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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 14:38

http://www.deedeeparis.com/blog/wp-content/uploads/2010/06/Tatie-Danielle1.jpg

Je ne suis pas raciste. Je ne suis pas homophobe. Je ne suis pas perverse. Je ne suis pas gérontophobe. Je ne suis pas xénophobe. Je ne suis pas difficile culinairement parlant.

Je ne suis pas difficile du tout, en fait.

Pourtant, je suis loin d'être un ange. Car moi qui me targait d'être l'apologie même de la tolérance il y a quelques années, j'ai découvert que j'étais en réalité connarphobe. Et je suis intolérante pour les intolérants, donc intolérante envers moi-même.

Ce qui m'a donné envie d'écrire cet article, c'est d'avoir croisé une femme il y a 20 minutes au carrefour market de mon quartier; la cinquantaine mal tassée, le cheveux gras, teint, et dont on voit la racine grise argentée, le teint pas frais - et j'en suis sûre, alcoolique - elle rôde déjà dans le magasin désert quand je passe les portes automatiques. Moi je me suis résolue à juste aller chercher mon pain complet ici puisque la boulangerie est fermée. Je me saisis de ma boule de pain, puis me dirige vers les caisses vides.

Mais voilà, je n'avais pas anticipé la connerie de ce personnage qu'était cette femme peu ragoûtante. En me voyant me diriger vers les caisses, prise de panique, elle se met à COURIR pour passer la première. Et là, je l'ai vue ; j'ai vu la connerie qui émanait de cette femme. Ca formait un halo qui me révulse, et j'ai dû me pincer pour pas grimacer.

Je fais donc la queue derrière elle, m'attendant à voir surgir d'autres conneries, car quand ce halo colle à quelqu'un, c'est pour tous ses actes de la vie quotidienne : ses courses, bien sûr, mais aussi le coiffeur, le tabac presse, le poissonnier, la conduite etc... elle ne pouvait donc pas se contenter de courir à la caisse pour être la première.

Elle dit à peine bonjour à la caissière qui passe ses 3 articles.

"Ca fait 8€43."

Cette femme n'aurait pas eu la présence d'esprit de chercher son porte monnaie ou de commencer à ouvrir son sac à main aussi bordélique que le mien avant que la caissière n'attende la monnaie. Elle essaie donc d'ouvrir son sac, pas de bol (ou mauvais coup anticipé?) la fermeture éclair bloque.

"Vous avez des sacs?

- oui, à 20centimes?

- oui.

- ça fait 8€63."

Mais le problème de la fermeture éclair ne se résoud pas en demandant un sac plastique. Finalement, avec un grognement, elle parvient à la forcer. Fouille dans le sac. Finit par sortir le porte monnaie.

"C'est combien déjà?

- 8€63."

Elle lui tend le billet de 10€ qu'elle tenait déjà dans sa petite pogne. 8€63 ou 8€90, ton billet aurait suffit, t'inquiète.

Elle attend patiemment, passive, que la caissière lui rende la monnaie. Elle prend les pièces, le ticket, et les étale sur le tapis roulant pour vérifier le compte.

...

Puis enfin, elle consent à mettre ses courses dans son sac. Puis il faut ranger la monnaie, elle trie presque les pièces.

La caissière, sentant qu'elle va devoir bientôt gérer un meurtre à main nu à cause de la cliente que je suis, décide de m'encaisser. Puis après j'ai fuis, fuis car le halo commençait à me contaminer.

 

Je suis sûre qu'à force d'y être exposée, moi aussi je suis en train de devenir une vieille conne. Ca m'inquiète beaucoup. Pour l'instant je n'en suis qu'au stade où je grogne dans ma tête et sur ce blog, mais à quand le passage à l'acte? Bientôt je ferai une remarque désobligeante qui ne servira à rien à part ralentir le connard (si c'est possible), et puis ensuite passerai-je aux actes? Serai-je capable de faire bouffer la monnaie à cette femme? De lui coincer mon pain complet dans la gorge?

Mes pulsions m'inquiètent. Peut-etre que je suis trop patiente avec les patientes et mes amis pour pouvoir l'être avec le parfait inconnu.

 

Mort aux cons.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 22:28

http://www.amesfa.fr/img/cadeau.jpg

 

Et... demain je passe mon premier 24 décembre à la maternité. A moi les petits bébés du 24, entre les mères très heureuses de leur cadeau-bébé et celles qui auront envie de vous payer un gros chèque pour que vous disiez qu'elles ne sont pas en travail et qu'elles pourraient (peut-être?) au moins passer leur soirée en famille.

 

Un petit hommage à ces deux petites filles qui sont nées entre mes mains aujourd'hui, et à leurs parents, radieux comme pas deux, et qui donnent envie de faire des accouchements et des césariennes comme ça tous les jours, même les 24, les 25 et les 31 décembre.

Et merci à ce papa qui m'a promis du champagne pour mes bons soins. On a passé que quelques heures ensemble, mais il m'a bien cerné.

 

Et gros bisous à tous, joyeux Noel! Pensez à moi à l'heure de l'apéro, car je serai sur la route, en direction de chez mes parents, en sentant la transpiration et les chaussettes, les cheveux gras, un peu de liquide amniotique encore sur le coude, avec les mains qui sentent la solution hydro-alcoolique. Papa Noel, s'il te plait, ne m'amène pas d'hémorragie, de césarienne ou de naissance à 19h55.

 

Une petite pensée à Rosemarie aussi s'il vous plaît, que toutes les femmes vont supplier de sortir, qui sentira le lait, les vieilles lochies, avec un peu de méconium sur l'oreille, et qui aura passé son 24 décembre à faire des Microlax et des purges anales pour toutes ces femmes qui se constipent à Noel parce qu'elle ne peuvent pas faire caca ailleurs que chez elles (en voilà une bonne excuse pour rentrer pour le réveillon).   

 

Merci et gros bisouuuus de notre part à toutes les deux  ! :D

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 11:48

jumanji1.jpg

Quand nous étions au lycée, nous avions pensé faire une boîte avec des lettres sur ce que nous imaginions chacun pour les autres dans 10 ans. Nous aurions enterré la boîte dans un endroit symbolique, comme au lycée, dans l'amphi, sous un pavé, ou bien encore sous le Gingko Biloba. Dix ans plus tard, nous nous serions réunis, et nous aurions lu ensemble ce que chacun nous souhaitait. Je pense que c'aurait été bien rigolo de faire cet apéro et ce déterrage de boite dans un lycée que nous aurions quitté depuis belle lurette, qui aurait bien changé mais qui au fond de nous même serait resté celui de nos souvenirs.

