l'épaule de Polo Vert qui, lui, ne fait pas UN GESTE pour l'accueillir, parce qu'il est crispé Polo Vert, on sent qu'il craint que sa véritable femme lui fasse une scène le soir en rentrant du tournage. Il faut bien réaliser que  pendant toute la publicité, le sourire est là, identique, le visage ne change pas, aucune émotion ne passe. En fond... une petite musique niaise. Puis le slogan de la publicité : "Meubles Coëdel : on se meuble comme on aime."

Il y en a beaucoup, qu'ils panachent entre les séances; ce soir c'était la mutuelle des pays de Vilaine : on filme des gens qui se tapent la bise le long du canal, avec un jeune en short qui court derrière (on aurait juré que c'était mon frère qui s'était fait filmer tant la ressemblance est frappante). Puis le jeune rejoint sa famille qui faisait un pic nic sans l'avoir attendu (qu'avait-il oublié dans la voiture ce sale gosse???). Et tout le monde est vachement heureux d'être le long du canal.

  Arrêtez d'aller au cinéville ou au gaumont. Revenons aux vraies valeurs! Sauvez vos petits cinémas autonomes avec leurs publicités qui font rêver ! Ah là là, j'adore le cinéma =D

PS : Je reviens de la séance Des Hommes et des Dieux. Très bon film, mais qui réclame d'être un poil tolérant question catholicisme et d'être pas endormi (comme moi) parce que c'est assez long. Mais il fait réfléchir sur la si facile disparition de la notion d'humanité dans un cadre de terreur et de violence et ma fois, ça ne me choque pas qu'il aie eu le grand prix à Cannes !

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 13:57

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

http://www.chouyosworld.com/wp-content/uploads/2010/02/Cercle-litt%C3%A9raire.jpg

auteur : Mary Ann Shaffer et sa nièce, Annie Barrows.

Ce livre aura été le premier et le dernier livre de M.A. Shaffer; passionnée par la littérature et les îles anglo-normandes, elle est malheureusement décédée peu de temps après avoir sû que son livre allait être édité et traduit en plusieurs langues...et connaître un grand succès.

Cette histoire se passe en angleterre peu de temps après la seconde guerre mondiale qui l'a ravagée de ses bombes. Le livre est entièrement rédigé sous forme de lettres et de courriers rapides entre les différents protagonistes; nous suivons principalement la vie de Juliet, rendue célèbre par sa plume virulente qui a sû faire oublier la guerre au peuple anglais en sachant avec talent tourner les choses à la dérision. Mais la guerre est maintenant finie, et Juliet voudrait écrire un livre qui tranche complètement avec ses personnages maintenant connus et reconnus.

Un beau jour, elle reçoit une lettre d'un certain Dawsey Adams, habitant de Guernesey qui aurait en sa possession un de ses anciens livres dans lequel elle avait inscrit son nom et son adresse. Ayant apprécié le livre sus-dit, il lui demande notamment une adresse de libraire londonien afin de se procurer d'autres ouvrages de l'auteur et des références d'oeuvres.

Commence dès lors une correspondance assidûe entre Juliet et Dawsey, dans laquelle nous découvrons l'histoire terrible des habitants des îles anglo-normandes qui ont, elles, été occupées par les nazis. Rapatriement des enfants en angleterre à l'approche des navires, abandon par les troupes anglaises, restrictions alimentaires, déportation... tout est abordé par Dawsey avec un ton léger et ironique dans lequel on sent malgré tout le poids et la souffrance de l'humiliation et de la perte d'amis chers.

Rapidement, Dawsey parle de ses amis, ceux du cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patate créé à l'occasion d'un malheureux et comique incident : il était interdit à Guernesey de manger la viande, réservée aux troupes allemandes. Toutefois un soir en tout illégalité, Mrs Maugery, la voisine distinguée de Dawsey décida d'organiser une soirée "mondaine" (ils sont pour la plupart paysans et petites gens) où on mangerait un cochon roti et une tourte aux épluchures de patate. La soirée étant fort agréable, les convives oublièrent rapidement l'existence du couvre feu.