Mais voilà, certains étaient plus motivés que d'autres, écrire était plus ou moins une passion pour certains... au final le projet est tombé à l'eau. Une partie du groupe dont je fais partie est allée vivre sur rennes, ce qui a provoqué une dissolution des liens, temporaire ou irrévocable selon les cas. Pourtant, l'exercice me tente toujours, et même s'il est moins amusant de le faire toute seule, je n'y renoncerai pas; sinon je me vois, dans 10 ans, regretter de ne pas l'avoir fait.

 

http://5a.img.v4.skyrock.net/2906/4002906/pics/54764603.jpgL'idée me revient un peu en tête puisque cette année, ce mois-ci, cela fait 10 ans que je connais un ami qui m'est cher: Max, Grigrifounet, tout ça, c'est le même. Cela fait 10 ans qu'on se connaît et mon dieu, finalement, que ça passe vite.

(et OMFG la photo.)

Nous nous sommes rencontrés d'une manière très banale, à savoir que nous étions dans la même classe en troisième. Tous deux latinistes (wow wow) le premier souvenir que j'ai de lui c'est qu'il était tout maigre et qu'il avait un gros manteau, et qu'il avait débarqué dans notre patelin alors qu'il avait été au collège avant ailleurs. Une sorte d'exilé étrange. Et ses parents travaillaient dans le milieu scolaire, donc nos parents s'entre-connaissaient de réputation, on va dire. Mais à l'époque, les liens que nous avions restaient assez distants, une forme de repérage. On se parlait hein ! Il était ami avec Luc, un autre latiniste qui du coup était dans ma classe depuis la 5eme, et nous partagions tous le goût des jeux de rôles qu'à l'époque je n'expérimentais que dans le cadre familial. A l'époque, aussi, je n'avais pas internet. Ouch ça semble loin.

 

http://5a.img.v4.skyrock.net/2906/4002906/pics/54772541.jpg

L'arrivée au lycée a été le départ de notre amitié; A l'époque, j'étais dans mon groupe d'amies du lycée, nous étions 4. Suite à plusieurs anicroches, au fait que je ne me sentais plus vraiment à l'aise avec ces filles qui n'avaient pas du tout les mêmes goûts que moi, j'ai commencé doucement à me rapprocher du fameux GROUPE des prout-bavouilles même si à l'époque nous ne savions pas qu'on nous appelait comme ça. En première, j'ai rencontré Benoit, qui avait rejoint le groupe de Luc et Max, qui avaient fondé l'atelier jeux de rôle au lycée, ce qui me faisait me rapprocher de plus en plus de ces personnes là. (Oui, c'est compliqué toute cette histoire.)

Vu que j'étais un peu déprimée par mon manque de lien social, et que je n'avais pas encore internet et encore moins de blog, j'écrivais dans mon agenda une forme de journal intime qui me fait blêmir aujourd'hui à la relecture. BLÊMIR je vous dis. J'ai autorisé un jour Max à le lire, et ainsi a débuté la montée en puissance de notre relation, puisqu'il a écrit un petit mot, auquel j'ai répondu puis qui a donné lieu par la suite à une véritable correspondance par mots sur feuilles A4 recto verso, que nous écrivions chaque jour à tour de rôle. Cette correspondance a duré 4 ans si je ne m'abuse, à raison d'une lettre tous les deux jours, ça fait un paquet de lettres. Nous les gardons chacun précieusement. Moi, c'est bien trié dans des classeurs. Max je sais pas. :-°

 

http://5a.img.v4.skyrock.net/2906/4002906/pics/81017202.jpgLa première et la terminale ont continué au même rythme. Notre groupe prout-bavouille s'est constitué sérieusement, dont voici la liste (j'espère n'oublier personne...><) : Camille, Kam, Christelle, Sophie, Hélène, Marine, Nicolas, David, Max, Benoit, Julie, moi... et les membres honoraires tels que François-Xavier (AHAHA), Adeline, Flavien, Luc, Lucie, Jessica, Aurélie ... Nous avions tous des filières différentes (essentiellement S et ES), ce qui nous obligeait à rythmer nos amitiés par les goûters à la fin des cours, les fins d'aprems chez Max puisqu'il habitait près du lycée en logement de fonction pour ses parents (par exemple cette photo),

http://5a.img.v4.skyrock.net/2906/4002906/pics/96473298.jpg

les sorties patinoire, les réveillons de l'an... bref, des tas de souvenirs que j'ai tendance à oublier si les photos du blog SCAPB n'était pas là. Allo les photos dossiers.

En parallèle des grandes réunions du groupe, Max et moi nous retrouvions respectivement l'un chez l'autre de temps en temps; nous avons ainsi à notre actif des sorties canoë-kayak ou galette-crêpe chez moi, et des sorties plages-marais pic nic, balade à vannes chez Max. Des parties de diplomatie, des parties de Worms (ça doit être les seules fois que j'y ai joué!).

Dès la première, j'ai eu internet. Nous avons créé un jeu ensemble, Morundia. J'ai joué à Royaumes. Bref, grâce à Max, Luc et Benoit, j'ai découvert internet, la programmation, les blogs, les forums. J'ai découvert msn, le plaisir de discuter des heures durant. S'est ouvert à moi un pan entier de mon existence actuelle. Et c'est pas rien.

Et pendant ce temps, les mots continuaient.

 

 

Et puis le lycée s'est terminé, nous sommes partis faire nos études à rennes. Moi en médecine dans mon petit studio, lui à la fac de droit, dans un petit studio (pourri?) dont j'ai des souvenirs assez nets, avec un petit parc et des jeux pour enfants, rue chateaugiron. Nous avons continué la correspondance pendant 2 ans. Et puis après 6 ans d'amitié, pendant ma  première année de sage-femme, nous nous sommes mis en colocation, une chose dont nous (je?) rêvions depuis longtemps. Et puis j'ai été bête, j'ai déprimé, j'ai fait la gueule, j'suis devenue mauvaise (car non, je ne vous raconte pas non plus tous les tenants et aboutissants de l'histoire, mais c'était entièrement de ma faute. De plus, j'avais plus ou moins forcé Max à ne pas quitter Rennes pour ses études, chose aussi dont je ne me remet pas et qui m'a fait définitivement arrêter d'influencer les choix aussi importants de mes amis). A la fin de l'année, j'ai dit des choses méchantes et j'ai coupé les ponts pendant bien 6 mois. J'ai changé d'adresse, j'ai effacé le numéro de téléphone, j'ai changé de mail, j'ai changé de blog (ainsi, si vous voulez vous faire plaisir, vous pouvez relire la transition). J'ai obligé, par mon comportement, à faire choisir soit Max soit moi à mes amis. Je refusais qu'on me parle de lui. Quand je vous dis que je peux être très mauvaise, il faut me croire; j'ai un mauvais fond. Pourtant, a posteriori, égoïstement, je ne regrette toujours pas d'avoir coupé les ponts. D'avoir été con, ça oui, je m'en veux, mais franchement je pense que c'était la bonne solution pour moi de couper les ponts, même si vis à vis de Max c'est méchant de dire ça parce que je suis pas du tout persuadée que lui l'ai bien vécu. Je m'en excuse encore.

Nous sommes ainsi arrivés fin 2009.  Camille et Benoit, deux de nos amis du lycée, se sont mariés en Avril 2010, et alors que ma rancoeur avait fortement diminué au bout de 6 mois (tout de même, con, mais pas con à ce point là), s'est imposé le fait que je n'allais tout de même pas pourrir ce mariage avec mon caractère de cochon puisque Max et moi étions tous deux invités. J'ai repris contact par msn, mettant mon orgueil de côté, et craignant de trouver porte close. Nous avons reparlé, très peu par rapport à avant. Nous nous sommes revus en terrain neutre. Ca faisait bizarre, un peu, et aujourd'hui encore ça fait bizarre. Car nous nous revoyons, maintenant, et cela me fait très plaisir. Heureusement que ce Max que certains ici ne connaissent ni d'Eve ni d'Adam est une crême; il ne m'a jamais rien reproché, il ne m'a jamais fait payer quoi que ce soit. Il a accepté mon repentir sans me le faire sentir. Il a été heureux quand j'ai repris contact, quand bien même j'avais joué à la plus belle salope de l'année.

 

http://sphotos-b.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash3/162969_1798039429432_2953670_n.jpgAujourd'hui donc, nous sommes de nouveau amis, même si cela n'a plus rien à voir avec ce que c'était avant; Et même si mon entourage me fait souvent remarquer que nos dix ans d'amitiés ont été sérieusement entâchés par cette période pourrie par ma faute (Kmi, papa, bonjour si vous passez par là), Max ne me le fait jamais remarquer.

 

En ce septembre 2012, cela fait 10 ans qu'on se connaît, et même si cela semble ingrat de ma part, en aucun cas je ne soustrairais cette année gâchée. Cela fait partie de notre histoire. C'est ce qui a permit de repartir sur une amitié moins passionnée, mais plus stable. Et je ne regrette pas. Les barques ne sont pas renversés sur les cours d'eau calmes, et le voyage dure, du coup, beaucoup plus longtemps.

 

Joyeux 10eme anniversaire, Max. Et merci :)

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 11:57

P1070757retouche

Bon, vous allez croire que je ne m'en remet pas de ce week-end à Evian, mais cela mérite quand même un petit article avec quelques photos. Pour ceux qui ne sont pas au courant, même si vous êtes rares tellement j'ai pas pu résister à l'envie de m'afficher, j'ai été présenter mon mémoire sur le devenir des arrêts du tabagisme à P1070940.JPGun concours organisé par la société Evian (sisi les petites bouteilles d'eau là).

Tout était offert par la-dite société, mais sur le lieu-même j'ai croisé des gens qui venaient ici en vacances sans les frais offerts. Des vrais gens qui pouvaient se payer une chambre à 500€ la nuit sans le petit déjeuner compris. Je m'imagine tout à faire dans 30 ans dire à mon riche mari milliardaire espagnol que nous n'avons pas les moyens de nous payer une chambre à l'hôtel Royal - qui est en bas du parc, non loin de l'endroit où j'ai pris la première photo - et que, la crise faisant, nous devrions nous rabattre piteusement sur l'hôtel Hermitage. 

La semaine de vacances ne nous revient qu'à 4000€, et puis tant pis, après tout il y a aussi un spa à l'Hermitage... P1070774retouche.JPGles enfants sont déçus, ça c'est sûr, ils aimaient bien les glaces du Royal mais, cariño, rien que cela c'était exorbitant... 40€ la glace deux boules... et sans la chantilly... d'accord, elles sont bonnes ces glaces, et il existait même de la glace de caviar allégée je sais que tu l'adorais, mais avec nos 6 enfants le goûter revenait un peu cher... à l'Hermitage elles ne sont qu'à 30€. On peut se payer quelques séances de spa supplémentaires en échange?

P1070753retouche.JPG Et puis la piscine n'est pas mal... elle est un peu petite certes, et on a pas le point de vue paradisiaque comme à l'hôtel Royal. Mais avec la venue de François Hollande au Royal on n'aurait pas pû y accéder de toute manière. Rappelle moi cariño, il est... socialiste c'est ça? J'oublie toujours les partis des célébrités qui viennent avec nous en vacances. C'est dommage quand même, j'avais bien aimé Nicolas, il était gentil et il parlait bien. Remarque, François on le croisera peut-être à la tour d'argent la semaine prochaine. Tu crois que si l'extrême gauche passait au pouvoir un jour ils déclineraient les invitations dans des hôtels comme le Royal? Je me suis toujours demandée s'ils pouvaient y résister. Moi, si on m'offre un séjour comme ça, je ne pense pas que je refuserai.

D'ailleurs regarde tous ces ploucs à l'Hermitage... il paraîtrait que ce sont des sages-femmes, pour un stupide concours d'exposé je crois. Je ne comprends pas comment l'hôtel peut se rabaisser à acceuillir des gens comme ça, quel manque de savoir vivre! J'ai même vu une femme, sisi, je t'assure, qui a mit des pots de confiture du petit déjeuner dans son sac!!! Non mais tu imagines la misère de cette pauvre femme? En plus la confiture n'est même pas faite maison...P1070829retouche.JPG

Du coup j'ai un peu pitié pour eux quand je descend dans le hall, quand je vois tous ces gens qui ne sont pas habillés avec de la marque. Je pense que je vais simplement descendre en peignoir, pour ne pas qu'ils aient honte. Pourvu qu'ils n'aillent pas à la piscine, quand je vois comment ils sont coiffés et l'état de leurs ongles... ne me dit pas qu'ils n'ont pas les moyens de se faire de la manucure. C'est ça que je ne comprends pas avec les classes moyennes, cariño, c'est comment ils font pour ne pas attacher d'importance à des choses aussi élémentaires que la santé et la beauté de leur corps. Des ongles mal coupés... du vernis qui déborde... j'en ai des frissons. Mon dieu cette honte.