"...et quand Elizabeth McKenna a suggéré qu'il valait mieux regagner nos pénates plutôt que de trainer toute la nuit dans le petit salon d'Amélia, nous lui avons donné raison. Cependant manquer le couvre-feu était un acte répréhensible - j'avais entendu parler de personnes envoyées dans des camps pour cela -, et dissimuler un cochon était un crime plus grave encore. Aussi avons nous décidé de couper à travers champs le plus silencieusement possible."

Malheureusement, un homme de leur petit groupe, saoûl comme il faut, entonna une chanson. Ils se firent arrêter par une patrouille d'allemands.

Elizabeth McKenna prise d'inspiration subite expliqua à l'officier qu'ils n'avaient pas vu l'heure passer parce qu'ils discutaient d'un livre fameux à leur réunion du cercle littéraire de Guernesey; s'il souhaitait lire le livre et venir une fois, pas de soucis ! L'officier leur demanda leurs noms et accepta l'excuse, les laissant partir.

Pour maintenir la crédibilité de cette histoire farfelue, ils s'imposèrent de vraiment créer le cercle des amateurs de littérature et d'épluchures de patate; rapidement cela devint un véritable plaisir, et le cercle devint réel.

 

Ce livre est merveilleux de base, et il fait partie de l'élite des livres que j'ai eu l'occasion de lire à voix haute. C'était l'été dernier, en Dordogne, blottie dans mon duvet en tenant la lampe torche qu'il fallait recharger toutes les 10 min par deux ou trois coups de manivelle. A côté de moi il y avait Werschu et un peu plus loin, Elodie.

En lisant ce livre, on riait et on souriait à la plupart des anecdotes sur les habitants de Guernesey, très sympathiques, sans se méprendre sur le fond horrible de leurs conditions de vie dont ils s'accomodaient du mieux qu'ils pouvaient. A un passage du livre, lorsque Dawsey explique la déportation d'un de ses amis, on s'est mises à pleurer comme des madeleines; autant les filles pouvaient pleurer en silence, autant moi en lisant c'était ridiculement grillé. Ce livre est poignant d'émotions, il respire vraiment le vécu. C'est pour cela que j'ai été vraiment déçue d'apprendre que l'auteur n'a pas vécu la guerre là bas, ni même en angleterre. Elle est américaine. Elle avait un pouvoir d'écriture impressionnant, et je déplore qu'elle soit décédée sans avoir écrit d'autres oeuvres tant on plonge dans l'histoire à corps perdu.

C'est un excellent livre, très facile à lire, rendu vivant par le style épistolaire.

A lire !

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 13:51

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En farfouillant sur over-blog, j'ai découvert le site de la fille aux étagères, Sur mes étagères. Et ça m'a donné envie de faire un peu la même chose, sans avoir la prétention de donner des exemples de lectures de cette qualité.

Quand j'étais petite et que je n'avais pas encore internet pour remplir ma vie, je lisais. De quoi donner un argument choc à tous les détracteurs de l'informatique et de la toile! Mais il faut avouer que c'est bien la vérité dans mon cas. Jusqu'au lycée j'ai lu des dizaines et des dizaines de livres jusqu'à ce qu'arrive internet à la maison, époque où je me suis mise à écrire en délaissant le pendant qu'est la lecture. Enfin, quand je réfléchis, j'exagère un peu; je lis maintenant les grandes saga d'héroic fantasy généralement faciles à lire et les nombreuses bandes dessinées que j'avais un peu tendance à délaisser.

Je suis néanmoins un peu nostalgique de cette époque, car je ne suis plus une grande lectrice à présent. La lecture c'était... l'évasion, c'était rentrer dans des mondes et des époques différents en oubliant un peu ma vie à moi qui était bien plus fade. Dans les livres je devenais bourrée de talents admirables et de défauts presque enviables; je parvenais à ressentir des émotions bien plus fortes que celles que la vie peinait à m'offrir ! Peut-être que j'exagère -encore- mais alors que je me souviens des livres, des histoires, des musiques que j'écoutais en lisant et de ces instants précieux qui me reviennent comme des images, je n'ai que de pauvres souvenirs de mon enfance. La lecture, c'est un mal pour un bien. Oui on a de la culture et on ressent des émotions à chaque page; mais on le fait tout seul, dans son lit, dans sa tête.