P1070843retoucheEt au restaurant... on les coirait à la cantine ! ILS DEVORENT. Ils mangent TOUT même le pain alors qu'il est extrêment banal. Et ils finissent leur vin comme si la misère allait s'abattre sur eux le lendemain... non mais tu as vu le vin? 30€ la bouteille? De la piquette.

 

 

 

Enfin bref, même si nous étions des ploucs, j'ai touché du doigt ce que c'est d'être riche. Il y avait même une balance, des chaussons jetables et un bonnet de douche offerts (que j'ai gardé, bien évidemment, faut pas déconner). J'ai rencontré des tas de gens très intéressant (Melle Caroline avec qui j'ai discuté pendant l'intégralité du repas de gala, Mme Birman, qui a encensé mon travail pendant le repas d'accueil et qui faisait partie de mon jury en tant que sage-femme tabacologue, Nour Richard-Guerroudj, rédactrice en chef de Profession Sage-Femme qui s'intéressait de près aux sages-femmes et qui avait un point de vue éclairé sur bien nombre de sujets sur notre profession...) Et puis surtout les 5 autres lauréates de france, qui ont stressé avec moi dès que nous avons mit le pied dans ce mondre grouillant des professionnels nationaux qui étaient là, et que j'ai été très heureuse de rencontrer.

P1070929retouche.JPG

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 13:07

... ce blog subit des périodes de plein et des périodes de creu. Un peu comme le cours de la chaussette à pois. Le pire, c'est que cet article ne va pas avoir un thème défini qui vous permettrait de vous y retrouver, de chercher un sens à "pourquoi revient-elle maintenant vers nous?". J'avais envie d'écrire, ça fait longtemps et maintenant que nous sommes le 15 Août et que je m'ennuie pour la première fois de l'année 2012, l'occasion fait le larron.

De même pour l'illustration de cet article. Vous allez avoir le droit en vrac aux dernières photos en date qui ont été prises avec le super appareil de Kmi la chenille, celles que je trouve jolies et celles qui me font marrer.

IMG_4263.JPG

Comme celle-ci, où je lis l'admiration fervente de Nath qui boit mes paroles après avoir fini de boire son kir (elle boit beaucoup je trouve). Guérande est une magnifique ville médiévale, où j'avais été étant petite et où je m'étais perdue au milieu du marché. Terrifiée à me pisser dessus, je me souviens uniquement avoir retrouvé mes parents et reçu un simple coup d'oeil indifférent "ah, tu étais partie?". A coup sûr, cette ville aura de l'importance dans ma vie puisque je l'ai élue comme LA ville où je me marierai - ou fêterai mes 50 ans de célibat, m'enfou, j'y fêterai quelque chose. J'ai déjà pris en photo mes amis devant le restaurant où nous trinquerons à grand coups de "ting" cristallins et d'éclaboussures deIMG_4282.JPG champagne la joie de nous retrouver tous une énième fois aux dépends de mon banquier. Peut-être que si je le convie j'aurais le droit d'être pardonnée. Peut-être pas.

Par ailleurs cette dernière semaine riche en expériences et en souvenirs me rend à moitié mélancolique, un peu comme quand on a trop pris de kir justement. La tête tourne, on a envie de tout rendre dans les toilettes mais quel gâchis ! Tant pis, j'ai craqué, je vous vomis ici des portraits de gens formidables et de lieux extraordinaires dont on ne peut qu'être content d'avoir profité quelques instants. Par exemple, les marais salants sont quelque chose de magnifique dont l'utilité industrielle salière n'est reléguée qu'au second plan lorsqu'on les traverse. C'est tellement beau qu'on a l'impression d'avoir conservé le métier de IMG_4509.JPGpaludier uniquement pour la satisfaction des yeux et des touristes. Il en va de même pour monmartre de nuit. Ou la côte de st marc sur mer.

Par ailleurs, ma lecture du moment me rend également tristement songeuse. Je lis "Un Jour" de David Nicholls, un roman qui me donne envie d'écrire. Les analogies réalisables avec ma propre vie le rendent d'autant plus important à mes yeux, et d'autant plus réussi. Mais à chaque fois qu'une telle pensée m'effleure à  la vue ou à la lecture d'une oeuvre, me revient une de ces phrases paternelles prononcées sans que leur portée ne puisse être mesurée à l'instant où les mots deviennent concrets. Il m'avait expliqué par A+B que le succès du Journal de Bridget Jones avait été porté par l'espoir qu'il donnait aux jeunes filles en fleur célibataires endurcies, mais que pour le reste de l'humanité c'était un navet. Cette reflexion hautement IMG_4354.JPGphilosophique m'a fait réaliser depuis lors que d'une, j'étais une jeune fille en fleur, de deux, n'existait pas d'oeuvre "réussie" puisque "Un jour" de David Nicholls a sans doute été un navet pour quelqu'un en ce bas monde. Et le PIRE dans cette situation, c'est que cette innocente phrase paternelle m'a fait douter même de l'intention des écrivains de tels romans. Les ont-ils écrit avec une recette à succès débusquée dans un cornet surprise rose de petite fille en fleur? N'étais-je pas prédestinée à tomber dans le panneau en ouvrant la première de couverture, voire même en l'achetant? Une telle manipulation me laisse pantoise de dégoût. Je préfère donc imaginer que l'auteur ne se doutait pas une seule seconde de l'écho qu'aurait son livre dans le coeur des jeunes filles en fleur, même si au fond de moi je connais déjà la réponse. Cela ne IMG_4555.JPGremettra pas en cause la lecture de la page 394 à laquelle je me suis arretée ce matin.

Bon changeons une dernière fois de sujet. Je n'ai plus l'eau courante depuis lundi. Au delà du fait que cela aie provoqué l'hilarité la plus totale de ma mère au téléphone hier soir, allongée telle que je l'imaginais dans le lit conjugual aux côtés de mon père sans doute lui même mort de rire, cet inconvénient devient aujourd'hui un PROBLEME. Nous sommes le 15 Août, hier débordée que j'étais par mes consultations de femmes enceintes éplorées sur leur constipation ou leur diarrhée, donnant lieu à des recherches chronophages des effets du smecta sur le CRAT, je n'ai résolument pas eu le temps d'appeler les opérateurs de l'eau pour ouvrir un contrat. Car oui. J'ai oublié d'ouvrir un contrat pour l'eau. Un petit agent malin est donc venu logiquement me couper l'eau. Nous sommes le 15 Août, le problème ne sera donc pas résolu aujourd'hui non plus.

Ce PROBLEME donne donc lieu à une expérience tout à fait intéressante sur comment survivre dans un appartement sans eau. Il faut à tout prix acheter un pack d'eau, déjà. Pour le reste:

- cesser de faire la vaisselle. Ca, ça va.

- ne cuisiner que des choses qui ne gâchent pas d'eau (exit les pâtes)

- ne plus aller aux toilettes car plus de chasse d'eau. I.e. : se constiper. En revenir à préparer l'ordonnance de suppositoires d'eductyl.

- apprendre à raisonner intelligement : ne pas se dire "ah oui je ne dois plus faire pipi dans mes toilettes puisque je n'ai plus de chasse d'eau. Tant pis je ferai pipi sous la douche. Ah j'ai plus de douche. Merde."

- emmener discrètement ses affaires de toilette à l'hopital pour y prendre sa douche et s'y laver les dents sans avoir l'air d'une sdf. Les jours de repos : aller à la piscine.

- enfin : appeler les opérateurs de l'eau demain première heure. Et tant pis pour la constipation de ces dames. Elles comprendront bien si je leur explique.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 22:34

http://www.devoir-de-philosophie.com/images_dissertations/116493.jpg

J'écris vraiment beaucoup sur ce blog, en ce moment, ça contraste un peu avec avant. Alors pourquoi? c'est une excellente question, je ne me sens plus chez moi ici, je sens que je ne vais pas trouver de travail là bas. Et puis mes amis me manquent, aussi, j'ai envie de faire des plans vacances où à la fin ils nous saturent, les copains, tellement on les a vu. Et puis j'en ai marre d'apprendre encore et encore des cours, de faire encore et encore des statistiques, d'avoir cette désagréable impression qu'à part moi, le sujet n'intéresse personne. J'en ai marre d'être trimballée de stage en stage alors que je commençais à être à l'aise dans un endroit. Et puis le soir, quand je me couche, je regarde le plafond et je ne rêve plus à rien. C'est désespérant. Je n'attends plus grand chose en fait, je n'ai plus de grand objectif qui me fasse rêver. Je regarde M6 à longueur de journée pour me remplir l'esprit de choses bêtasses qui me convainquent que ma vie est bien moins pire que ces pauvres gens qui n'arrivent pas à vendre leur maison parce qu'il y a des infiltrations d'eau sous le plâtre. Ou encore moins pire que d'être mère à 15 ans ou d'avoir 10 gosses à la maison. C'est l'objectif de ces émissions qui nous retiennent tant, je pense : rendre impardonnable aux gens du commun de se dire qu'ils sont malheureux car regardez, il y a pire; eux ils ont de quoi se plaindre, avec leur enfant qui a cette maladie rare orpheline avec deux oreilles en plus et pas de traitement.

Pourtant ma vie est loin d'être triste. J'ai plus d'amis que la moyenne, on me fait des compliments, on admire mon talent pour écrire ou pour faire des affiches, j'ai une famille, un toit et un chaton. Mais...

...mais j'ai été voir un film que je n'ai pas aimé, ce soir. L'amour dure 3 ans. Je ne pense pas que ce soit le fond qui m'ait touché, d'habitude les films à l'eau de rose j'aime bien. Donc comment expliquer l'échec de cette séance? Tout d'abord un acteur principal qui m'a hérissé le poil tant il fait bobo tout comme je ne supporte pas. Je n'arrive toujours pas à savoir si c'est son jeu de scène, sa nature, sa voix ou sa personnalité ou un mélange de tout. Vous voyez, Christoph Waltz par exemple, je trouve ses personnages simplement détestables. Et pourtant j'adore son jeu. John Malkovich pareil. Ce sont des acteurs qu'on aime parce qu'ils jouent les détestables avec talent. Mais alors notre petit jeunot de l'Amour dure 3 ans, artiste incompris avec ses phrases semi-philosophiques qui d'un coup a la révélation du vrai sens de la vie, non. Non, non, non. Deuxièmement, ce film dure 1h30 et m'a semblé long. C'était la première fois depuis la séance mythique Crazy Kung Fu (2005?) que je me suis dit "merde, je viens de gâcher 5€".

Et puis il y a toutes ces questions qu'on soulève en cours, en conférence et où il n'y a pas de réponses. Et que j'aurais envie de débattre, remettre en cause mes convictions, de me poser les questions pour toujours garder mes idées en mouvement, mais où ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible de débattre en cours, de soulever une idée. Ce n'est pas possible de débattre avec mes amies sages-femmes car en dehors des cours, on a plus envie de parler anecdotes qu'idées de fond. Ce n'est pas possible avec mes amis qui ne sont pas dans le milieu parce que j'ai souvent l'impression qu'ils parlent de choses telles que la société en parle sans y mêler leur position et l'assumer.

Je me souviens en particulier d'un verre en terrasse que j'ai pris avec des amis il y a de celà un an? Personne n'était dans le milieu de la santé à part moi, et forcément, le sujet tombant dessus, on m'a demandé plus ou moins comment ça se passait réellement, une IVG. Comme si ça méritait de passer à M6 en reportage - m'étonnerait que ça n'aie pas déjà été fait. Je ne me souviens plus exactement ce que j'ai décrit, sans doute que c'était moins terrible que ce qu'on imagine, mais surtout j'ai donné ma position sur l'IVG.

Je pense que le droit à l'IVG est une avancée sociale, pour autant, est-ce une avancée des consciences? Une IVG, si elle est mûrement réfléchie, si c'est un choix qu'on fait parce qu'on est en détresse, que c'était une erreur, d'accord. 100 fois d'accord, 1 000 fois. Mais on apprend de ses erreurs, et celle-ci me semble suffisament lourde, vu qu'on supprime une vie humaine, pour qu'elle pèse bien dans la mémoire pour tout faire pour ne pas la recommencer.