La lecture ne peut se faire à plusieurs qu'à voix haute, et les quelques livres qu'il m'est arrivé d'écouter ou de lire ainsi détiennent le cachet mystérieux et puissant de l'instant unique que seules quelques personnes auront en commun. J'en suis une grande amatrice.

Mais trève de généralités. Voici les quelques livres, romans, nouvelles, bandes dessinées qui m'ont marquée (même si le choix est particulièrement difficile !).

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 22:40

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(Moi je suis celle avec la charlotte qui fait l'accouchement)

Aujourd'hui, traumatisée que je suis -visiblement- du traitement de certains encadrants, j'ai mal interprété un ordre de ma sage-femme. Alors qu'elle me disait "DEGAGE (la tête du bébé)" j'ai compris " DEGAGE (tout court)".

Bon, le bébé n'est pas tombé dans le baquet. Mon rapport de stage, si.

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 10:52

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Aujourd'hui, il n'y a pas que les mutuelles étudiantes qui s'envolent...

Hier, c'était ma pré-rentrée. De 9h à 10h. Bon, ça casse pas trois pattes à un canard, mais tout de même. Cette pré-rentrée symbolisait mes premiers pas dans la peau d'une salariée.

** Monte sur l'estrade, prend le micro**

"Parce que oui, je vous l'annonce, une fois la première phase de sage-femme validée - ce qui équivaut à l'acquisition d'une Licence si on se projette loiiiin dans une intégration universitaire - les sous commencent à tomber du ciel (ou du CHU) directement dans nos mimines.

- Mais c'est formidable ! Des étudiants qui sont payés !

- Oui madame, c'est Formidable avec un grand F! C'est même Foutrement Formidable" **pluie de postillons**

Je me complaîs même à me dire que je viens de rentrer en Master 1 de Sage-femme.

Mais tout ça a beau briller d'une lueur d'espoir, dans les faits faut vraiment chercher le petit rayon de lumière sous la crasse. Je suis payée oui, mais 82,48€ par mois Net pour le travail que je réalise pendant mes stages, soit approximativement 108h par mois. Si on calcule bien le pro rata horaire, je suis payée 0,76 € de l'heure. Et encore, c'est sans compter le fait que législativement nous devrions être aux 40h/semaine, soit 120h par mois et un salaire de 0,68 € de l'heure.

Comme dirait ma maman, "Vous êtes payés à apprendre au moins, c'est déjà bien". Maman a sans doute oublié que quand elle était externe bac +4 comme moi, elle gagnait 100€ par mois et avait la possibilité d'être rémunérée pour ses gardes. Elle a oublié ce que c'est d'être externe, parce qu'ils représentent une force de travail bien moindre que celle d'une étudiante sage-femme, sans vouloir me la péter et rabaisser leur travail. Cet été, je formais des externes bac +5 gratuitement (pas de rétribution pour les ESF jusqu'à la rentrée de la 4eme année sur 5 voyons) qui eux-mêmes étaient payés 195€/mois pour passer la matinée à m'écouter et à faire un ou deux examens pour le reste du temps, et ça n'intéressait pas la moitié d'entre eux. Allez comprendre.

Mais je viens de lire un topic sur e-carabin (le forum national des étudiants en médecine) et eux-mêmes se plaignent de leur conditions de rémunération. J'en conclue que l'herbe est toujours plus verte chez le voisin, et que tous les étudiants dans le secteur médical et paramédical sont exploités.

Nous abordons ensuite le sujet de l'intégration universitaire. Navrée, ** prend le micro** "C'EST UN ARTICLE UN PEU REVENDICATIF". Comme l'a dit notre professeure principale de cette année, "vous vous faites avoir, mais ça commence toujours comme ça, les réformes". En effet, nous voulons depuis des années que la formation au métier de sage-femme rejoigne les bancs des formations universitaires, comme le sont les autres professions médicales (médecine, dentaire, pharmacie...), chose que nous avons partiellement acquis depuis l'année dernière puisque les gens là-haut commencent à dire que notre formation fait bien 5 ans et pas 4 - bah oui, avant on comptait pas la première année de médecine et le concours voyons - et queeee... tadam... vu que la formation fait 5 ans, ça pourrait effectivement être un master. Parce qu'avant avec 4 ans ben on pouvait prétendre qu'au niveau licence.