Une deuxième IVG dans l'histoire d'une femme, ça peut être une deuxième erreur. Ca peut être un viol. Ca peut être n'importe quoi de tout aussi pardonnable.

Une troisième IVG, soit on a pas de chance (et ça peut arriver, je l'entends bien et j'insiste), soit on a un QI de baleine à bosse, soit, enfin, on regarde trop M6 et on développe avec notre société une mentalité de consommation déplorable dont j'aimerai me garder - il va peut-être falloir que j'arrête de regarder M6.

C'est ce que j'ai dit, à mes amis. Et dans le regard de certains, j'ai lû le choc. Le " tu descends dans mon estime, parce que tu es contre l'IVG". On m'a répondu que certaines connaissances avaient eu 4 IVG et n'étaient pas des baleines à bosse. Certes. C'était des quoi alors? Comment peut-on pratiquer 4, 5, 6 fois des Interruptions Volontaires de Grossesse - des Interruptions Volontaires de Vie, puisque c'est la même chose? Pourquoi j'entends des femmes me dire que c'est la même chose qu'une contraception? Pourquoi ça ne choque pas mes amis? Ce n'est pas du tout la même chose. Alors oui, je pense qu'aujourd'hui l'éthique dérive tranquillement. On est passé du "zéro IVG" des années 70 à "free IVG" comme le débit 56k à l'ADSL haut débit. Sauf que j'ai rien contre l'ADSL haut débit.

Mais comme il est facile de stigmatiser en groupe les opinions des autres, il n'y a pas eu débat, ça faisait peur à tout le monde de pas avoir les mêmes opinions. On m'a répondu qu'on ne voyait pas le problème de faire 15 IVG si on voulait (nous avions mit les soucis de santé de la femme de côté). Et puis c'est tout.

 

Aujourd'hui en cours, le professeur qui est également le chef de pôle de la maternité de ma ville a fait un cours d'Ethique et diagnostic anténatal. Il n'y avait aucune note à prendre, son cours était très bien fait. Il nous faisait simplement réfléchir à ce que nous, professionnels de la naissance, nous cautionnons. Est-ce éthique ou non? Nous ne parlions même pas d'IVG, alors, mais des interruptions pour raisons médicales. Vous ne le savez peut-être pas, mais nous avons les moyens techniques (de plus en plus poussés) pour savoir si les foetus encore dans le ventre de leur mère, sont porteurs de maladies génétiques. La trisomie 21 fait partie des anomalies chromosomiques que l'on dépiste en quasi systématique, aboutissant le cas échéant par une proposition d'interruption de la grossesse, bien au délà des délais des simples IVG. Dans plus de 95% des cas, on arrête la grossesse.

J'ai vu des mamans à qui on a annoncé des trisomies 21. Je vois ce que ça fait, je vois jusqu'où ça peut aller quand on le découvre seulement à la naissance. Je ne sais pas ce que ça fait, mais je vois la détresse que cela créé.

Pour autant, le médecin soulevait un point intéressant : n'est ce pas de l'eugénisme? Ne supprimons nous pas une tranche de notre population? Il s'avère que selon la définition actuelle de l'eugénisme, nous n'en faisons pas partie. Car on ne pourra jamais créer une population où le hasard de la fécondation faisant, il n'y a pas de trisomie. Mais la question n'est-elle pas nécessaire, n'est-elle pas pertinente? On fait parce que tout le monde fait, parce qu'on nous apprend que c'est bien, parce que notre société de consommation dit que c'est bien d'avoir un bébé en pleine santé au début tout du moins, et que quitte à choisir, autant jeter celui là et en refaire un bien. C'est de mon point de vue à moi, personnel, discutable, encore une fois. C'est considérer l'homme comme une machine avec cahier des charges, dont on jette la pièce mal découpée parce qu'elle ne rentre pas dans le joli moule de notre société.

"Et toi? me rétorque-t-on. Ne vient pas me dire que si on t'annonçait un enfant atteint d'une trisomie 21 tu voudrais le garder coûte que coûte?"

En fait, je ne sais pas. Et je fais clairement la distinction entre l'éthique et ma vie. Je peux être amenée à faire des choix que je regretterai ensuite, qu'en sais-je? je ne suis justement pas une machine dont les idées préconçues ne se meuvent pas avec la confrontation à la réalité. C'est ce qui fait ma qualité d'être humain. Et puis, peut-être ne le ferai-je tout simplement pas, ce test. Peut-être que l'enfant qui naîtra sera trisomique, que je n'aurai pas eu le choix de le supprimer ou non puisque je ne l'aurai pas sû.

 

En fait, je n'en sais rien. Peut-être que moi aussi, dans 10 ans, 15 ans, je rentrerai parfaitement dans le moule à gateau qu'on aura beurré pour moi.

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 12:56

Petit cri. Je me réveille en sursaut, le coeur battant la chamade, trempée de sueur, les yeux fous. Je mets du temps à retrouver l'endroit où je me suis endormie : je m'asseois et reconnais la tapisserie orange et rouge de ma chambre d'enfance. Dehors, la nuit est calme, il y a des étoiles plein le ciel.

J'ai encore la tête pleine de carrés verts rouges, jaunes, de colonnes, de mots en anglais, de bypass, de FREQ, MEANS, TABLES, de IF THEN ELSE END. J'ouvre la fenêtre pour prendre un peu d'air. Non. Ce n'était pas un cauchemar, EpiInfo est bien réel, et en ouvrant mon ordinateur je retombe dessus :

 

epiinfo

 

Les amis, si jamais vous devez un jour faire un mémoire avec des études statistiques, vous serez amenés à faire les mêmes mauvaises nuits que moi. Ca commence innocemment par cet écran principal, et les trois boutons à gauche deviendront ensuite vos instruments de torture préférés. ("Oh oui Analyse Data, fait moi souffrir!")

Make view commence doucement; c'est amusant de créer les questions, les variables et de changer le fond du questionnaire gris par une photo de vous avec voaffichepiinfos potes pendant les dernières vacances, un verre à la main, le teint bronzé et la mer en fond avec "La France Forte" en police blanche.

A l'époque j'avais négligé la réflexion de ma prof de biostatistiques qui devait faire : "mettez quelque chose de reposant, de pas trop aggressif, car vous allez passer du temps devant". Et note personnelle, il faut pas que ce soit un fond de qqun qu'on aime, parce qu'on finit par le détester, ce putain de fond. Du coup je m'aime plus, j'aime plus mes amis, ni l'alcool, la mer, le soleil et la France.

Les problèmes arrivent tranquillement avec "Enter data". Ca signifie que vous en avez, des data, et c'est beaucoup moins évident qu'on ne le croit. Ca signifie que vous avez passé des heures à l'hôpital à discuter avec des patientes de votre étude, toutes parfaitement sympathiques mais tout de même. Et c'est sans compter les premiers messages d'erreurs comme quoi vous écrivez des données qui correspondent pas aux variables et ce genre de choses. En anglais, bien sûr.

Et enfin, le dernier level, c'est "Analyse data". Alors là c'est du grand spectacle, ce sont des heures et des heures de programmation pour faire des pourcentages de toutes les données, et encore, c'est la partie la plus sympa. Plus vous programmez, plus le programme met du temps à actualiser les données, perso j'en suis à 30 min quand je clique sur "run". Après il y a les tests statistiques à interpréter... les chi2, les fisher, les Odds ratio, Risk ratio, les p=0,05 que vous ne comprenez toujours pas après 6 années à faire des biostat.

epiinfo chi

Vous ne comprenez rien? Moi non plus.

Et la cerise sur le gateau c'est que là aussi vous avez les messages d'erreur ironiquement appelés en en tête de fenêtre "There is a problem..." aux trois petits points de suspension sournois. Là encore vous ne comprenez rien puisque les références de l'erreur sont incompréhensibles.

erreurepiinfo.jpg

Vous vous arrachez les cheveux, le peu d'amis qui vous reste pense que vous avez la gale, vous balancez l'ordi contre le mur, vous décidez de reprogrammer toute votre étude, ce qui correspond à plusieurs semaines d'heures, bien au delà du temps que vous avez pendant vos vacances avant la soutenance.

Et c'est sans compter que les ordis meurent tous quand vous avez commencé à travailler sur ce stupide programme (véridique), il est maudit !

 

Un mémoire, c'est bien connu, c'est sympa à faire quand vous embauchez un ingénieur en informatique bilingue pour la partie programmation (Luc, Benoit big up), une représentante commerciale qui présente bien pour faire passer les entretiens (Sophie, t'es pas représentante commerciale mais tu présente bien avec ton petit tailleur sexy de manageuse internationale), et un nègre qui connaît bien le conditionnel pour rédiger le mémoire (Laurent, c'est ta partie surtout que t'es entrainé maintenant).

Je veux bien écrire les remerciements sinon.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 09:27

http://cyreal.free.fr/blog/files/clindoeil/balance-un-peu-plus.jpg

2009. Visite médicale. Je tapote le cours sur mon ordinateur, les lunettes au bout du nez, à moitié distraite par ces pauvres collègues qui se lèvent toutes les vingt minutes pour aller à la visite médicale, les unes après les autres, dans l'ordre alphabétique. C'est bientôt mon tour. A côté de moi, sur la table, j'ai la convocation et mon carnet de santé bleu qui fait toujours fureur puisqu'il n'est pas à mon nom actuel. Oui, oui. Mon papa a eu "la flemme" d'aller me reconnaître dans les temps voulu, du coup j'ai porté 3 jours le nom de ma maman, preuve est ce carnet de santé. Dedans, il y a des choses qui m'amusent, comme le fait que toutes les cases de chaque pages soient gribouillées de toutes les couleurs. J'étais une artiste en mon temps. Du coup les médecins écrivaient dans les marges. Ou alors les courbes de poids. Formidable. Je ne sais pas si vous visualisez ces fameuses courbes, mais il y a au centre la moyenne des petites françaises, puis la ligne au dessus et en dessous des 5% de la population qui sont trop gros et les 5% des trop maigres. Vous voyez? Et bien moi ma propre courbe de poids dessine encore une ligne au dessus des 5% les plus gros. Je devais faire partie du 2% de la population VRAIMENT grosse. Et puis enfin, il y a la seule page utile du carnet de santé qui est... la page des vaccins. Cette fameuse double page qu'on doit photocopier sans arrêt pour prouver que oui, en tant qu'étudiante sage-femme, j'ai fait toute ma tripotée de vaccins obligatoires. ROR, rappels, Hépatite B, taux d'anticorps, tubertest... tout ça écrit de la main illisible de ma maman puisque pour la plupart, c'est elle qui m'a torturée.

Merde, c'est à mon tour ! Je me lève avec précipitation, comme si cette visite médicale était un entretien d'embauche : les mains tremblantes, la sueur qui perle au front. Je laisse en plan l'ordinateur qui, je l'apprendrai plus tard, s'est évidemment mit en veille au bout de 5 min d'absence et qui a fait défiler pour tout le fond de la classe mes photos de vacances. Et merde.

Dans le couloir, je sers contre mon coeur mon carnet de santé et ma convocation. A l'époque, nous étions dans l'ancienne école, dans le centre, juste à côté du batiment de la médecine du travail. Mais il faut passer par dehors, dans le froid... je galope, je galope, et j'arrive dans la salle d'attente. J'adore cette salle d'attente. C'est un joli mélange de pièce vieillote avec des affiches vieillottes sur la sécurité au travail, comme mon père en avait dans son atelier au lycée technique. Du style "mettez un casque pour aller sur les chantiers" et tu vois sur l'affiche, dessiné, un bonhomme qui sourit avec son casque jaune ridicule et un autre qui rigole moins avec sa poutre qui lui est tombée au coin de l'oeil. Du coup, je n'ai toujours pas compris si je dois ou non porter un casque à la maternité. (wtf? que font des affiches comme ça dans la médecine du travail de l'hôpital??). Je vais rapidement voir la secrétaire qui me donne un petit pot pour faire pipi dedans et faire l'analyse d'urine. Alors vous aussi, vous hallucinez? Je me demande bien ce qu'ils s'attendent à trouver, parce que je ne vois pas bien, perso. Ok, nous les sages-femmes on fait faire des analyses d'urine aux femmes enceintes, mais d'abord on leur donne de quoi désinfecter pour pas fausser le prélèvement, et surtout on cherche des choses potentiellement graves pour elles. Là, je vois pas. J'ai jamais fait d'analyse urinaire ailleurs qu'à cette médecine du travail, et perso, je trouve pas ça pertinent, vu qu'on va tous bien. Et puis, les pots sont ridiculement petits. Allez-y pour viser là dedans (quoique j'ai toujours été assez fière de moi), et encore, faut avoir envie. Bref, vous l'avez compris, je ne suis pas fan.