Bref, master, master, ça sonne doux aux oreilles. Oh oui. Mais nous, notre promotion sortira diplomée sans avoir le niveau de master, le temps que ça rentre dans les textes et dans la pratique.

Par contre... ben figurez vous que les frais d'inscription à la fac de cette années s'élevaient comme ceux d'un master. Faut bien financer... euh... financer quoi? "Si tu t'es fait couillonner tape dans tes mains! **clap clap**"

 

Enfin. Si ça présage de quelque chose de bon pour les promotions futures... on va pas s'en plaindre. Si c'est juste pour payer plus et rien gagner... c'est moins cool.

Ah. Et maintenant que je suis salariée avec mes 82,48€ je suis considérée comme une travailleuse très très TRES précaire. Donc à moi les max d'allocations (pleurons le trou de la sécu que je creuse au tractopelle), adieu la sécu sociale étudiante. Je n'aurais plus jamais le choix entre LMDE et SMEBA. Snif.

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 17:26

http://1.bp.blogspot.com/_cg3UUR7SG3w/S87f-pzWh6I/AAAAAAAABLg/gNNHhP4NMgs/s1600/pommes+de+terre+gp6.jpg

 

C'est pas le printemps, mais c'est la rentrée ! C'est pourquoi je change de plateforme de blog, afin de faire peau neuve et obtenir quelques fonctionnalités fort intéressantes que je ne vous exposerai pas, par pudeur et dignité. Mais cela n'empêchera pas certains de deviner.

Maintenant, pourquoi le thème des patates... mais voyons, pour faire un lien avec ma SUPERBE bannière réalisée par moi-même et qui m'a prit bien du temps pour finalement obtenir quelque chose de si simple! C'est comme modifier les pages CSS. Ca faisait longtemps que je ne m'y étais pas plongée, et ça ne revient que laborieusement par petits bouts...

Non, et puis les pommes de terre m'ont toujours semblées sympathiques. Et ça rappellera à certains l'époque de mes dessins patates que je regarde aujourd'hui avec honte et rouge aux joues... comme une tomate (à croire que j'ai une certaine composante végétale)...

 

Ce blog rentre également dans les bonnes résolutions de Septembre, rejoignant les traditionnels "je travaillerai plus régulièrement", "j'irais à la BU avec Hélène", "je me remettrai à lire", "j'écrirai", "je ferai des cas pratiques", "je dessinerai", "je me mettrai à la cuisine", "je sortirai autre part qu'au cinéma", "j'économiserai", "je rencontrerai plein de gens", "j'irais voir mes éparpillamis (terme que je viens d'inventer pour parler de tous les amis éparpillés)"...

Pour ce blog, j'aimerai y illustrer davantage mes articles par mes dessins (comme l'a souligné Caro) et faire des petites vidéos bien rigolotes comme celles de mon amie de Voguer sur la vague et divaguer (qui ferait bien soit dit en passant d'établir un flux RSS pour ses articles pour me faciliter la tâche :-°), petites vidéos qui permettent mine de rien d'avoir des nouvelles de vive voix qui font bien plaisir. Ce seront mes deux principaux axes de développement pour ce blog ! Si vous voyez d'autres choses, vos idées sont les bienvenues.

 

Voici le lien de mon ancien blog, contenant mes articles des deux dernières années, que je n'ai pas eu le courage de copier et coller ici. Il prend donc le statut de blog décédé. Il y en a 4-5 à moi qui trainent maintenant sur la toile, petits cadavres desséchés d'araignées...à vous de remonter jusqu'à l'époque de mon bac si le coeur vous en dit !

Raconter au passé et au présent

 

A bientôt ! 

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 16:35

hpqscan0002.jpg

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 16:30

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  • : Encore un blog sans grande prétention dont la principale inspiration est... ma vie ! Bonne lecture
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