Je retourne dans la salle d'attente. Il y a des magasines, mais je n'ai pas envie de lire. Il fait froid, et le petit radiateur en fonte ne suffit pas à réchauffer ce batiment froid et austère. Rapidement, ma prédécesseuse alphabétique repasse dans la salle d'attente pour retourner en cours. Elle sourit. Elle a l'air soulagée de son fardeau. Je l'envie.

Lentement, je vais dans le bureau où l'interne me fait entrer. Cette année, c'est un homme. Je sais pas lequel de nous deux je plains le plus : moi, parce que m'exposer comme ça je kiffe pas des masses, ou lui parce qu'il a sans doute à peine 3-4 ans de différence avec nous et qu'il doit pleurer d'avoir eu ce stage chiant et répétitif.

On s'asseoit. Et commence la longue litanie de mon suivi médicale. Si j'ai des lunettes. Si je suis suivie par un ophtalmo (non non, j'ai fabriqué mes lunettes toute seule). Si je suis suivie par un dentiste. Si je suis suivie par un gynéco. Si je suis suivie par un médecin traitant. Si j'ai des soucis de santé. Si j'ai des allergies (attends mon coco, là tu vas te faire plaiz'). Si j'ai fait mes radio du poumon (un autre examen rigolo consistant à être les seins à l'air dans une grande salle et de se les coller contre une plaque de verre froide BRRR). Si j'ai du mal avec le rythme de mes gardes. Si j'ai mal au dos. Si je dors bien avec mes gardes de nuit. Et ainsi de suite...

Puis viens le moment fatidique. "Bon." (lui même a l'air d'avoir fait reculer l'échéance le plus tard possible) "On va passer à l'examen." Je deviens blême, lui ne me regarde pas comme pour éviter d'avoir à affronter ça. Je me deshabille, me retrouve en culotte, chaussettes, soutifs. Le summum du glam. Surtout que j'ai pas du tout assorti les couleurs, même si c'était pas intentionnel pour les chaussettes. Puis finalement, dans un dernier élan, je retire mes chaussettes parce que trop c'est trop.

" Vous auriez pu garder vos chaussettes..." Oui bon merde alors. "Vous pouvez grimper sur la balance".

Arrêt sur image. Je trouve que l'expression "grimper sur la balance" a vraiment un sens. C'est une action d'escalade vous voyez, on GRIMPE. C'est dur de monter dessus. C'est une punition, une souffrance, l'escalade sans sécurité / flash, j'ai trouvé le pourquoi des affiches dans la salle d'attente/.

Tout doucement, je met un pied sur la balance. J'hésite à mettre le deuxième, parce que là, avec juste un pied dessus, mon poids reste acceptable. Mais je sens que l'interne derrière va pas accepter. Alors, péniblement, j'amène le deuxième pied en essayant de me faire légère. C'est pas possible, je le sais bien. C'est pas en répartissant la charge d'une manière ou d'une autre qu'on est plus léger. Je regarde mon poids, manque défaillir, ce qui installe un petit silence le temps que je récupère. " Alors? " "Euh... ahum. xx kilos (non je n'assume pas)." fais-je avec un petit ton dépité. Je redescend rapidement pour abréger mes souffrances, puis je me retourne face à l'interne, qui me fixe. Ce regard est terrifiant. Il prépare au sermon.

"Vraiment? Vous faites xx kilos?" Là, gros doute. Faut-il que je remonte sur la balance une deuxième fois? Il crois que je ment? J'avoue, ça m'a toujours tenté de mentir, mais j'ai toujours mit un point d'honneur à etre honnête.

"Euh... ouais? - Et bien franchement, vous les portez bien. On a vraiment pas l'impression que vous faites ce poids."

Alors là, j'ai juste halluciné, et c'est ce passage là qui me fait vous raconter l'histoire. Pendant un moment je me suis demandé si c'était bien professionnel de me dire ça. A priori, on s'en fout d'où je les met les kilos, j'suis grosse j'suis grosse ! C'est l'IMC qui le dit, je suis en surpoids, ya pas à chipoter. Alors la réflexion de cet interne de 25 ans, qui me regarde, quasi nue, et qui me dit que je porte bien mon surpoids, j'ai prit ça pour un compliment. Du coup j'ai hésité, à la fin de la visite, à lui laisser mon numero.

C'est pas tous les jours qu'un médecin vous dit que vous  faites pas grosse alors que vous êtes grosse. Dommage. Les années suivantes c'étaient des femmes, et bizarrement, elles, elles ont bien dit que j'étais grosse.

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 17:16

 

Ahahaha parce qu'on ne se lasse pas de la regarder !

Enfin... moi je n'ai jamais réussi à me regarder, je ferme les yeux quand je sais que je vais passer à l'écran j'ai tellement honte... mais quel souvenir mes amis, ce fameux tournage ! Très heureuse que l'asso des étudiants sf de rennes se soit démerdé pour nous faire un truc pareil, c'est juste super, je garde précieusement cette video d'une école maintenant démolie... !  

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 14:07

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Organisation des révisions

- lever 8h

- jusqu'à 12h: finir la Pharmaco et l'Anesthésie

- 14h - 18h : Pédiatrie

- 18h-23h : Gynéco&Obstétrique

 

En pratique :

lever 10h

10h30 : pharmaco 10 min

10H40: God of War sur PS3.

11H30 : Se rendormir.

13h : se réveiller, manger et télé pour se distraire un peu de ses rév...wait for it...

14h20 : 10 min Anesthésie

14h30 : dessiner pour un article pour son blog

14h50 : écrire le sus-dit article.

15h : essayer de réviser aussi constructivement que jusqu'à présent en s'arrêtant vers 18h.

18h : soirée chez Myriam.

23h : retour à la maison.

23h10 : programmer les révisions du lendemain.

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Présentation

  • : Patate y Patata
  • Patate y Patata
  • : Encore un blog sans grande prétention dont la principale inspiration est... ma vie ! Bonne lecture
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